Les rites sacrificiels des lémuriens de Papouasie

« On trouva la septième victime découpée en morceaux, sur une espèce d’autel de sacrifice… Un vari noir-et-blanc à peine émancipé des mamelles pectorales de sa mère… L’orteil gauche enfoncé dans la truffe… Le pied droit coincé entre les fesses… Et les moignons des cuisses poilues… Cousus dans un parfait triangle équilatéral… Réduit au rang d’une sorte d’abstraction infâme par l’introuvable serial-makiller… Avec les bras en croix… Bien attachés, à l’aide de la longue queue coupée, en équilibre sur la pointe de l’édifice ensanglanté ! L’œuvre sans doute d’un fanatique Lémien… Ou bien… Peut-être encore un coup des Illémunati ?!…»
Bien entendu, le tout premier coupable qui aurait dû s’imposer aux grands yeux globuleux du public lémurien, c’était l’affreux conteur de cette scène dégoûtante. Une créature informe, dont l’imagination toute détraquée ne fonctionnait que sur les corps blessés de ses semblables… Enfin, que dire aussi des milliers de petits makis non moins coupables d’apprécier quotidiennement ce genre d’atrocités ? Rayons poilars bondés, et tous les soirs dans leurs cadres de bois magique, il leur fallait encore absolument de quoi noyer leurs vieux instincts primaires dans deux ou trois bols de lémoglobine… Et puis faut les comprendre, ces pauvres bêtes ! La vie moderne est dure, pour elles aussi… C’est la loi de la jungle ! Heureusement qu’un employé de la police muricipale, hardi héros de notre époque, vient toujours rétablir la paix entre les murs de leurs petites chaumières crevées ! Au terme d’une enquête qui s’étalera sur plus de trois cent soirs de narration, le fictif inspecteur Hapalémo arrêtera donc un meurtrier du nom de Rufus Muridock, qui ne sera d’ailleurs pas plus coupable d’exister que lui.
Voilà où nous en sommes. La Lémurie voudra encore de ces atroces répliques d’anciens rituels sacrificiels pendant des lianes. Quelques rats de palmyrothèque donneront quand même une ou deux lettres de noblesse aux innommables trucs imaginés par notre terrifiant conteur… Et toute une ribambelle de ouistitistes un peu plus inventifs seront broyés sous la meule de l’oubli. Puis un beau jour, la vertu lémurienne triomphera, comme à la fin d’un bon poilar.

lémuriens

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