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RadioOde
(toute une
adolescence
rythmée
par les sorties d’albums
d’un groupe anglais)
je me souviens de nos années Pablo Honey
n’importe qui pouvait jouer ça à la guitare
même les gamins un peu bizarres comme moi
quand j’pensais à une jolie fille
j’avais des problèmes de décompression
mais j’me croyais à l’épreuve des balles
avec mes deux incroyables poumons de fer
la ville brillait faussement sous le plastique
pour me cacher les ossements
et l’esprit des ruelles
(disparaissait)
sous des étoiles
noires
moi d’accord
avec mon ordinateur
et sans surprise
j’allais à l’école en touriste
parmi les robots paranos
et je rentrais chez moi en souterrains
qui me donnaient le mal de ma planète
assez pour passer par-dessus les murs
plus fin et plus heureux
pendu aux airbags
de ma Juliette de sortie de secours
comme un p’tit veinard
que j’étais
nous les ados à
force on croyait plus trop
aux hymnes nationaux
les boîtes de nuit étaient bien trop pleines de crétins
on s’réveillait quand même souvent avec un citron
pressé cherchant comment faire disparaître complètement
les derniers restes d’optimisme accrochés à nos gueules de bois
et c’est comme ça
qu’on oubliait
serrés comme des sardines dans une auto
à s’fumer des pyramides orientales
c’est pas nous qui faisions les dollars
ou sortions les couteaux
on se battait plutôt contre une armée de quiproquos
dans cet état il était tout à fait possible d’avoir tort
surtout quand on chassait la P’tite Ourse
sous la grande baie vitrée de chez mon père
avec toute sa vaisselle en équilibre sur le pif
jusqu’au petit matin
mais maintenant
certains
ont dit bye bye
aux bandits
se sont mariés
filent vers la lune
ont retenu
que 2 + 2 font 5
comment s’asseoir au rouge
s’lever au vert
ou dormir la nuit
en s’laissant
gentiment sucer l’sang
d’autres sont juste là
et mon lapin est mort
de la myxomatose
voilà pourquoi
je pêche des poissons tout bizarres
les panards dans un arc-en-ciel
et j’ai besoin de rien de plus
assez d’espace pour pouvoir faire quinze pas
une toute petite échelle pour l’imagination
quat’ minutes de sirène d’alarme en cas d’nécessité
et puis j’évite d’avoir de l’ambition dans les idées
elles arrivent bien trop lentement jusqu’à mon cerveau
qui s’épanouit
en régnant sur mes membres
comme une fleur de papier toilette
mais j’ai failli m’en séparer
ça oui
de toute façon
j’aurais jamais cette putain de
piscine en forme de Lune
sur une île déserte
où j’voulais rêvasser en famille

tout en regardant l’époque présente
incendier ses sorcières
avec l’approbation d’obscures plates-formes
alors merci d’m’avoir quand même laissé
toute une identité à me monter moi-même en kit

illustration : Stanley Donwood

À propos de Langda


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