match nul
(hymne international des rabat-joie qui ne suivent pas le foot)


la plus grande religion du monde

elle a pas 12
mais 11 apôtres

ils sont devenus multimilliardaires

en galopant sur la pelouse
costumés comme des pions

pieds sur une petite Terre revêtue d’un damier

qui mesure 22 cm de diamètre
leurs rituels sont très étranges

c’est comme une commémoration d’anciens combats

dans une église à ciel ouvert
au coeur d’une foule fanatisée

qui multiplie les baptêmes à la bière

parodies de meetings nazis
sur tous les écrans LCD

à l’heure de la prière où toutes les rues sont désertées

un type voit
des

drapeaux flotter sous les fenêtres

À propos de Langda


One response to “

  • Stéphane Bernard

    Je crois qu’on est presque bons pour se lancer dans une Encyclopédie du sport ^^

    Beau dimanche à toi (c’est relâche pour deux jours en Russie et le Middle Sunday à Wimbledon…)

    Métaphysique du tennis — J’aime me représenter le tennis comme une partie d’échecs dont on a simplifié l’effort intellectuel pour le compenser par un décuplement de l’effort physique ; comme une parabole de l’ennui de vivre où deux êtres se renvoient, tour à tour, et au bout d’un temps toujours indéterminé — mais cependant, grâce à quelques paramètres, toujours prévisible et quantifiable — leur vide concentré dans une petite balle fusant vers des angles changeants, avec toute une palette d’effets et une vitesse variée. Dans les gradins s’effectue le même rituel de la catharsis qu’en un paradis ou une fosse de théâtre, qu’en une arène, où sifflets et applaudissements, paroles perturbatrices et hourras se substituent aux pouces tournés vers ciel ou terre. Le court y délimite une géométrie inchangée et qui demeure à jamais le mystérieux socle de l’homme sous l’œil diffus, impavide de l’Instance suprême, de la Loi qui est isolée de lui sur son haut siège, à destination de laquelle quelques injonctions criées de ses ministres sont lancées après que ce précipité de vide se soit immobilisé dans un camp.

    Une allégorie — Quelle allégorie de la vacuité de toute existence humaine que le tennis. On se renvoie une petite boule de rien de l’endroit le plus inaccessible à l’un à l’endroit le plus inaccessible à l’autre ; et chacun y court, à cet endroit le plus vidé de soi — afin de l’évacuer, ce rien.

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