Des hommes et des femmes

des hommes et des femmes dans des maisons sur pilotis plantées sous le sommet des arbres géants de la forêt d'Amazonie nus sous les pagnes spectraux de leurs ancêtres vivent et s'entretuent pour quelques gouttes d'eau dans les rues sombres des mégalopoles et dansent peinturlurés comme des pygmées autour des feux antiques et des stripteaseuses dans des discothèques ancestrales et meurent dans des hôpitaux miteux sur le sable chaud et sec du désert dans des villes en révolte ou sous les tsunamis tombant dans la ruelle qui est à deux pas de chez vous comme des poissons rouges au pied de nos télés HD à écran plat et frétillent une dernière fois en s'accouplant sur le sol du salon et vivent et meurent et font l'amour loin de nos beaux appartements bien ordonnés qu'est-ce que ça peut te faire ?

***
photo : REUTERS/Funai/Handout – indiens d’Amazonie découvrant un avion pour la première fois et le canardant de leurs flèches.

À propos de Langda


6 responses to “Des hommes et des femmes

  • Pivoine

    point n’est drôle tout cela

  • Nounedeb

    Ça me fait. J’espère ne pas durer longtemps. Me sens bêtement coupable. Depuis longtemps…

  • racbouni

    La coexistence civilisationnelle est un non-sens, elle n’existe pas et ne PEUT pas exister.

    On ne peut pas avoir côte à côte les gentils amazoniens et le Brésil moderne dans une grande paix pleine de compréhension, de gentil relativisme culturel et des poutous poutous démocratiques.

    De deux civilisations, ce sera toujours la plus dévoreuse d’énergie, la plus disciplinée, la plus innovante technologiquement et surtout la plus intolérante de l’inconfort qui submergera l’autre et la fera disparaître.

    Ces petits hommes disparaîtront, et leur mode de vie avec. Ainsi va le monde, qui n’est qu’une succession de disparitions.

    Mais effectivement, j’ai eu cette vision que notre planète pouvait être perçue comme une manière de grosse vache à lait, dont certains petits peuples avaient décidé de ne boire que le lait à la mamelle, quitte à mener une vie frugale, courte et difficile; tandis que d’autres préféraient y mordre sans complexe pour en boire le sang, en prenant le risque de se retrouver avec une vache exsangue et plus de lait du tout. L’histoire a donné raison aux buveurs de sang. Et Dieu a laissé faire la grande dévoration. Qu’en dire ? C’est ainsi.

    Nounedeb, pas de culpabilité à avoir !! Durez, ma chère, durez ! Et Faites la chronique du monde qui vous entoure, car cela durera pas delà vous et vos os !

    Attention à une certaine idéologie bébête de la repentance et de la honte du consommateur occidental.

    • Langda

      Oui oui, il n’y a pas de culpabilité qui tienne dans le fond, mais je n’arrive pas non plus à me satisfaire d’un « c’est comme ça, c’est la loi du plus fort ». Par ailleurs ces petits bonshommes en pagnes ne sont pas encore éteints, ils sont là, enfin pour nous dans des documentaires ethnologiques qui nous font bêtement culpabiliser. La coexistence existe bel et bien, au contraire. Et même si ce ne sont pas eux qui nous le ferons comprendre, je ne suis pas certain que l’histoire nous donne raison.

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