Archives de Catégorie: Calligrammes

Prosopopée de l’arbre

(Un vieux calligramme remanié, datant au moins de 2005)

Prosopopée de l'arbre

j'ai dégusté tranquillement savouré d’impalpables rayons de lumière pendant plusieurs millions d'années respiré une atmosphère empoisonnée pour vous emplir le ciel d'autant d'air qu’il vous en est nécessaire et maintenant, j’attends imperturbable et les pieds dans le sable que s’attache                                                   un oiseau sur ma branche ;				     que mille fourmis chatouillent                                                    mes hanches :  je demeure,  bien sage, et j’ai l’âge   de toute votre race... je redescends parfois   faire un tour sous le sol   avec les feuilles mortes    		             et                     qui                    et se 		     tous             pourrissent                          volatilisent les                                                                        à    res-                                me                                     l'arrière    tes de vos     	                           nourrissent	                    de ancêtres					       vos                         				       voitures              					       le ciel	           reprend       		       	    alors       son dû  

Carte du Tendre Oulypso

Jamais la nymphe Calypso
ne réussit à persuader Ulysse.

(Homère)

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Îles





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Je me souviens du temps où nous étions marins forcés d'aller trop loin dénicher des harengs en reliant des points sur de frêles pirogues au milieu du néant l'océan et les vagues Nous les hommes anciens sur des troncs d'arbres vieux utilisions des joncs pour les lier entre eux Et craignant l'horizon nous allions d'île en île loin des habitations et rêvant d'elle en elle nous suivions les étoiles de nos cœurs enchaînés trouvant des mots qui calment la mer et nos aimées

Rondeau de la Lune


Qui fixera la forme du croissant de Lune entrelacée dans l’ombre du couchant ? Il fallait que tu m’abandonnes et te cambrer blonde gitane itinérante aller tourner dans l’autre sens sur mon insaisissable air de flamenco aller combler les gouffres vacants d’autres galaxies en ruines qui fixeraient la femme en toi qui meurt renaît et danse… Tourne belle ! C’est Toujours le même amant ! Toujours le même feu sautillant et joyeux brûle nos cœurs et nous fascine ! Toujours tremb le le flot versatile du grain charrié dans la rivière et du vent Qui fixera les flammes inconstantes !


Poème pour la Saint-Valentin

C'est encore la Saint˗Valentin Dans les bijouteries pas chères Au milieu des autres crétins Il faut qu'on prou ve notre amour Dans les promos du marketing Avec un faux collier d'argent Pour se sortir de la routine Si on allait au restaurant Et puis au lit ma Valentine ?

Ex nihilo

Quel est cet habile ange Qui vend des devises Et à partir de rien, D’une pression de phalange, Berçant des expansions Aux courbes des crises, Rafle les taux de change ? Un grand prestidigitateur Toi (Du chapeau noir du charlatan (Odieux Sont sortis mille lapins blancs) ? Escroc) ? Le poète La pute (Enguirlander de devises (Aux courbes lisses L’espace de nos vies grises) ? D’aucuns frémissent) ? Un trader (Des matrices d’argent Sur l’écran du néant) ? La roue tourne, et Fortune – increvable pouf ’ Au visage stupide, aux fesses superbes – Elève les plus faibles, abaisse les riches… Les yeux fermés vous sort de ces trucs de ouf Des dessous de nos tables et de nos bakchichs ! Change un gros tas de riz en sushis aux herbes ! Et en souffle de vent une exquise bouffe…

Les trois Parques en 3D


« ...Les contours de leurs figures variaient comme la flamme d'une lampe, et à tout moment quelque chose de l'une passait dans l'autre... chacune était ainsi un composé de toutes... » Gérard de Nerval Trois coréennes (l'une est mon amie, les autres les siennes) m'ont longtemps évoqué cette image. Elles se sont réunies pour coudre ce matin : le tableau parfait ! Je me rue sur mon édition d'Aurélia, tombe pile sur le passage. Un signe ! Il faut écrire. Les corps jaunes De trois jeunes Coréennes Dans notre Appart' Si cousines Qu'elles cousirent Fichtre À l'unique Les Moires Qui s'marrent Les plissures Des sourires De leurs poires Il faut aussi avouer que le bouquin est longtemps resté ouvert à ce passage, ce qui explique peut-être... Alors, qui file nos destins ? « ...Trois femmes travaillaient dans cette pièce... »

Télé-réalité

(Cliquez sur l’image du poème pour y voir un peu mieux)

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 Blanche copie aux lèvres lippues, à moitié désapée, Qui regardes dupée, affalée dans ton canapé, Sans voir l'idiot Qui tourne autour De tes contours De pâle idole, Que vois-tu ? Oh ! Rien. Ce programme que tu ne peux zapper, C'est la vie médiocre à laquelle tu ne peux échapper, Candide idole aux lèvres livides, à moitié désapée, Qui observes stupide, affalée dans ton canapé, Sans voir l'épine Qui rôde autour Des vides contours De ta vie d'héroïne, Que vois-tu ? Oh ! Rien. Ce programme que tu ne peux zapper, C'est la réalité à laquelle personne ne peut échapper... Pâle Emma Bovary, par les années à moitié désapée, Qui rêvasses hagarde et affalée dans ton canapé, Sans voir le temps Qui file autour Des verts contours De tes printemps, Que vois-tu ? Oh ! Rien. Ce programme que nul ne peut zapper, C'est le songe exigu auquel personne ne peut échapper, Blême déesse aveugle, sculpture à moitié désapée Par l'illustre voyeur auquel nul ne peut échapper...

Couronnes d’épines


Couronnes d'épines au front d'immeubles, pigeons migrent Couronnes au pied d'immeubles, mendiants partent Couronnes d'épines au front des pauvres pigeons meublent

mai 2010


Carré magique

essai de poésie 3D
no special glasses required

la poésie ne nourrit pas notre crédit sauvera-t-elle le vagabond dans les nuées  notre beau rêve ô mon amour s’est envolé

juin 2010


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