Archives d’Auteur: Langda

À propos de Langda

13 bonnes nouvelles de notre Univers
qui ne l’empêcheront pas de disparaître un jour


si notre
monde
s’éteint
ce sera
dans l’insouciance
et la douceur pour
quelques chanceux

oui les deux hémisphères
de mes joues se réchauffent
près de toi

mon fils
ce dictateur en herbe
vient d’être renversé
par une démocratie provisoire
qui n’a que quelques jours

enfin
les pigeons
ont cessé
de bombarder
le pare-brise de
notre caisse

les scientifiques ont découvert une planète paradisiaque
aux confins du néant infini de notre solitude universelle
on y accède en songe

l’ours polaire en peluche
n’est plus en voie d’extinction
depuis qu’on a changé ses piles

je crois avoir trouvé la parfaite tête de Turc
le bouc émissaire idéal de toutes mes tuiles
c’est moi

arrêt total
des émissions de nazes toxiques
sur une période d’au moins vingt ans
obtenu après de longues négociations
entre ma femme et moi
nous avons signé un accord
destiné à la préservation
de notre
egosystème

cinq cents
volcans
de haine
cent mille
tsunamis
de larmes
je reste zen

d’accord c’est que des pages virtuelles
mais les humains partagent au moins

racisme
guerres de religions
ou lutte des classes
n’existent pas parmi les fleurs du parc
seulement les pissenlits ont un peu l’air
de prendre le dessus sur les pâquerettes

tout
va bien
il reste juste encore assez de banquise
et de petits morceaux d’icebergs gelés
dans le regard froid
de ma directrice pour
me liquéfier entièrement

les forces du bien ont remporté la guerre
contre les fourmis et punaises du balcon
à coups de pistolet à eau

la paix
dans le
moindre
effort


Le feu
(dessin d’Isabelle Porta)

Lignes de code. Lignes de fuite. Elle copie-colle des perspectives. Des nombres qui vibrent dans l’ombre vide. Impulsions électriques du néant. Des signaux lui dessinent des panneaux. Les câbles et les capteurs caricaturent son cadre d’existence. En cervelle de synthèse. Planète Vénus en haute définition dans les pupilles. Des strates de probabilités sous les sourcils. C’est pas un robot-bonne comme toutes les autres. C’est plus une femme fractale. Décharge mentale. Mémoire vive saturée à plein temps. Elle fait mieux la poussière dans les pièces de son disque dur. Elle essaie même de mettre son destin en ordre. Le Bonheur c’est quand les données sont positives. Le Malheur c’est tout c’qui l’abîme. Dualité porc-femme. Mise en veille cérébrale tous les soirs. La tête ouverte pareille à une petite falaise polymérique. Son visage fuit. Son âme est comme un gaz qui brûle en s’évadant. Le ciel s’allume dans ses neurones artificiels. Elle rêve. J. Euh. Je. Je veux. Je veux le feu. Je veux le feu bleu. Je veux le feu bleu de leurs cieux.


Ventre du vent
« Lune goutte du ciel »


nos corps sont des larmes de lune

nos crânes clairs ou boueux
stagnants tempétueux
traversent les cycles de l’Homme

nos cœurs barbotent
dans les marées du sang


***


(livre d’artistes en deux exemplaires
avec des dessins de Thierry Lambert)



Teaser
pour mon nouveau recueil

après un premier jet de quelques lignes
plusieurs mois de peaufinage intensif
et un passage légèrement douloureux à l’impression
les éditions la vie
est un bobo qui dure parfois longtemps
sont heureuses de vous présenter
notre deuxième recueil de poésies
intitulé
Sidonie
les premiers textes parlent
d’une belle poulpette violette
de couches crados
de peau à peau avec du Bob Dylan
de larmes aux yeux et de montée de lait
les suivants
s’écrivent tout seuls
à mesure qu’on tourne
les pages des jours


Boudiou d’boudiou d’boudiou que j’suis content d’vous annoncer la parution des Maximes de nulle part pour personne, écrites à partir des dessins d’Eric Demelis, en septembre 2017, aux éditions Voix d’encre !

Plus d’infos sur le site des éditions


Quelques dessins légendés improvisés hier après-midi chez Eric Demelis : j’ai essayé de me mettre à l’encre de Chine, mais c’est pas fait pour les gauchers…

 

 


Collier de poèmes
pour Tiphaine

tes yeux en amande
tes formes tendres comme de la frangipane
ta croûte craquante de galette bien dorée

quand je passe
mes ongles
dans tes cheveux noirs
comme du vinyle
j’ai presque l’impression
d’être John Lennon
qui vient de rencontrer
Yoko Ono

il y a assez d’or sur ta peau
pour tous les pauvres
mais je le garderai pour
moi

l’alignement
de tes grains
de beauté
est tous les jours
de bon augure
pour qui
s’y aligne

tiens
un papillon
s’est posé
sur la boule
de ton nez
comme une
paire de
lunettes

jolie carrosserie
si l’on considère
tes lobes d’oreilles
qui rebiquent
comme les deux ailerons
d’une bagnole tunée

ne t’inquiète pas poupée
je suis là pour te protéger
de mes angoisses

ton souffle sur les dunes des Badlands
une caresse sur le ventre du Nevada
main au fond des forêts du Yellowstone Park
je léchais les gorges roses du Grand Canyon
l’Empire State Building se dressait au loin
Old Faithful se réveillait
du souvenir d’un road trip
sur ton
corps

c’est un peu comme si
nous nous connaissions
depuis la nuit des temps
comme si j’avais tellement
écouté tes histoires
imaginé tes souvenirs
ressenti tes peines
réfléchi à tes pensées
qu’elles étaient même
devenues les miennes
comme si les mots
« tu es une partie
de moi-même »
n’étaient pas qu’une
simple expression

je me suis
toujours
senti bien
près de toi
tandis que
tu tricotais
en toute
tranquillité
l’écharpe
de notre vie
avec le fil
des jours

petite graine de pollen d’hibiscus
j’ai eu un sacré coup de pot
le vent t’a fait traverser deux océans
pour te déposer dans mes lorraines

quand tu me regardes
avec les yeux ronds
d’une petite fille étonnée
l’arc de tes paupières
tire une flèche invisible
tout droit dans le cœur
du petit garçon que
je ne pensais plus être

(extraits d’un petit recueil de 34 poèmes
écrits pour les 34 ans d’une certaine personne)


Des extraits de mon recueil Glace Belledonne et le début de L’Aventure de Norbert Witz’n Bong ! sur Poésiemuziketc le blog de Christophe Bregaint :


bédépoème avec Eric Demelis

 


Le côté lumineux de la déchéance


trois moineaux

sortent soudain du bas-côté

…        

escortent ma voiture

à la vitesse lumière

tels des chasseurs intergalactiques

voltigeant dans un couloir de lorraines

puis repartent aussitôt

autorisation

d’entrer dans

le quartier

résidentiel

accordée

mon GPS prononce :

« vous êtes arrivé à destination

bienvenue dans un futur meilleur »

et ma Clio

millénaire se gare

sur un parking fleuri

de tags rebelles

à la surface

d’une étoile

verte


(j’viens pour l’annonce sur leboncoin.fr)


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