blonde Wi-Fi flottant dans l’air du temps au ventre d'écran plat au regard de webcam la peau comme une caresse d'écran tactile propose un corps un corps de formulaire à choix multiples un menu déroulant du roulement de ses hanches des seins de stéréo-enceintes deux gros boomers aux cris de joie algorithmiques sa croupe de cheval de Troie et la fleur de son sexe en wallpaper HD à tout individu réel qui saurait l’arracher au septième Ethernet
la nymphe expose un corps parfait quelques minutes d’éternité après elle engloutit le glaive adverse entre ses lèvres rouge sang ensuite elle pend ses longues jambes à son cou et son cul devient un grand collier flamboyant puis l’offrande tendue d’une chienne offerte à quatre pattes aux cieux dont elle reçoit foudres de coups d’épée divins dans les glaïeuls et maintenant elle chevauche un roi crevé rejoint par dix seigneurs avec sept mains et quatre bouches lorsqu’enfin s’accomplit dans une forme olympienne le rituel de la déesse complètement immaculée idole aux aspects de naïade miraculée nageant dans les rivières sacrées de ce déluge elle nous regarde alors les yeux remplis d’étoiles et un sourire en coin puisque de l’autre côté de l’écran pauvres mortels noyés dans le monde réel nous ne ferons jamais vraiment l’amour ensemble
photo : Eternal sunshine of the spotless mind, Michel Gondry, 2004
« repliée dans le creux de la moindre partie de ton corps l’empreinte de tout l’univers… » étais-je en train de me dire avec un masque sur les yeux lorsque tu as fermé ton livre éteint la lumière et bizarrement collé la pulpe de ton pouce contre le mien …ce qui a aussitôt tracé dans mon esprit la ligne de ton avant-bras le degré de pliure de ton coude le demi-tour de ton aisselle l’alignement de ton nombril la plissure de ton aine un virage en épingle au creux de ton genou intersection cheville-tibia puis d’un rebond sur l’ongle d’un de tes orteils j’ai voulu te sauter dessus mais tout ton corps s’est envolé et je dormais déjà sur deux oreilles dans les plis de la couette
« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé » cinq semaines loin de toi à regarder stagner les gens tout seuls au milieu des transports en commun et aujourd’hui, enfin en me glissant dans le prolongement de moi-même que tu es devenue sont revenus en un instant l’instinct des mouvements intimes à travers les « vallées ondulantes » qui montent et descendent la course lente ou bien « à cent à l’heure » sur le son du lecteur mp3 et ton « chant » et mon « chant » qui se mêlent tous les matins et tous les soirs et déforment les airs de Thom Yorke et de Metallica… (après, j’ai un gros « blanc » : mon corps poursuit, comme une machine et mon esprit s’en va, ailleurs) sans aucun souvenir du voyage je contemple les courbes de ta « jolie carrosserie » encore fumante et puis surtout, surtout, putain ! ce magnifique « pare-chocs avant » tout neuf qu’ils t’ont « posé » (je suis pourtant le genre de gars qui se foutrait d’une simple rayure et je ne me serais jamais permis de comparer ma femme à une bagnole) quand t’étais au garage puis je rentre chez moi un peu machinalement sans aucun souvenir du voyage enfin, auprès de toi (ce coup-ci, pas ma caisse) et bien plus tôt qu’en bus
un chat est un chat un chat est un minet un minet un jeune-homme or, tout homme est mortel ce qui est mortel est casse-couilles les casse-couilles sont de petits fouineurs et les plus grands fouineurs sont les chiens les chats sont donc des chiens et en passant, les hommes aussi
enlever un à un les vêtements de nos âmes manteaux de pierre bulldozers de coton frusques des tapisseries pansées de pantalons maillots de cœur chaussettes de soi culottes en oit' dentelles d'ozone les tissus de nos chairs dissolues dans les cieux et l'envers du décor nu comme un univers dans un nouvel endroit des larmes de reptiles et nos cœurs d'artichauts
descendre l'insensé flot d'essence dorée aux soirées arrosées de nos adolescences laisser tomber lovés sur le béton nos deux vélos volés et sur la blanche neige des cloaques de nos jeunesses alcooliques – ton corps, cheval crevé offert dans les fourrés – les valses de nos rêves, tes trips – à quatre pattes sur le sol de la patrie – gerber bergère aux anges de notre hymen prémédité dégobiller les corps étranges de nos deux nations alliées vomir encore, aigris nos corps nos vies grisées et notre aliénation et nous quitter le cœur noué (je sais même pas t'es qui)
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Illustration tirée du film Les amants du pont neuf, Léos Carax, 1991
les gens s’emboîtent comme des blocs de béton dans les rues carrées dans les bouchons dans les boîtes les de nuit rues de la ville avec l'ivresse de fuir les lignes droites le soir l'alcool et la folie la marche péripatéticiennes russes des sur le bordel jolies périphérique les courbes de ton épiderme et le chemin de tes gémissements tout ça nous fait tourner dans tous les sens et me voici enfin chez nous tu vois, t'es triste mais tout est revenu à sa place les gens s'emboîtent comme des blocs de Tetris (je ne sais pas très bien jouer) ################################## GAME OVER
la femme omet le sens des mots et l'homme a l'âme folle à lier je t'aurais voulue morte et t'oublier, Juliette mais j'ai joué les Roméos touché l'artère aorte et quand j'ai enfin lu ta lettre on s'est réconciliés les quiproquos qui nous opposent au plus profond de l'être Montagus / Capulets au moindre atome de nos peaux
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Illustration tirée du Roméo et Juliette de Franco Zeffirelli sorti en 1968
illustration tirée de Zombie in love, Kelly Di Puccio & Scott Campbell
comme si par leur poitrine ouverte on pouvait voir le sang gicler et battre le cœur à peine humain criblé de balles de fusil à pompe *** les deux zombies un peu grisâtres et mutilés ARRIVENT clopin-clopant... – ils sont copain-copine de mutuelle …S'AGRIPPENT l'un l'autre pour un bisou