Archives de Catégorie: L’amour est un bon nonos cosmique

La femme ordinateur

Femme ordinateurnu-dans-les-ondes-matisse-1938
Nu dans les ondes, Matisse, 1938

blonde Wi-Fi  flottant dans l’air du temps au ventre d'écran plat au regard de webcam la peau comme une caresse d'écran tactile propose un corps un corps de formulaire à choix multiples un menu déroulant du roulement de ses hanches des seins de stéréo-enceintes deux gros boomers aux cris de joie algorithmiques  sa croupe de cheval de Troie  et la fleur de son sexe en wallpaper HD  à tout individu réel qui saurait l’arracher au septième Ethernet

Kâma-Sûtra

Kâma-Sûtrakamasutra

la nymphe expose un corps parfait quelques minutes d’éternité après elle engloutit le glaive adverse entre ses lèvres rouge sang ensuite elle pend ses longues jambes à son cou et son cul devient un grand collier flamboyant puis l’offrande tendue d’une chienne offerte à quatre pattes aux cieux dont elle reçoit foudres de coups d’épée divins dans les glaïeuls et maintenant elle chevauche un roi crevé rejoint par dix seigneurs avec  sept mains et quatre bouches lorsqu’enfin s’accomplit dans une forme olympienne le rituel de la déesse complètement immaculée idole aux aspects de naïade miraculée nageant dans les rivières sacrées de ce déluge elle nous regarde alors les yeux remplis d’étoiles et un sourire en coin puisque de l’autre côté de l’écran pauvres mortels noyés dans le monde réel nous ne ferons jamais vraiment l’amour ensemble

Hologramme

HologrammeEternal sunshine of the spotless mind

photo : Eternal sunshine of the spotless mind, Michel Gondry, 2004

     « repliée dans le creux de la moindre partie de ton corps l’empreinte de tout l’univers… »  étais-je en train de me dire avec un masque sur les yeux lorsque tu as fermé ton livre éteint la lumière         et bizarrement   collé la pulpe de ton pouce   contre le mien …ce qui a aussitôt       tracé dans mon esprit  la ligne de ton avant-bras le degré de pliure de ton coude le demi-tour de ton aisselle l’alignement de ton nombril la plissure de ton aine        	un virage en épingle au creux de ton genou intersection cheville-tibia     puis d’un rebond sur l’ongle d’un de tes orteils j’ai voulu te sauter dessus mais tout ton corps s’est envolé et je dormais déjà sur deux oreilles dans les plis de la couette

Cinq semaines loin de toi

Cinq semaines loin de toi Cinq semaines loin de toi 2Ma caissephoto by Perrin Langda

« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé » cinq semaines loin de toi à regarder stagner les gens  tout seuls au milieu des transports en commun et aujourd’hui, enfin en me glissant dans le prolongement de moi-même que tu es devenue sont revenus en un instant l’instinct des mouvements intimes à travers les « vallées ondulantes » qui montent et descendent la course lente ou bien « à cent à l’heure » sur le son du lecteur mp3 et ton « chant » et mon « chant » qui se mêlent tous les matins et tous les soirs et déforment les airs de Thom Yorke et de Metallica… (après, j’ai un gros « blanc » : mon corps poursuit, comme une machine et mon esprit s’en va, ailleurs) sans aucun souvenir du voyage je contemple les courbes de ta « jolie carrosserie » encore fumante  et puis surtout, surtout, putain ! ce magnifique « pare-chocs avant »  tout neuf qu’ils t’ont « posé » (je suis pourtant le genre de gars qui se foutrait d’une simple rayure et je ne me serais jamais permis de comparer ma femme à une bagnole) quand t’étais au garage puis je rentre chez moi  un peu machinalement sans aucun souvenir du voyage enfin, auprès de toi (ce coup-ci, pas ma caisse) et bien plus tôt qu’en bus

Les hommes sont des chiens

Les hommes sont des chiens Dogman

un chat est un chat	un chat est un minet un minet un jeune-homme or, tout homme est mortel ce qui est mortel est casse-couilles les casse-couilles sont de petits fouineurs et les plus grands fouineurs sont les chiens les chats sont donc des chiens et en passant, les hommes aussi

Strip-tease intégral (pour Noël)

Strip-tease 1tégral Strip-tease 2tégralstripteaseartichaut
image trouvée ici

         enlever 	       un à un les vêtements 	de nos âmes manteaux 	de pierre       bulldozers                   de coton frusques des 	   tapisseries pansées de pantalons        maillots de cœur chaussettes de soi           culottes en oit'   dentelles d'ozone les tissus de nos chairs    	        dissolues       dans les cieux 	   et l'envers        du décor nu comme un univers dans un nouvel 	       endroit des larmes de reptiles    et nos cœurs 	 d'artichauts

Gerber

descendre l'insensé flot d'essence dorée aux soirées arrosées de nos adolescences 	     laisser tomber       lovés sur le béton nos deux          vélos volés    et sur la blanche neige des cloaques    de nos jeunesses alcooliques – ton corps, cheval crevé offert dans les fourrés – les valses de nos rêves, tes trips –       à quatre pattes sur le sol de la patrie – gerber bergère aux anges    de notre hymen prémédité      dégobiller       les corps étranges de nos deux    nations alliées vomir encore,       aigris nos corps 	nos vies grisées et notre aliénation     et nous    quitter le cœur 	  noué (je sais même pas t'es qui)

***

Illustration tirée du film Les amants du pont neuf, Léos Carax, 1991


Tetris


 les gens s’emboîtent    comme des blocs		de béton dans les rues 	    		            carrées	dans les	bouchons		          dans	les boîtes  		         les	    de nuit 			    rues				 	    de la 				      	    ville	      	      			    avec	                     l'ivresse 	       	         de   fuir	       	         les lignes droites	     le soir l'alcool                et la folie                                la marche     péripatéticiennes                     russes              des      sur le   bordel              jolies périphérique         	            	 les courbes de      	                ton épiderme     et le chemin               de tes gémissements     tout ça nous fait tourner dans tous les sens     et me voici enfin chez nous          tu vois,  t'es triste mais tout est               revenu à sa place      les gens                                    s'emboîtent     comme des blocs de Tetris             (je ne sais pas très bien jouer)    ##################################   GAME OVER

Roméo et Juliette

la femme omet le sens des mots et l'homme a l'âme folle à lier je t'aurais voulue morte et t'oublier, Juliette mais j'ai joué les Roméos touché l'artère aorte et quand j'ai enfin lu ta lettre on s'est réconciliés les quiproquos qui nous opposent au plus profond de l'être Montagus / Capulets au moindre atome de nos peaux

***
Illustration tirée du Roméo et Juliette de Franco Zeffirelli sorti en 1968


Le bisou mortel du zombie

illustration tirée de Zombie in love, Kelly Di Puccio & Scott Campbell

comme si par leur poitrine ouverte on pouvait voir le sang gicler et battre le cœur à peine humain criblé de balles de fusil à pompe *** les deux zombies un peu grisâtres et mutilés ARRIVENT clopin-clopant... – ils sont copain-copine de mutuelle …S'AGRIPPENT l'un l'autre pour un bisou

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