Archives d’Auteur: Langda

À propos de Langda

C'est qui Perrin Langda ?

poésie biologique

les cinq silences
d’une chêne humaine

voir
c’est capter la lumière
pour la photosynthèse
des rêves
que nos esprits
respirent
entendre
c’est quand l’ondulation de l’air
balance nos faîtes
dans le silence d’une forêt
de vains
toucher
on ne touche
personne
les corps de nos vieilles souches
restent tous bien enracinés
à bonne
distance
d’écorce
goûter
c’est comme plonger la langue en pleine terre étrangère
planter comme des racines au plus profondément
d’une gorge aimée
pour y
pousser
sentir
c’est
percevoir
la pourriture
saisir
la décomposition
des vivants
dans
le vent

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poésie biologique

– Papa, en 40-2, y’avait la guerre ?
– En 1942, oui, y’avait la Seconde Guerre Mondiale, une grosse guerre entre tous les pays du monde. C’était…
– Mais Papa, en 60-13, y’avait la guerre ?
– En 1973, oui, c’était la guerre du Viet Nâm, je crois. Une guerre entre…
– Mais Papa, en 50-30-12, y’avait la guerre ?
– 50-30-12 ça existe pas mon bonhomme. Tu veux dire 92 ?
– Oui, en 4-20-12, y’avait la guerre ?
– En 1992, y’avait la guerre en Bosnie, enfin j’étais gamin, je…
– Mais Papa, et maintenant, y’a la guerre ?
– Euh… Ben oui, y’a la guerre au Yémen, en Syrie c’est pas totalement fini, et puis…
– Mais Papa, en 1000-30-12, y’avait la guerre ?
– En 1032, c’était le Moyen Age, ils se tapaient tout le temps dessus. Donc il devait bien y avoir une guerre quelque part, ou au moins quelques chevaliers qui…

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poésie biologique

– Ça y est les enfants, on est arrivés !
– Hein ?! Oh… J’m’avais endormi… J’ai fait un rêve bizarre !
– Ah bon ? T’as rêvé d’quoi ?
– Euh… Je crois que toi Papa, tu étais dans mon nez…
– Hein !? Mais qu’est-ce que je faisais dans ton nez ?
– Ben, tu m’enlevais les crottes de nez, Papa ! Ha ! Ha ! Ha !
– …

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)

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poésie biologique

l’origine de la haine

nous haïssons
nos corps
car ils meurent
nos poils
car ils font « animal »
nos trous
car nous sommes creux
nous exécrons
ce que nous sommes
donc nous abominons
les hommes
qui s’aiment
nous abhorrons
tous ceux
qui ne sont pas
comme nous
surtout s’ils ont
des corps
des poils
des trous

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poésie biologique

7 pages et demie
de ma déclaration de rêves 2019


cette année
je déclare
aux rêveurs
publics

une situation idéale :
salarié du hasard
redépacsé avec tous mes vieux spectres
à peine propriétaire de mes propres désillusions

pour songes
à charge :
4 enfants
une fille de 2 ans
un fils de 4 ans
le gamin de 15 ans qui habite dans ma tête
l’adolescente de 17 ans que je vois quand je te regarde

mes rêves nus :
maître des nuits
quand je sais que je songe
je peux faire apparaître
une image de mon être aimée
pour lui faire tout ce que j’oserais jamais

dons à des illusions fantasmatiques :
merci je donne déjà toutes mes rêveries au vent qui passe par mes oreilles

des doutes :
je paie l’emprunte
d’un rêve d’enfant
abandonné
quelques héros
par moi

prédit

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poésie biologique

pédé

comme un homophobe
qui hait les « fiottes »
les « femmelettes »
les femmes elles-mêmes
et préfère être entre
« Hommes »
or on l’connaît
le gros connard qu’enconne que des cons mais
considère les nanas comme des connes
le type qui aime prendre sa meuf
mais qui n’aime pas vraiment les femmes
car il les prend pour faibles
le vrai gars
qu’hait les gays
mais qu’aime
les mecs
les vrais
les types qu’ont
des vraies bites
on sait tous bien qu’en fait
il déteste seulement le fait
qu’il lui arrive parfois
lui-même
d’aimer
un mec
un mâle
un homme
homologué
même lui le sait
un homme qui hait
les hommes qui s’aiment
se hait
lui-même

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poésie biologique

– Papa ! Papa ! Regarde ce que j’ai trouvé ! Papa !
– Attends bonhomme, je suis occupé là… J’essaie de réparer la vitre électrique de la voiture…
– Mais Papa, c’est pour t’aider, c’est un scoubidoo !
– Un scoubidoo ? Mais qu’est-ce que tu veux que j’en fasse ?
– Mais Papa, c’est trop facile de réparer la fenêtre avec, tu enlèves le fil électrique qui marche pas, et tu mets le scoubidou à la place !

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)

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poésie biologique

poème
tout nu

on hait
ce qu’on est
quand on est nu

on cache nos corps
car on cherche à cacher
qu’on n’est qu’un corps

car comme on n’admettra jamais
de n’être qu’un périssable animal
on s’est imaginé une âme pérenne

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poésie biologique

10 ou 11 tercets
qui ne questionnent
personne

un poème
stoppe-t-il
la pollution ?

faut-il écrire des strophes
contre la catastrophe
du réchauffement climatique ?

ça se mange
une bonne image
quand on a faim ?

une rime riche
ça donne du fric
aux pauvres ?

avec une belle ballade
on peut aider un migrant à marcher ?
empêcher des pléiades de noyades ?

qu’est-ce
qu’un texte
en pleine guerre ?

une phrase peut-elle sauver une femme ?
des faux beaux mots fermer la gueule aux homophobes ?
on peut contrer des cons juste avec un bon son ?

mes vers libres
libèrent
qui ?

qui fait des fables
face aux fakes
des fascistes ?

qu’est-ce qu’un tercet
qui ne questionne
personne ?

illustration : artiste inconnu

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poésie biologique

sons sans sens

cinq mille amis
mais j’suis tout seul
à ouvrir des fenêtres
internes
sur internet
en cliquant
de lien
en lien
sans aucun lien
et c’est ainsi
c’est comme ça
sans rien
donner
à personne
je partage
des pages
sans papier
des infos fausses
chansons sans son
sons sans sens
sans musiciens
opinions de couillons ignorants
points de vue sans vision d’ensemble
phrases engagées sous blazes
ça j’aime
sans blague
j’aime quand
mon fil
se défile
du réel
j’aime
j’aime
j’aime
j’aime
j’aime
mais j’ai
jamais
un gramme
d’amour

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