Eloge funèbre d’un grille-pain

Vanité des vanités, tout est vanité Le grille-pain est mort ce matin Après avoir accompli des années durant Le labeur humble et pénible de griller nos tartines pour que fonde le beurre Quel profit en a-t-il retiré ? Voici son corps sur la table de la cuisine J'ai pu ouvrir sa coque de métal au milieu des miettes de pain et des fils électriques J'ai vu passer en vain les étincelles de la vie dans le plastique de ses veines et j'ai su remonter à la source du mal Le cœur du grille-pain un électro-aimant Hélas a fait son temps en ce triste matin Mon amour si j'ai pu identifier la source de son mal Je n'ai pas su le réparer Et je n'ai rien trouvé de mieux pour en garder le souvenir que ce poème idiot Vanité des vanités, tout est vanité Le grille-pain est mort ce matin Il va falloir en racheter un

À propos de Perrin Langda


9 responses to “Eloge funèbre d’un grille-pain

  • Kajan

    il ne faut pas s’attacher ainsi à un grille-pain… la prochaine fois choisis une poêle…

  • Kajan

    et la poêle tu peux toujours la rouler…

  • Langda

    Heu, c’est pas plutôt les pelles, qu’on roule ?

  • Pivoine

    Loin d’être idiot ce poème renvoie au célèbre: "O objets inanimés avez-vous donc une âme ?".
    De même il donne l’occasion au lecteur de constater que l’artiste avant d’écrire l’éloge funèbre a tenté de réparer l’objet. Il nous en fait une description précise fondement du poème. Il nous tient en haleine alors que les dés sont déjà jetés. Il humanise le grille pain; témoin anonyme de son quotidien. Le lecteur visite l’espace de ce poème le quotidien du poète et découvre que l’intellectuel est aussi manuel.
    A l’ère de l’éphémère, le grille pain avant d’aller à la déchetterie afin d’y être broyé est immortalisé par cet écrit. Merci pour lui.

    • Langda

      Merci pour ce commentaire qui résume bien ce que j’ai voulu dire et en rajoute même un peu ; je n’avais pas prévu de me faire passer pour un manuel, surtout que j’ai seulement essayé, mais rien réparé… ; d’ailleurs, certains poètes se définissent comme des artisans de la langue. Pas mal, la référence à Lamartine, je n’y avais pas pensé non plus. Comme quoi, on en dit plus que ce qu’on croit…

  • ignatius

    Ah un grille-pain qui claque un dimanche matin! il méritait son poème! bien joué. Tout a été dit par Pivoine, alors je n’en rajoute pas.

  • racbouni

    Oh oui ! Moi le grille pain je l’envisage plutôt comme un savant instrument de torture : avec lui je brûlais sans pitié les peluches favorites de ma petite cousine ! Le mignon est hérétique !!

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