Ce soir-là Pierra et moi nous étions seuls


Ce soir-là Pierra et moi nous étions seuls au sommet de la to u r M ont p a r nasse j’étais bourré il pleuvait fort elle me dit dis mon Dégueulion pourquoi tu dors entre nos corps repose l’unique espoir de l’avenir qui nous menace je lui réponds mais qu’est-ce que tu racontes encore car aujourd’hui le monde est à l’envers ne vois-tu pas qu’il est l’heure de mon match de foot alors je te le dis non sans un brin de honte tu es de ces bergères qui me donnent envie de gerber elle alla appeller sa grand-mère il y eut comme un caillou qui brisa la fenêtre et l’on put voir de pauvres hères apparaître Allez savoir les femmes et comme je n’étais plus seul au sommet de la to u r M ont P a r nasse dans ma largesse immense le déluge d’alcool portait les supporters de ce match de fêlés qui franchissaient le garde-fou de l’arche les cadavres suicidés qui éclataient sur le sol enjambaient le parapet de ma spacieuse terrasse n’importe dans quel sens il pleuvait de la bière de la bière je rendais il pleuvait des cadavres des cadavres je rendais il pleuvait de la foule de la foule je rendais il pleuvait des femmes des femmes je rendais il pleuvait du sang du sang je rendais il pleuvait des cailloux des cailloux je rendais Evidemment que le soleil revint tandis que tout le monde tout le monde était au sommet de la to u r naze  M ont p a r indubitablement galope à nouveau à la fin l’étalon dans les prairies de jadis tandis que les dernières fleurs se laissent hélitreuiller bien sûr que rien ne sera ni mort ni rené qui à présent viendra quand il voudra voir la télé et oui c’est vrai Pierra était partie mais la partie n'avait cessé de faire battre mon cœur et les nouveaux acteurs les piliers des nuées alcool football sang femmes foule cailloux et téléphones à l’horizon élaboraient leurs oraisons si au matin je m’éveille la tête à l’envers c’est le ciel bleu non les gravats que je verrai et si j’ai des rêves de verdure il y a le petit bosquet vert de nos cadavres de bières au fond noyés naissent les spectres des mégots ils montent dans le ciel indigo qui revêt le plafond du studio 

juillet 2010

À propos de Langda


2 responses to “Ce soir-là Pierra et moi nous étions seuls

  • shaman

    salut à toi, j’aime bien cette façon que tu as de jouer avec la structure même du poème, je me souviens de tes premiers « dessins poetiques », et c’est vrai que ça rajoute, c’est originale et cela apporte aussi bcp dans la lecture, c’est bon!

  • Langda

    Merci – j’essaie surtout de trouver un moyen pour que le fond corresponde à la forme ; le calligramme n’est pas si original (Apollinaire en a fait des dizaines, et il y a aussi la dive bouteille de Rabelais), à la longue c’est même un peu une solution de facilité… Dans l’ensemble il est vrai que je m’amuse beaucoup ! mais c’est un jeu assez sérieux au fond :
    « Le ciel est le joueur, et nous, rien que des pions.
    C’est la réalité, non un effet de style »,
    disait Omar Khayyâm 🙂 / 😦

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :