Poissons

À mes amis pêcheurs…

Sous les reflets ondulants Du ciel bleu Et des arbres dansants Éclairs d’argent Dans la nuit aquatique Vivent les poissons de notre inconscient Vivent les sourdes pulsions de nos cerveaux antiques Et louche Les yeux vairons Scrutant au fond la loche Que sortira le pêcheur taquinant le goujon ? Ombres le monde est en cendres et reste l'amour blanc Bien qu'il y ait anguille sous roche A l'eau ? A l'eau ? A l'eau la pyramide renversée Barbeaux gras comme des loches roulent des mécaniques En brême sont Les filles des maquereaux Qui qui qui a maquillé les brèmes ? Qui qui qui aurait tendu la perche ? Et la lotte rit Et les ides et hotus Ainsi ont débuté les Ides de Mars : tous des hotus, à chacun son fario Beaucoup de petits mais très peu de longs Passent le tamis de la sélection Pauvres ablettes sont toujours mangées On se satisfait de menu fretin On fait les yeux de carpe Muets comme des tanches Frais comme des gardons Tout ce petit monde s'entend comme poissons-chiens et chats

À propos de Langda


7 responses to “Poissons

  • racbouni

    belle orgie de vocabulaire, le lecteur qui n’est pas un féru de pêche doit s’armer d’un dictionnaire (ou de google)

    bel enchaînement tu manies bien la typographie et le jeu de mots

    le seul petit « reproche » que je pourrais faire à tout ça c’est de manquer de viande, de risque, et de souffrances mais peut être n’est ce tout simplement pas le propos d’un tel texte

    quoiqu’il en soit, bel et bon

    continue de nous faire ma-raie et de requin-quer 🙂 !

  • Langda

    Merci pour ces critiques ; tu pointes pile là où ça fait mal, c’est bien joué. Mais si tu permets, je vais défendre mon beefsteak !

    D’abord, pour ce qui est du vocabulaire, le lecteur et moi sommes à égalité : je ne suis pas féru de pêche et je me suis armé d’un dico en ligne (http://www.cnrtl.fr, une mine) pour écrire ce poème.
    Par ailleurs, il y a peu de véritables jeux de mots dans ce texte : si on prend les noms de poissons au sens propre, la plupart des phrases n’ont aucun sens. Ce sont les sens figurés, les proverbes, qui doivent faire résonner une sorte de sens allégorique.
    Donc, si ce poème contient une viande, ce n’est pas seulement celle des poissons, il ne parle pas seulement de pêche, c’est plus une image… Soit je me gourre complètement, soit tu dois pouvoir trouver un peu de nourriture spirituelle dans l’opacité « lacustre » de ce texte, et aussi de la souffrance, si c’est ce que tu veux vraiment. Mais en sourdine : on n’entend pas grand chose, la tête dans l’eau.
    Je sais que mes textes ont souvent l’air de grosses blagues, c’est voulu, mais il y presque toujours du sérieux derrière. Ionesco disait : « Pour l’esprit critique moderne, rien ne peut être pris tout à fait au sérieux, rien tout à fait à la légère ».

    Je ne suis pas certain d’être convaincant, mais bon, tu admettras au moins que l’entreprise était (trop?) risquée… Dans tous les cas, tu as quand même raison, je vais essayer de bosser un peu tout ça, afin qu’on ne me prenne pas pour un simple farceur.
    A bientôt et bon week-end !

  • racbouni

    A la relecture, le texte passe encore mieux, j’aime de plus en plus

    bien ouéj, comme disent les djeunes !


  • Fille de pécheur je n’ai pas eu besoin de dictionnaire. Et j’ai adoré, on me rétorquera que je suis « bon public » et pourquoi bouder mon plaisir?

    Foin des critiques: Il n’y a pas assez de Prévert en ce monde littéraire.

    J’ai écrit trois textes avec les poissons pour thème, mais bien moins pétillants, faut le dire.

    • Langda

      Le compliment fait d’autant plus plaisir qu’il vient de quelqu’un qui s’y connaît !

      Je serais bien curieux de voir ce que tu as écrit sur nos amis les poiscailles : tu m’y fais montrer ?


  • Tu parles! Je connais rien du tout oui, je fais juste illusion ^^

    C’est un tel souk dans mes dossiers que je n’ai retrouvé que cette pseudo vieille fable, pas très bonne , écrite pour fustiger un drôle jouant au vertueux et que j’ai surpris à draguer sur le net.

    Poison poisson

    Un gringalet rachitique
    S’en fut de l’aut’côté de l’Atlantique
    Pêcher une tanche en guise de saumon.
    Il l’appâta de vers dithyrambiques
    En susurrant, l’œil lubrique :
    « Le plus gros est dans mon pantalon ».
    Foin de ses chiares et de sa régulière
    Cette vieille moule trop familière,
    Le gueux avait de pressantes envies,
    De fourrure neuve autour de son vit.
    Devoir et fidélité, il en avait ras le godet.
    Il voulait faire des expériences
    N’en pouvait plus de sa vie rance,
    Sa petite queue fermement l’agitait.
    Au diable missel et missionnaire
    Vive la porte de derrière !
    Il lui tardait de fourrer sa vieille rascasse
    Aussi, dans le dos de sa douairière
    Il prit un billet pour Cythère.
    Las ! La bouffie voyant sa gueule de raie
    Pour la première fois en vrai
    S’exclama soudain : « Faut qu’j’me casse,
    A Tombouctou, j’ai un congre éh ! »
    Il eut beau agiter vers et appendice caudal
    La tanche fut sans pitié, l’était vraiment trop laid.
    Que fit notre petit mâle ?
    Il acheta chez l’poissonnier un gros bouquet
    Et retourna, la queue basse, l’offrir à sa moitié !

    …et ça date de 2006. 🙂

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