Archives de Tag: ville

La cité des anges

boston

un jour blond se lève
traverse le ciel bleu
en tirant des rayons
blancs sous les nuages
et redescend tout rose
quand la ville s’endort
sous son mobile coloré

 


Electrocardiogramme

ElectrocardiogrammeElectroshock blues

illustration : couverture de fond de l’album Electroshock blues, Eels, 1998

et selon l’horizon des pensées la skyline H.L.M. électrocardiogramme de ton cœur de béton de la ville tremblotante sur un fil à ton avis combien de temps te reste-t-il ?

Tetris


 les gens s’emboîtent    comme des blocs		de béton dans les rues 	    		            carrées	dans les	bouchons		          dans	les boîtes  		         les	    de nuit 			    rues				 	    de la 				      	    ville	      	      			    avec	                     l'ivresse 	       	         de   fuir	       	         les lignes droites	     le soir l'alcool                et la folie                                la marche     péripatéticiennes                     russes              des      sur le   bordel              jolies périphérique         	            	 les courbes de      	                ton épiderme     et le chemin               de tes gémissements     tout ça nous fait tourner dans tous les sens     et me voici enfin chez nous          tu vois,  t'es triste mais tout est               revenu à sa place      les gens                                    s'emboîtent     comme des blocs de Tetris             (je ne sais pas très bien jouer)    ##################################   GAME OVER

Pixel


du pixel de fenêtre de mon logement je contemple les feux les autos les passants les saisons et le rythme des nuits alternants d'un circuit imprimé pareils aux composants

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Illustration tirée du court métrage Pixels de Patrick Jean


Pong céleste

la lumière du soleil et le ciel bleu ciel de la ville envolée au-delà le mirage des reflets de l'ombre angulaire des pixels du fantôme d'un nuage sur les tours de verre envolées dans un souffle

Ribosome in love

Je lis et je relis les œuvres d’antan Assis à mon bureau dans mon appartement Qui est dans un immeuble au cœur de la cité énorme La moindre de mes cellules est une ville flottante aux bâtiments protéiformes Métal Huile béton  eau et verre ou bulles Tout ça serait à peu près la même chose Si d’énormes vaisseaux extraterrestres Venaient nager tranquillement au gré des courants d’air Circuler dans les rues dans les buildings démantelés Du cœur de la cité Cet antique message nous parvient encore Fragments ondulatoires d’ARN messager errant dans l’atmosphère Et ce sont nos propres ribosomes Qui feront naître ces idées protéiformes Et bâtiront les villes de demain ! Surtout, il n’y a pas beaucoup d’amour Dans les cellules du corps humain Des ouvriers moléculaires s’attirent et se repoussent Poussent des édifices selon flux monétaires ou transports d’ions La moindre de mes cellules est un état totalitaire Il y a peu de compassion Dans les prisons du corps humain Chacun porte le poids de la cité, des puissants et du monde Chacun porte le poids du moindre de ses atomes Chacun porte le poids du plomb Et moi, assis à mon bureau Scotché à mon écran Je lis et je relis les œuvres d’antan Pareil aux apocryphes ribosomes En voulant donner vie à des idées protéiformes Alors qu’il y a une femme à peau et au cœur d’or Assise juste là en face de moi à mon bureau Qui m’aime et que j’aime et qui me dit et me redit souvent Que je ne fais pas assez attention à elle

Vision

Sur l'éternel boulevard fleuri d'immeubles en béton que j'emprunte maintenant chaque jour depuis des siècles Parmi les automobiles fulminant comme des squales et par le marbre entaillé d'une fraction de seconde Toi blanche statue grecque se prélassant au bord du torrent des bagnoles La seconde d'après un blanc plot de plastoc indiquant des travaux

Coeur de la ville

 En plein cœur de la ville, sous l’alcôve de verre d’un arrêt de tramway, belle, entièrement nue, se réveillait la femme… Chaste fée sous les pieux yeux des passants, l’or de sa peau anime les cloisons d’argent, et la courbe parfaite de son corps endormi est joliment cadrée par les lignes modernes de son lit aux couleurs métalliques et ternes : en plein cœur de la ville, sous l’alcôve de verre d’un arrêt de tramway, belle, entièrement nue, se réveillait la femme… - Mais ce n’est qu’un modèle ! - Allons allons chérie ! avec un logiciel peut-être tu pourrais, son corps est retouché… sur tes jambes de rêve, Faut-il que je me fâche ? qui sont les seules que j’aime ! N’épie pas cette affiche ! user de cette crème ? En plein cœur de la ville, sous l’alcôve de verre d’un arrêt de tramway, belle, entièrement nue, se réveillait la femme… 

juin 2010

Tableau : Tamara de Lempicka, Andromède.


Muses lierre des gratte-ciel

A New York – des gratte-ciel – Chicago – des gratte-ciel – à L.A. – des gratte-ciel – à Sydney – des gratte-ciel  – à Tokyo – des gratte-ciel – à Pékin – à Shangaï – des gratte-ciel – à Paris – et à Londres – à Stockholm – ou Moscou – des gratte-ciel –  partout – Dubaï – Abou Dhabi – des gratte-ciel – en habits – de prière – La Paz – Santiago – des gratte-ciel – pour la paix – en santiags – Ottawa – Montréal – des gratte-ciel – mon réel – au bordel – à Bangkok – Singapour – New Delhi – des gratte-ciel – pour chanter – aux nouvelles – les délits – ceux des banques – à Séoul – et Pyongyang – des gratte-ciel – pour les âmes – pour les pions – pour le yin – et le yang – à Beyrouth – Téhéran – Tel-Aviv – devinez – des gratte-ciel – pour y vivre – oui mais bêtes – et errants – or notez – qu’il n’y a pas – de pluriel – à gratte-ciel – lequel est – amusé -

Muses lierre des gratte-ciel numérisés comment chanter dans le ton du béton des saisons il ne reste que des feux l’alternance vague la foule avance quand les autos s’arrêtent de la vie l’impulsion des cellules dans l’acier les individus dépréciés meurent dans les constructions et certes certes derrière les fenêtres des H.L.M. pixellisés de nos Champs Elysées on s’aime peut-être circulent entre les toitures aux formes régulières carrées rectangulaires les bulles de fer de nos voitures en prenant du recul les échanges de la nuit paraissent un circuit imprimé minuscule fichtre chiffre à présent je discerne la digitale toile les avatars d’étoiles de l’homme moderne dans l’atmosphère de guerre totale les appendices de satellites blondes qui s'embrassent en l’air traversent en flasques ondes les espaces poreux de mon cerveau véreux mais que fait la police chiffre chiffre en liberté automatique à présent mon esprit devient presque comique et voici que j’écris bip bip bip bip bip bip P.I.B - P.I.B - P.I.B - P.I.B. ordinateur aléatoire ordonnateur pourquoi ma voile a-t-elle autant l’allure du squale cas semi conflictuel : tu es le flic aux mises à sac à l’envers le démon du monde est en verlandans les viscères béants de la baie asservie j’ai reçu le virus de la sûre survie doux joug de tes deux joues aux joies du jour de l'an cas vraiment conflictuel : je suis le flic aux mises à sac caresse telle fer ressasse Cassandre fleur de cendres aliénation partout où partent les nations alliées et revoici le vers vers les six voies rêvées cheval de Troie offert aux valses des trêves crevées si graves soient les maux doux et légers sont les colliers caresse reflet ressasse Cassandre fleur de cendres à l’envers le démon du monde est en verlan doux joug de ton donjon le jour me donne l’élan cas semi conflictuel : tuer le flic aux mises à sac cas vraiment conflictuel : je suis le flic aux mises à sac aliénation partout où partent les nations alliées si graves soient les maux doux et légers sont les colliers dans les viscères béants de la baie asservie j’ai reçu le virus de la sûre survie et revoici le vers vers les six voies rêvées cheval de Troie offert aux valses des trêves crevées caresse telle fer ressasse Cassandre fleur de cendres caresse fleur et ressac ressasse en cas de cendres Cassandre des cendres Cassandre au bunker il faut descendre Cassandre au cœur bon il faut descendre en cas de cendres descendre Cassandre au cœur bon il faut des cendres Cassandre au bunker il faut descendre au cœur des cendres caresse Cassandre il faut des cendres au cœur descendre au cœur des cendres en cas de mise à sac caresse Cassandre au coeur bon carresse ressac fleur et patatras Callipso a posé callipyge Apocalypse  …………………………………………………………………………………………………... Muses lierre des gratte-ciel médusés ô poésie d’une publicité océan infini parsemé des sommets de buildings inclinés plage de sable fin aux faîtes décapités de dominos figés cocotiers et lianes colonisent les cimes oubliées éventrées d'édifices penchés au loin claque le cri d’un macaque et pépie une pie sur un pieu saigne une pépite et revoici le désert les grands airs et le souffle du vent Ohé ordinateur Y a-t-il du vide dans les étoiles Y a-t-il un humain dans la toile Noé ordinateur de notre ancien mirage as-tu pu attraper ne serait-ce qu’une image des objets rescapés 

mai 2010


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