fussent-ils si laids verdâtres et boursoufflés incapables de dire un autre mot que « bwaaaaaaaaaaark ! » en agitant les lambeaux purulents de leur chair les gobelins et les orques avec leurs vies cupides absurdement vouées à l'industrie du mal s'ils existaient vraiment seraient assez crétins quand-même de se laisser mener une existence aussi morbide et ils iraient au cinéma pour oublier on leur y montrerait combien jadis étaient affreux les hommes
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Les gobelins et les hommes
Limite extrême de l’existence
rebrousser chemin face aux coordonnées de tout obstacle avoir la liberté de suivre la trajectoire d'un bond à intervalles réguliers blesser ou être blessé d'un simple contact en émettant un son en cas d'échec simplement disparaître en clignotant toujours rester gravé sur le plastoc d'une ancienne cartouche et chaque fois que reviennent les touches sur la parcelle de code qu'un programmeur inaccessible aux algorithmes de mon âme a eu la grâce de m'accorder tout en octosyllabes de 0 et de 1 1 0 1 0 1 1 revenir à l'existence d'un sprite dans un monde en 2D
Notre Dame des Webcams
Ô Marie moi Je suis amoureux des 0 et des 1 des pixels infinis dans tes yeux de tes saints de tes « Je suce » et de tes « save my ass » et quand le filtre ADSL déconne dans le néant du cœur de la matrix face aux statues de chair les membres en X sous les baptêmes de sper me piètre et fixe je vois encore dans la lumière ton corps béant immaculé j'implore l'éther de rétablir la connexion qui nous reliait
Négatifs
Je ne veux pas dire que les rivières aient autrefois coulé ailleurs que contenues dans de limpides cylindres de plastique qui s'alignent le long de rayons de métal que les océans n'ont pas toujours été réduits en cette poudre blanche que renferment de petits tubes de carton bleu ou que le genre animal ait jamais existé que sous l'apparence d'identiques rectangles de chair homogène stockés dans des coffres frigorifiques et je n'ai pas l'audace de penser que le monde dans lequel nous vivons ait d'ailleurs un jour été d'une autre couleur que blanc, gris, légèrement bleuté et noir ou bien que cette image négative de la réalité ne soit rien d'autre que le froid produit infernal de notre plus grande peur qui est la négation de la vie mais je ne vais pas non plus laisser croire que ce monde ancien n'ait été dangereux qu'en des temps reculés la nature ait poussé en des jardins ailleurs qu'inoffensive sur des parcelles de terre en pot je n'éprouve aucune crainte à l'égard du monde que nous sommes en train de créer
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photo prise ici et retouchée
X-men
* Hans : violent et indomptable ; à mettre en chambre d'isolement * Malika : semble absorber le caractère de ses amants (nul ne l'a donc jamais vraiment connue) * Valéry – un être hors du commun : ses ongles interminables ont l'air taillés dans une matière indestructible * Jane : ne maîtrise pas encore un grand pouvoir mais semble s'effrayer à l'idée d'être capable de contrôler par la pensée l'humanité entière * Sofiane, Aïssa : c'est un fait avéré – si l'on sépare ces deux jumeaux, l'un devient froid comme un bloc de glace, et la colère de l'autre incontrôlable * Tania : ferait la pluie et le beau temps (parfois sans avoir vu la météo) déprimée en hiver / ou s'il pleut ; euphorique au printemps – transes étonnantes par temps orageux – * Mathéo : un autre personnage à part n'a pas l'air d'écouter (semble doté d'un magnétisme inquiétant) – son appareil à dents repousserait les forces adverses ; lui permet d'attirer les âmes faibles * François-Xavier : « Ensemble nous avons de grandes choses à apporter au reste des humains. Car nous sommes tous reliés comme des points qui s'illuminent dans l'obscurité » – c'est ce qu'explique, lorsqu'il ferme les yeux, l'ex-professeur à ces mutants paumés, tous persuadés d'être un héros placé au centre de la Terre, chacun à sa façon.
Norbert
Il dit souvent « faut qu’j’arrête de fumer » « Tu crois qu’elle va comment, Maman ? » « J’peux plus bander, mais j’peux aimer » « J’voudrais avoir mon propre appartement » Norbert, c’est vraiment un type extraordinaire Avant, Norbert, c’était… Une rock-star, Jésus, un ancien moine Shaolin Il a pu boire jusqu’à quinze litres d’eau par jour Vivre des mois dans une pièce minuscule Se réveiller sur un matelas en flammes Sortir promener son gros nounours en peluche Se cuisiner des pâtes au yaourt à la fraise Aborder des rois mages au marché de Noël En leur disant « je suis celui que vous cherchez » Il dit souvent « ch’suis trop shooté par mes cachets » « Mais faut comprendre ma prison de solitude » « Je crois qu’je vais aller m’coucher » « Je dois reprendre mes études » Norbert, c’est vraiment un type extraordinaire Avant, Norbert, c’était… La religion dont il est seul adepte Les treize voix qui braillent en permanence Les cent commandements des tâches quotidiennes Dont, quand même, Jésus, Bruce Lee, Kurt Cobain Et lui-même, dans dix ans, qui dit souvent « Tout ira bien, pas d’inquiétude » « T’auras une femme et des enfants » « Tu vas reprendre tes études » « T’auras ton propre appartement » Norbert, c’est vraiment un type extraordinaire Avant Norbert, c’était…
Insomnie
Que le marteau de l'Autre cesse de frapper la nuit tombe comme une enclume dans le chaos de mes pensées le temps qui fuit trop vite trop loin de mon plumard de plumes de cadavres qui bandent saignent du lait fleutrissent l'industrie de mes idées décousues en chute libre un rêve alerte c'est mon propre cœur c'est Lui qui bat trop fort je demande une trêve au fourreau du boucher
Robot
Il était un robot Capable de parler Chinois, français, anglais Espagnol et igbo, De composer en toute langue D'extraordinaires harangues Sans jamais prendre un air barbeau : Il connaissait les temps verbaux, Toutes les règles de syntaxe, Et de son naturel prolixe, Analysait, dans son labo, Toutes nos interrogations En faisant des permutations, Puis émettait des placebos... Il avait un secret pied-bot : Intelligent en apparence, Il n'accédait jamais au sens Des octets connectés aux mots Qu'il employait, assez relax. Ce n'était donc qu'un philodoxe Qui se dépatouillait, un quiproquo. Or, un beau jour, notre robot S'éprit d'amour pour une humaine Pendant au moins une semaine : Il s'agissait d'une bimbo Avec, à la place du cœur, Un charmant microprocesseur. Et le robot Eut beau parler Chinois, français, anglais Espagnol et igbo D'amour et d'eau fraîche De petit Jésus dans la crèche Et mettre le turbo ##### Quitte à en faire beaucoup trop Pour décrocher la lune, Prétendant préférer les brunes – Ou bien vantant les bonobos *De son amour la cristallisation * #### Et la récente stabilisation De son nouveau boulot Lui dire cent fois « je t'aime » En morse, binaire, hexadécimal Et dans tous les langages Singeant un vain marivaudage Ou bien paraphrasant Stendhal Faire des spéculations (il n'était plus lui-même !) ##### Sur ses fiches de salaires Ou sur l'évolution Du prix de la baby-sitter Et à cours d'enthymèmes lui composer des odes Qui plussent à Shéhérazade Ce n'était qu'un robot ! Il eut souvent des bugs ####, Et fit de nombreux tags, Avec un gros bobo Au fond du processeur : Il n'y avait rien à faire, Elle n'avait pas de cœur, Et zut ! Il n'était pas très beau. Et donc, notre pauvre robot, Qui n'accéda jamais au sens, Connut au moins l'amour et la souffrance, Le chinois et l'igbo, En plus de l’hexadécimal, Ce qui n'est quand-même pas mal, Remarquons-le, pour un robot.






























