Maquiladora

	       Ah, Dora... Il t'arracha tel un héros À la maquiladora De tes employeurs libéraux Et ce jour-là tu l'adoras Car de Rio de Janeiro Il te mena à Bora Bora À bord, à bord du sombrero Que tu tissas pour lui, Dora ! Il te fit miroiter des ilots sidéraux T'entrouvrit des palais de señora Tu songeais encore aux guérilleros Lui d'un emploi au rectorat Loin de Nueva Ciudad Guerrero Alors tu l'abhorras, Dora Tu éprouvas pour lui les dégoûts viscéraux Qu'on éprouve à l'odeur d'un mauvais pakora ! Et ce soir-là, à l'apéro Il avala la mort aux rats Car rien ne rimait plus avec héros Ah, Dora... Je me souviens du jour où j'ai vu ton aura De tous les mondes que tu exploras De tous les mondes que tu déploras De tous les mondes que tu n'auras Pas, Dora.

À propos de Langda


2 responses to “Maquiladora

  • racbouni

    Ehehe tu t’enivres de « rora » en douce pour peupler la période estivale ! Intéressant petit texte et thème inattendu comme d’habitude oserais je dire

    je te réponds à la diable avec ceci :

    Romance de Maubeuge

    C’était un mai médiocre maladif d’averses
    Je traînais mes bateaux sur la mer de pavés du centre ville
    Sans parapluie avec le mépris de la foule claquant au vent
    L’orgueilleux pavillon de mon cœur
    pourtant sans faits d’armes majeurs

    dans quel naufrage oiseux Vagabondais je
    il fallait demander au vent moi je n’avais
    Prise sur rien je n’étais qu’une voile molle et solitaire
    j’attendais la bourrasque que l’odyssée se mette en branle voilà tout

    sitôt dit sitôt advenue il suffisait de garder les yeux ouverts
    de se laisser faire comme d’habitude
    un halo l’annonçait à des mètres à la ronde rue du parc
    la femelle des femelles la médusante l’inespérée
    La divine tigresse de Busan au milieu
    De la cohue laide et insane qu’on croise toujours le samedi
    à croire que l’humanité ne sait grouiller que ce jour là

    Incroyable silhouette coréenne quel fabuleux tour du hasard
    Te faisait marcher devant moi sous la pluie de l’inqualifiable Maubeuge
    Tes yeux bridés débridant tout sur leur passage
    ton visage taillé à la serpe de la grâce
    Je te vis je te voulais et dans l’épiderme
    L’agitation moléculaire semblable à celle que Tristan pour Iseult …

    Mais ne nous racontons pas d’histoire Il pleuvait c’est tout je me disais que tu serais peut être celle qui irradierait comme jamais mon obscure chambre d’étudiant
    Et si je pouvais me frayer à travers des forêts de malentendus un chemin vers ton cœur…
    Je voulais surtout être happé par ta peau bon sang moi je n’avais jamais gouté à ton continent
    Panse contre panse sein contre sein feulant dessus moi
    Alors je me suis avancé et je t’ai parlé
    Dieu merci je savais de l’anglais et des bribes de coréen
    Mais mais il apparut que tu n’avais pas de temps à consacrer
    A un parasite sensuel comme moi-même polyglotte même atypique parce
    Que des pasteurs là bas dans ta péninsule
    Avaient précocement apprivoisé ta beauté t’avaient inoculé
    Avec la seringue des pires bibles protestantes le gout de la sainteté
    Tu n’étais plus un mammifère qui fait l’amour c’était bien fini
    Des salauds célestes avaient javellisé le pain de ta peau once and for all
    « i want to be like a character from the bible »
    “everybody is a living sculpture” disais tu
    Et tu me fis comprendre que
    Ton cul était la chasse gardée du Christ
    tu préférais t’occuper d’orphelins burkinabés
    Là bas dans les chaleurs infernales de Ouagadougou quitte à t’y incendier la nuque
    que cajoler la libido d’un petit français ici
    Et ce faisant tu as déchiré ma voile de tes griffes protestantes
    Tu as retourné tous les ongles de mon appétit sexuel
    Tu m’as glacé comme l’hiver la Sambre parfois
    Tu m’as barbouillé de honte animale
    Tu m’as éliminé et tu es passée
    Je te laissais continuer ton chemin vers
    Ton pôle nord de pureté ta banquise céleste

    ma voile promptement recousue l’odyssée m’emmena
    ailleurs toujours imprévisible n’importe quoi
    Mais tout de même panse contre panse sein contre sein feulant sur moi
    Quel genre de nuit pouvait offrir ton sublime pelage ?

  • Pivoine

    Après avoir lu ces deux poèmes, me voila écrasée telle une punaise par le balancement et le sens des mots. Ivre de savourer dans mon hamac le plaisir d’être ballotée, voila pas que des fourmis rouges me ramènent à certaines hantises puériles. Décidément, les parasites, cette année, me font virer les boyaux de la tête. Ah Dora, de quelle nature est ton essence ? Peste soit ma peur des rats.

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