Icebergs

Il ne mangeait que surgelé et de peur qu'un rayon ne le blesse il partait à la chasse aux steaks hachés dans les rayons d'un frais supermarché Il ne buvait que des icebergs et parfois s'en allait à la pêche aux bâtonnets de fish dans les couloirs frigorifiés d'un entrepôt picard Il ne sortait jamais dehors hors le froid et dur fer de la bulle de son automobile laissant pousser de droits icebergs de métal et d'acier Il n'aimait que la chair bien bleue ses mots doux ses préceptes étaient nets sur la toile internet auréolant de vapeur d'eau tous ses copier-coller Il ne goutait que l'identique mais du vrai du réel du confus n'en mangea jamais plus Froids, les icebergs les ont vengés en l'avalant, lui : berk

À propos de Langda


8 responses to “Icebergs

  • racbouni

    Et là je te cloue au sol et te renvoie à tes chères études :

    Icebergs :

    Icebergs, sans garde-fou, sans ceinture, où de vieux cormorans
    abattus et les âmes des matelots morts récemment viennent s’accouder
    aux nuits enchanteresses de l`hyperboréal.

    Icebergs, Icebergs, cathédrales sans religion de l’hiver éternel,
    enrobés dans la calotte glaciaire de la planète Terre.
    Combien hauts, combien purs sont tes bords enfantés par le froid.

    Icebergs, Icebergs, dos du Nord-Atlantique, augustes Bouddhas gelés
    sur des mers incontemplées. Phares scintillants de la Mort sans issue, le
    cri éperdu du silence dure des siècles.

    Icebergs, Icebergs, Solitaires sans besoin, des pays bouchés, distants,
    et libres de vermine. Parents des îles, parents des sources, comme je
    vous vois, comme vous m’êtes familiers…

    • Langda

      Me clouer au sol ? Mes chères études ? De quoi parles-tu ? De la plaisanterie que j’ai laissée chez Ignatius ?
      Je ne suis pas tout à fait satisfait de mes icebergs, mais ceux de Michaux ne me rendent pas jaloux : d’abord, ils sont très différents, c’est une autre catégorie ; et de plus, il y a trop de métaphores (tu disais : n’importe qui peut faire des métaphores) pour pas grand chose à première vue. Ils me font l’effet inverse des icebergs : profusion de figures à l’extérieur, mais sous l’eau, que dalle…
      Alors, c’est qui qu’est cloué au sol, maintenant ? 😉
      Bon, c’est juste une première impression, hein… Il y a aussi du bon dans ce poème, si l’on en croit Le Clezio…
      Bon week-end à toi !

  • ignatius

    (Comment, tu laisses des plaisanteries chez moi ? diantre, je vais sévir)

    Bon. Alors je sais pas si c’est parce que j’ai lu ton poème en écoutant Nina Simone, mais je lui trouve le rythme d’une chanson. Il y a aussi le le fait qu’il raconte une histoire. Bref, je le trouve très bon ce petit conte un peu cruel. Moi non plus je ne vois pas trop le rapport avec le poème de Michaux, je crois que ces icebergs-là sont tout différents, enfin c’est à chaud là (pour des icebergs c’est un comble, je l’admets), mais je vois plutôt une allégorie, celle de l’inadapté (comme peut l’être le poète, et tout individu « trop » sensible). Il n’y a que le « berk » final qui pourrait me faire douter de mon analyse, mais il peut aussi n’être qu’ironique, pied de nez ultime.

    ps : « n’importe qui peut faire des métaphores » ? ah ah, j’adore ces formules lapidaires qui ne veulent rien dire. Tout le monde peut aussi se curer le nez avec le pouce, mais qui saurait séduire la plus belle des femmes en exécutant cette gymnastique nasale ?

  • Pivoine

    J’ai l’impression que cet écrit est un pamphlet aux hypermarchés de la mal bouffe !!!
    Je m’explique:
    « Il ne mangeait que surgelé »: peur d’être intoxiqué par les virus intentionnellement inoculés par les Grandes Puissances Industrielles de notre siècle pour anéantir les races originelles et hybrides
    « Un rayon ne le blesse »: Rayon, nouvel étal du nouveau monde, rien n’y est étalé, aucun choix possible, tout est programmé pour surconsommer. Véritable labyrinthe en référence à celui de Dédale
    « La chasse aux steaks hachés »: l’animal nourricier n’existe plus, plus de culpabilité à le manger, plus d’honneur à lui rendre. Notre ancêtre Le Chasseur est balayé, il chassait avec respect, juste ce dont il avait besoin pour se nourrir, il se penchait sur la bête abattue, prenait son dernier souffle en lui ce qui réincarnait la force de celle-ci en lui

  • Pivoine

    Suite de mon commentaire.
    « Il ne buvait que des icebergs »: il bouffait des glaces au delà des capacités à son métabolisme de les absorber. Cônes, bâtonnets, sorbets ultra-sucrés, une hydratation déshydratante l’amenant à en surconsommer = potomanie
    « Pêche, Fish, Picard »: la pêche est abolie, le poisson n’existe plus confer commentaire « La chasse aux steaks hachés », Picard multinationale liée aux G.P.I (Grandes Puissances Industrielles)
    « Il ne sortait jamais dehors »: à nouveau la peur de l’intoxication mais par les porteurs humains = paranoïa
    « Froid, Dur Fer, Bulle »: protection ultra sophistiquée pour survivre dans un monde sans âme, véritable muraille érigée où nul n’entre sans Ausweis
    « Automobile »: façon de montrer qu’il adhère au système, marque extérieure de richesse, c’est un mâle battant qui écrase celui qui tente d’entraver son ambition
    « Laissant pousser de droits icebergs de métal et d’acier »: description du caddie des hypermarchés, ceux-ci sont créés pour ne pas rouler correctement confer Labyrinthe et Dédale = surconsommation de produits futiles
    « Il n’aimait que la chair bien bleue »: 3 possibilités, 1-la chair bleue renvoie au sang bleu donc les bien nés à savoir de sang royal donc divin, 2-la chair bleue, référence à la pornographie sur enfant, les tous petits, les horreurs faites aux plus faibles, 3-la chair bleue, la cyanose de la mort
    « Ses mots doux…….copiés-collés »: la communication orale s’en est allée, il n’existe plus que la transmission Internet des valeurs et des préceptes. Ceux-ci sont déformables à l’infini grâce au copiés-collés. Tout se perd, terminés les beaux livres reliés, le papier Vélin, les enluminures, le papyrus, les grottes des hommes préhistoriques = autodafé des jésuites, la grande inquisition
    « Vapeur d’eau »: moyen utilisé pour ouvrir le courrier d’autrui sans laisser de trace, espionnage personnel des émotions, contrôle totale = « 1984 » H.G.Wells, The Big Boss,
    « Il ne goutait que l’identique »: référence à Narcisse, lequel s’est noyé dans son propre reflet
    « Du vrai, du réel, du confus »: rien n’est vrai, rien n’est réel , mondes parallèles, médecines en tout genre, philosophie de myopes, thérapeutes malades s’installant à bon compte et ravageant leurs semblables, les plumant jusqu’à la paille, gourous de merde, sectes impitoyables, humanité broyée = seul le confus est envisageable et détient une parcelle de vérité, confusion des genres, des sens, brouillards où l’on chemine guidé par la rédemption des 5 sens de base
    « N’en mangea jamais plus »: après la boulimie du début c’est la chute extrême, le dernier contrôle possible pour rester en vie, l’anorexie
    « Froids, les icebergs les ont mangé »: effacé l’humain !!!! exterminée la race humaine, la race des robots s’empare de la planète = Starship troopers de Paul Verhoeven, satire hilarante des films de sciences fictions
    « En l’avalant, Lui »: il n’en restait plus qu’un , c’était celui-la, il aurait pu sauver la race humaine, il s’est perdu en cours de route, Vanitas de Vanitas, veni, vei, vecci, nec mergitur
    « Berk »: la race humaine est sauvée, en l’avalant lui la G.P.I a implosée dans un énorme Berk d’indigestion, rot salvateur du nouveau-né

    Bravo Langda, quel génie, publie et édite

    • Langda

      Merci, m’enfin, quand même, faut pas exagérer.
      Euh, bon, dans le détail, c’est pas toujours ce que je voulais dire, mais peu importe, au contraire, que chacun y comprenne ce qu’il veut ! Et dans le fond, t’as tout pigé !

  • Pivoine

    J’aime profondément ce que tu publies et me mets à ton service lorsque je me sens en phase totale avec ta production.
    Je réitère, « Iceberg » est un texte très abouti. Il reflète ton génie créatif, il mérite d’être publié et édité. Il te succèdera. Pour moi la seule forme d’immortalité c’est l’art. Ton art te survivra et sera immortel.
    Bon ce n’est pas tout ça mais faudrait que je mange un brin

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