30 mini fables
pour endormir les enfants rapidos



à force d’écouter
les mythes de la forêt
des branches ont poussé
aux oreilles du cerf

les défenses
d’éléphants
sont les restes de luge
d’un mammouth gelé
qui glisse encore
mais sur la lune

elle avait le dos
blond éclatant
puis orangé
rose mauve bleu
la nuit noire
qu’on a tous clairement vu
clapoter dans la rivière
avec nos belles truites arc-en-ciel
mouchetées de petites étoiles

ici les fleurs
ne poussent
pas sous les pas
des vieilles sorcières
mais les sauterelles
pétillent sous nos semelles
dans les fleurs des alpages

c’est pas
un hérisson
c’est une souris
gitane qui vit
dans une bogue
de châtaigne

un jour un merle moqueur inventa le free-jazz
pour se venger de son voisin bricoleur le pic-vert

vu de dessus
au milieu d’une armée de cafards
suffisamment espacés dans le sable blond
le guépard est totalement méconnaissable
mais cette situation est peu fréquente
c’est pourquoi ce dernier
court vite

moralité
la fourmi fit un burn out
et survécut des aides sociales
tandis que la cigale
devint millionnaire sans rien foutre
grâce à un simple tube autotuné

tiens
tiens
une
file
de
four
mis
noires
que
coupe
un
vers

depuis des millénaires
les extraterrestres parlent
à des milliards des terriens
ils s’adressent aux insectes
qu’ils fournissent en exosquelettes
poisons et autres armes chimiques
en les laissant lentement proliférer
mais les humains n’en savent rien

les hommes sont
de grosses mouches à merde
attirées par les villes

nous sommes
les petits rats
qui ont survécu
sous la terre noire
quand les dinosaures
partaient en flammes

l’ornithorynque est un castor à bec de canard
ce qui nous prouve que les chimères existent
et que nous vivons bien dans un monde merveilleux
un peu raté c’est tout

un nuage
se jeta
du ciel et
tout son
troupeau
le suivit
comme des
moutons

l’algue engendra le poulpe
le poulpe engendra le poisson
le poisson engendra le lézard
le lézard engendra le rat
le rat engendra le singe
le singe engendra l’homme
l’homme engendra ensuite
bien des problèmes

qui
tire
les
fils
des
boules
de laine ?
les chats
bien entendu
ils compelotent
pour asservir
la race humaine

il y a bien longtemps
l’Europe était peuplée de chèvres
qui migrèrent en Afrique
où elles furent parquées dans certains arbres
comme dans des H.L.M.
dans l’indifférence
de toutes
les gazelles
qui gambadaient dans la savane

l’oiseau
ce poème de plumes
ancrées sans encre
dans la double-page
du vent

pingouins
en costumes
d’hommes
sur leurs
buildings
d’icebergs
qui fondent

tout le monde la prenait
pour une simple poule
seule Gertrude savait qu’elle était
le dernier
dinosaure

la couleuvre qui voulut s’avaler toute une truite
et s’fit piquer sa proie par un pêcheur flemmard

il y a tant d’amoureux planqués dans ce parc
qu’on y voit parfois surgir de sous les bancs
de petits écureuils roux
pareils aux flammes de ces
passions
discrètes

tels un
périscope
de sous
marin
atomique
la bombe
russe avait
des yeux
de suricate
à l’affût
des regards

avant de se jeter à l’eau
le tigre à dents de sabres
avait lancé un S.O.S.
en morse
à ses potos les lions de mer
pour défier les narvals
et les vieux loups de mer narvalos

autrefois
il existait
une version
marsupiale
c’est-à-dire
avec une
poche sur
le ventre
du tigre
du cheval
ou même
du singe
ce qui aurait
pu donner
des humains
différents
pires ou
meilleurs
mais non
il ne reste que
des kangourous
dans les zoos
et des tatous
écrasés sur
le bord des
autoroutes
australiennes
trop longues

oyez l’histoire de la pieuvre
ivre qui
pouvait écrire huit octosyllabes
à
l’encre de seiche
d’un coup
sans savoir compter

le paresseux
hyperactif
agissait bien trop
normalement
pour gêner
ses congénères

les oiseaux ne volent pas
ils nagent dans l’air
et d’ailleurs les poissons volent dans l’eau
le reste
rampe

comme tous les dimanches
Patrick la taupe était sortie promener
son ver de terre dans une forêt
de racines
plantées
dans la
lumière

le microbe
qui contenait
tout l’univers
se répliqua
à l’infini

le microbe
qui contenait
tout l’univers
se répliqua
à l’infini

le microbe
qui contenait
tout l’univers
se répliqua
à l’infini


À propos de Langda


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