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La femme ordinateur

Femme ordinateurnu-dans-les-ondes-matisse-1938
Nu dans les ondes, Matisse, 1938

blonde Wi-Fi  flottant dans l’air du temps au ventre d'écran plat au regard de webcam la peau comme une caresse d'écran tactile propose un corps un corps de formulaire à choix multiples un menu déroulant du roulement de ses hanches des seins de stéréo-enceintes deux gros boomers aux cris de joie algorithmiques  sa croupe de cheval de Troie  et la fleur de son sexe en wallpaper HD  à tout individu réel qui saurait l’arracher au septième Ethernet

Roméo et Juliette

la femme omet le sens des mots et l'homme a l'âme folle à lier je t'aurais voulue morte et t'oublier, Juliette mais j'ai joué les Roméos touché l'artère aorte et quand j'ai enfin lu ta lettre on s'est réconciliés les quiproquos qui nous opposent au plus profond de l'être Montagus / Capulets au moindre atome de nos peaux

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Illustration tirée du Roméo et Juliette de Franco Zeffirelli sorti en 1968


Îles





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Je me souviens du temps où nous étions marins forcés d'aller trop loin dénicher des harengs en reliant des points sur de frêles pirogues au milieu du néant l'océan et les vagues Nous les hommes anciens sur des troncs d'arbres vieux utilisions des joncs pour les lier entre eux Et craignant l'horizon nous allions d'île en île loin des habitations et rêvant d'elle en elle nous suivions les étoiles de nos cœurs enchaînés trouvant des mots qui calment la mer et nos aimées

Ribosome in love

Je lis et je relis les œuvres d’antan Assis à mon bureau dans mon appartement Qui est dans un immeuble au cœur de la cité énorme La moindre de mes cellules est une ville flottante aux bâtiments protéiformes Métal Huile béton  eau et verre ou bulles Tout ça serait à peu près la même chose Si d’énormes vaisseaux extraterrestres Venaient nager tranquillement au gré des courants d’air Circuler dans les rues dans les buildings démantelés Du cœur de la cité Cet antique message nous parvient encore Fragments ondulatoires d’ARN messager errant dans l’atmosphère Et ce sont nos propres ribosomes Qui feront naître ces idées protéiformes Et bâtiront les villes de demain ! Surtout, il n’y a pas beaucoup d’amour Dans les cellules du corps humain Des ouvriers moléculaires s’attirent et se repoussent Poussent des édifices selon flux monétaires ou transports d’ions La moindre de mes cellules est un état totalitaire Il y a peu de compassion Dans les prisons du corps humain Chacun porte le poids de la cité, des puissants et du monde Chacun porte le poids du moindre de ses atomes Chacun porte le poids du plomb Et moi, assis à mon bureau Scotché à mon écran Je lis et je relis les œuvres d’antan Pareil aux apocryphes ribosomes En voulant donner vie à des idées protéiformes Alors qu’il y a une femme à peau et au cœur d’or Assise juste là en face de moi à mon bureau Qui m’aime et que j’aime et qui me dit et me redit souvent Que je ne fais pas assez attention à elle

Zapping

39. L'homme trompe la femme pleure et ne pardonne pas Mais ils vécurent heureux et eurent des kyrielles d'enfants Trompeurs et peu enclins au pardon 11. Il arrive même que l'on tue dans le domaine des serial-killers C'est tout à fait normal de les mettre à l'index Les policiers, partout Montrent le sang et le sexe des sacrifices innocents 73. Nous plongent au fond des océans où neige le sperme des coraux mais à l'envers, comme une myriade d'étoiles décolorées parmi la foule nocturne des poissons-lune et des poulpes géants Où les crevettes, crues, limpides font la toilette de monstres énormes Qui ne sont que les créations difformes de notre inconscient, et comme 2. Tu iras en vacances à la plage et au prix De telle compagnie de tant de jours de paie Il faudra acheter une belle voiture Et dominer le monde qu'on trace sur l'airbag 19. Non, face à la nature l'homme rien armé d'une pelle Ne creuse pas sa propre tombe Rame dans une vieille barque de fortune Qui coule lentement dans l'eau gelée autour d'icebergs surréalistes. On y 23. Entrevoit des formes courbes les corps des femmes qui ondulent Des flashs éblouissants tournoient dans la pénombre Et des rythmes modernes qui soudain t'envahissent monotones martelant des transes ancestrales éveillent de vieilles questions : 6. Qui sera notre président ? Les sondages pour l'un pour l'autre le salon des voyantes Qui lisent l'avenir dans le marc du café C'est du pareil au même Toujours une tache humide et répugnante toujours le même roi Couronne les aveugles alors que 12. Certains magnétiseurs ne sont peut-être pas des charlatans Il y aura vraiment des auras émanant de nos corps D'autres vous soignent en vous faisant imposer vous-même le combiné de votre propre téléphone 30. Et sous le voile des yeux étonnés d'une femme envoûtante Il y a aussi des hommes en armes qui s'agitent Ce sont des héros qui ont abattu la droite effigie de la dictature Elle se redresse au nez et à la barbe de l'imam 47. Toi, ta femme sera fardée de cosmétiques Pour qu'on se multiplie dans les reflets des stars Et tu connecteras ton fils, ce petit roi Lascif aux toiles blan ches des lessives 17. Il n'y a plus de trace des héros à venir Qui réduiraient tous les monts à néant d'un simple claquement de doigts en un éclair émanant de leurs corps en exergue de leurs auréoles des cercles de feu Que l'on ne voit plus et le Mal 5. Fleuve qui coule calmement dans les eldorados des montagnes d'Afrique Où la jungle côtoie les neiges éternelles En contrebas, abreuve des variétés indénombrables de macaques aux coiffures tendances Qui pêchent sous le contrôle des reptiles se cachent dans les arbres Et des pygmées qui dansent autour du feu originel en arborant de fières peinturlures 3. Ce sont-là les couleurs de la vie ! La vie est belle, beaucoup plus belle que tu ne penses pas dans les cafétérias du monde occidental Et parfois même il est possi ble d'entamer des aventures d'établir des liaisons amoureuses 13. Toi, tu diffuseras le parfum d'une rose En gardant les dents blanches et un air souriant Et tu écraseras sans remords le requin En lui serrant la main avec toute la force 71. Qu'ils donnent à nos chaînes aux noms de « politiques » En volant la parole aux spectacles publics Quant aux citoyens libres de s'immerger dans le chaos libres de se libérer de nos sempiternelles crises ils n'y comprennent rien 70. C'est beaucoup plus touchant quand il s'agit de personnes réelles qui meurent au-delà des remparts de la ville à l'intérieur de la cité ou pire dans votre propre local à poubelles L'audience atteint alors des pics atroces 14. Qui divertissent tous ces pauvres gens pendant que nous changeons leur mobilier craignos leur déco dépassée En un subtil mélange de pitié et d'envie Personne ne résiste aux somptueux palaces tout personnalisés Qu'on reconstruit pour des familles aux destinées tragiques 76. Et c'est le sang du Christ qui s'écoule sur les foules en liesse Sur les tee-shirt mouillés de la jeunesse Sur l'amour du prochain prime le bonheur de nul autre 1. Que toi, qui graviras les escaliers sociaux Vers ta retraite d'or en fauteuil électrique Et tu l'auras, ta tombe en marbre à la mémoire De ton corps pourrissant sous les couches de botox 8. L'important c'est la sauce et de bien mijoter Sentez-vous la saveur du bon bœuf bourguignon C'est un peu la saveur de votre âme Voyez-vous les couleurs des légumes bouillis baignant gorgés diffus dans la sauce au vin rouge Ce sont vos propres tripes et avec ça, régalez-vous 85. L'homme est bon, selon certains programmes N'oubliez pas l'astucieux bricoleur de mon enfance Perdu, au loin à des milliards d'années lumières Dans un décor en carton pâte Mais s'efforçant de protéger un peuple humanoïde de ses accoutrements risibles 20. Il y a aura toujours des apocalypses et des sauveurs qui reviendront Il y a aura toujours des apocalypses et des sauveurs qui reviendront Un type me fixe avec un air étrange il scrute les pensées des gens Bientôt, il y aura une éclipse On pourra déplacer les objets Ou contrôler la foudre et courber l'espace-temps Qui sait 7. Depuis des heures ce type n'est que moi Moi dans ton propre canapé C'est la magie de la télé réalité Et toi aussi ô mon reflet tu m'as zappé Pour me rendre au néant

Boucles de boucles de vies

Espace interstellaire Des corps infimes Gravitent Allo... Allo ? « Votre correspondant est actuellement en ligne Veuillez renouveler votre appel ultérieurement » Là, l'embryon d'un fœtus Et le développement de l'homme Sous les panneaux indicateurs L'inébranlable loi de la physique Enfin : la femme Au creux des interstices C'est d'un atome aveugle et borné Que se déploient les ponts hydrochimiques Clic clic Clic clic clic « La connexion avec a été réinitialisée Veuillez vérifier la syntaxe de l'adresse » Voici, qui flotte, le manuel d'assemblage d'une chaise Ainsi qu'un somptueux derrière en suspension Voici les midinettes, au travail à la chaîne Et sur les bancs de l'universalité Le grand tonneau qui n'est jamais vide Dans le néant des pyramides Qui ornent les billets de banque Il y a là une énergie incommensurable Où s'accumulent des planètes Attirées repoussées attirées repoussées... Mayday... Mayday... « Tour de contrôle à Tango-cash Tour de contrôle à Tango-cash Avons perdu signal radio » Dans la chute de l'embryon d'un fétu de paille embrasé Au milieu de la masse aiguisée des aiguilles Dans un décor en carton-pâte de nulle-part De lumières colorées clignotantes Nous sommes perdus dans la foule excessive Des grandes étendues de rien du tout Et de promos de Noël absurdes et alléchantes Et puis, c'est carrément le tonnerre, au fond des océans Là où les micro-algues gobent Les prédateurs qui les avalent Nous sommes heureux de vous faire part D'un heureux événement « N'habite pas à l'adresse indiquée A renvoyer à son expéditeur » Et revoici la solitude immaculée Et les déserts torrides, oblitérés sous la neige C'est un grand pas pour l'humanité C'est un grand pas pour pas grand chose C'est un grand pas pour rien Il y a maintenant un beau jardin Combien a-t-il coûté à qui ? Un beau jardin d'Eden Encadre la peau rose de ta maison Où étais-tu ? Allo ? Où étais-tu ? « Je l'avoue, j'ai parlé à la légère, J'ai parlé une fois, je ne répéterai pas » Et l'embryon d'un fétu de paille Le développement de l'homme-torche Sous les panneaux solaires L'inébranlable loi de l'attraction des corps physiques Enfin : la femme Allo... Allo ? « …...................................................... »

Tragédie d’un poème d’amour authentique et voué à l’échec

Il faut considérer l'être pour ce qu'il semble Une forme qui tremble aux alentours du vide Des apparences qui passent de vacances en espaces Il est probablement impossible d'aimer Sans connaître vraiment Ce train qui quitte la gare d'Hyères Métallique et tonitruant Dans un vacarme aussi énorme Que la rupture d'une liaison électrochimique Entre deux atomes Lorsqu'il emprunte le premier tunnel Tu te souviens de notre ultime union Autour du mien Ton sexe doux Tout le mois d'août qui va, qui vient Ta joue écrabouillée contre la mienne Ton œil riant de bonheur et d'amour Plongé dans le reflet du mien De cet angle de vue tu deviens le modèle de toutes celles que j'ai connues Vraiment, si tu savais combien je t'aime, forme Qui comble l'abîme de mon âme informe Lointaine ou proche passée ou à venir charmante ou moche connue ou étrangère femme ou n'importe quoi d'autre Ici je verrais bien une figure de style Avec le verbe aimer à tous les temps à toutes les personnes Avec tous les objets et aucun à la fois Ça ne te plairait pas Il faudrait te convaincre que l'amour est le seul absolu qui porte sur des formes et n'a ni fin ni début Je n'y arriverais pas et pour me rattraper Je conclurais sur un truc fort mais inintelligible

Coeur de la ville

 En plein cœur de la ville, sous l’alcôve de verre d’un arrêt de tramway, belle, entièrement nue, se réveillait la femme… Chaste fée sous les pieux yeux des passants, l’or de sa peau anime les cloisons d’argent, et la courbe parfaite de son corps endormi est joliment cadrée par les lignes modernes de son lit aux couleurs métalliques et ternes : en plein cœur de la ville, sous l’alcôve de verre d’un arrêt de tramway, belle, entièrement nue, se réveillait la femme… - Mais ce n’est qu’un modèle ! - Allons allons chérie ! avec un logiciel peut-être tu pourrais, son corps est retouché… sur tes jambes de rêve, Faut-il que je me fâche ? qui sont les seules que j’aime ! N’épie pas cette affiche ! user de cette crème ? En plein cœur de la ville, sous l’alcôve de verre d’un arrêt de tramway, belle, entièrement nue, se réveillait la femme… 

juin 2010

Tableau : Tamara de Lempicka, Andromède.


La femme aux yeux bleu électrique


 Femme aux yeux bleu électrique Et aux cheveux électrochoc De religion agnostique Ayant au moins bac + 5 Et gagnant seule son bifteck - Sans dédaigner les enfants qu'elle éduque  - En travaillant dans la fonction publique Aimant les pastèques et le basilic La métaphysique des grecs Et les bivouacs au Maroc Femme aux yeux bleu électrique Et aux cheveux électrochoc Peut-être quelque peu pète-sec Avec de grands airs d'archiduc Mais adorant le classique Tout aussi bien que le hard rock Et le silence des bibliothèques D'ailleurs aussi intéressée par les aztèques Et la pensée des chinetoques Que de fouiner dans de vieux livres alchimiques Femme aux yeux bleu électrique Et aux cheveux électrochoc Dotée d'un physique hi-tech A faire frémir un eunuque Sensible bombe cybernétique Source de crises cardiaques Avec au cœur le battement des discothèques Ayant la peau d'une fleur de zinc Et les courbes aérodynamiques D'une princesse de fessebook Femme aux yeux bleu électrique Et aux cheveux électrochoc... ........................................................................................................................................ Après avoir entré en quelques clics,  Sur le site paradisiaque D'une entreprise de bric et de broc Établie en République Tchèque, Dans les menus ces caractéristiques, Elle est venue du ciel dans un avion slovaque. Elle ne dédaigne pas les tâches domestiques, Mais sous haute-tension sont nos prises de bec. 

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Illustrations : photos d’Eva Herzigova, avec ou sans fard


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