Avant, quand je voyais un paysage qui me plaisait, je prenais des photos. Je prenais des milliers de photos de vacances, je les stockais dans des centaines de fichiers de photos de vacances, et je ne les consultais plus jamais. Je voulais à tout prix capturer la beauté de ces lieux avant de reprendre ma route, mais retranché derrière mon objectif, je passais complètement à côté de leur vraie nature. Naturellement, quand j’ai compris l’absurdité de cette démarche, je me suis mis à essayer de prendre un peu moins de photos, et à garder le temps de regarder subjectivement le monde, avec mes propres yeux. J’ai commencé à contempler vraiment mes points de vue, et en tournant les pages des strates de couches sédimentaires, j’ai appris à identifier mes paysages intérieurs. À mesure que les parois de ma boîte crânienne s’évaporaient parfois dans un ciel panoramique, je ne prenais bientôt pratiquement plus aucune photo, vu que cette grande pupille bleutée plantée dans mes orbites terrestres allait plus loin dans mes pensées, dans la pensée du monde, que n’importe quel instrument de réflexion optique, si performant fût-il. Puis un jour, en été, à la suite d’un départ en vacances un peu précipité, j’ai oublié mon appareil photo mais j’ai quand même pris des poèmes, et j’en ai ramené quelques-uns en couleur…

photo : Smith Smith, « Runny »

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