Archives de Catégorie: Ici c’est là-bas

– Papa ! On joue aux devinettes des animaux ?
– OK…
– Alors c’est moi je commence ! Euh… C’est quelque chose… Qui a des poils !
– Mais presque tous les animaux ont des poils ! Il faut que tu me donnes un autre indice, sinon je trouverai jamais…
– Euh… C’est quelque chose… qui est comme une fleur !
– Hein ? Ça a des poils et ça ressemble à une fleur ? Mais c’est quoi ce truc ?? Donne encore un indice !
– Il a une barbe !
– Attends… Pourquoi tu me regardes comme ça ? Ce serait pas moi par hasard ?!
– Si ! Bravo papa ! C’était toi !
– Mais je ressemble pas à une fleur ?!
– Si !

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)


– Ouuuuuuuuuin ! Z’ai mal ! Ouuuuuuuuuin !
– C’est rien ! Tu t’es tapé les fesses en glissant sur les dernières marches ! C’est rien ! Plus de peur que de mal !
– Ouuuuuuuuuin ! C’est pas vrai ! Z’ai tombé de tout en haut de l’escalier ! Z’ai très mal ! Ouuuuuuuuuuuin !
– Tu sais, il faut garder une main de libre pour te tenir, là tu avais le radiocassette de Papy dans une main, le sac à Fabuland dans l’autre, c’est pour ça que tu es tombé !
– Ouuuuuuuuuuin ! C’est pas vrai ! Z’avais rien dans les mains ! Ze me tenais ! Z’ai tombé de tout en haut ! Z’ai très mal ! Ouuuuuuuuuuin !
– Ecoute, en fait, moi, j’ai tout vu, tu es tombé du ciel comme une météorite, tu es passé à travers le toit tête la première en faisant éclater tout le plafond, et ta tête a rebondi sur toutes les marches de l’escalier comme ça boum boum boum boum boum boum, et quand tu es arrivé tout en bas ça a fait un choc énorme et c’est ça qui a fait exploser le sac à Fabuland et le radiocassette de Papy qui étaient descendus tout seuls ! Alors c’est bien normal que tu aies mal !
– Ouuuuuua ha ! ha ! ha ! Papa, c’est vrai ! Ze suis tombé du ciel ! Ouuuuuui hi ! hi ! hi ! boum ! boum ! boum ! boum !

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)


– Papaaaa ! C’est qui là, le monsieur avec une épée, sur la statue ?

– C’est le Chevalier Bayard, tu sais, c’est un chevalier, avec son armure, comme le Chevalier Gontran dans l’histoire où il fait boire toute l’eau du lac au dragon rouge…

– Ah oui ! Mais Papa ! Pourquoi il est sur la statue le Sevalier Bayard ?

– Parce qu’il vivait il y a très longtemps, et qu’il était très fort, très courageux, personne pouvait le battre ! Alors c’est pour qu’on se rappelle de lui !

– Ah bon !? Mais Papa ! Il est où maintenant le Sevalier Bayard ?

– Eh ben… Euh… Et ben il vivait il y a très longtemps, tu sais… donc maintenant, ben… il est mort. Tiens ! Ça te dirait qu’on aille voir…

– Mais pourquoi il est mort Papa ?

– … Eh Ben… comme tout le monde, tu sais… Un jour il est devenu vieux, et puis il est mort. C’est c’qui arrive à tout le monde, tu sais… En fait je sais pas comment il est mort, peut-être qu’il…

– Ah oui ! Ze sais, Papa ! C’est ça ! Il y a très longtemps, quand il y avait les dinosaures, un zour, un dinosaure il avait vu le Sevalier Bayard, et le dinosaure il avait mangé le Sevalier Bayard ! C’est pour ça il est mort !

– Ah ben non, c’est pas possible ça mon petit Chevalier !

– Pourquoi ?

– Parce que le Chevalier Bayard, il a une armure toute en fer, le dinosaure il se serait cassé les dents dessus ! Et puis le Chevalier Bayard, il est beaucoup plus fort qu’un dinosaure ! Il lui aurait coupé le nez avec son épée !

– Alors c’est un crocodile qui l’a manzé peut-être, tu sais ?

– Non non, un crocodile c’est bien moins fort qu’un dinosaure, c’est tout tout tout petit à côté ! Bayard il te le taille en rondelles !

– Alors ze sais Papa ! Le Sevalier Bayard il vit dans un sateau, dans le sateau y’avait un voleur, le voleur il a un grand grand sac, grand comme ça, et le voleur il avait mis le Sevalier Bayard dans son grand grand grand sac ! Et voilà !

– Ha ! Ha ! Ha ! Mais c’est peut-être vrai, en tout cas ça me paraît tout à fait plausible tu vois !

– Ou alors c’est le très gros tracteur méssant sur la tablette de Papy, il a roulé à toute vitesse sur le Sevalier Bayard mais le Sevalier Bayard il lui a crevé son peuneu avec son épée et après mon Papa il a regonflé sa roue du tracteur comme avec mon vélo tout à l’heure et il a sauvé tout le monde le tracteur et le Sevalier Bayard et la princesse du Sevalier Gontran !

– Ha ! Ha ! Ha ! Non mais moi je peux pas sauver le Chevalier Bayard, tu t’rends compte ! C’est le Chevalier Bayard qui doit venir me sauver ! Bon, tu viens, on va sauver maman du vendeur de salades…

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)


...

– Papa ! Touzours, tous les zours, y pleut ! On peut zamais se promener ou aller zouer au parc ! Z’en ai marre !
– Eh oui, c’est pénible ! Mais y faut voir le bon côté des choses, au moins ça fait de l’eau, et l’eau, c’est important… Tu sais pourquoi ?
– Ah oui ! Ze sais ! Ecoute Papa ! L’eau c’est important, parce que, ça me fait des guilis à les zambes !
– Heu… C’est pas exactement à ça que je pensais en fait…
– Mais si ! Quand la pluie elle tombe, l’herbe elle pousse ! Et quand l’herbe elle pousse, ça me fait des guilis à les zambes ! C’est pour ça, l’eau c’est important Papa ! Ça me fait des guilis à les zambes, quand ze cours dans le parc !

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)

..


– Papa ! Peux me lire un livre à toi ? Z’aime bien quand tu me lis un livre à toi !
– Commande 760 ?
– On est au Burger King bonhomme, tu crois que j’me promène partout avec mes livres ?
– Mais si, dans ta sacoche, y’a un livre là, z’ai vu !
– Ah ça ? La Vie heureuse, c’est pas moi, c’est Sénèque, un ph…
– Papa ! Tu parles pas ! Tu lis !
– Commande 761 ?
– Ok… J’ouvre au hasard… « Ce n’est pas moi, dit le sage, qui vit autrement que je ne parle ; c’est vous qui entendez tout de travers. Le son des paroles est seul parvenu à vos oreilles ; ce qu’il signifie, vous ne le cherchez pas. « En quoi différons-nous, moi le fou et toi le sage, si… » »
– HA ! HA ! HA ! HA ! HA ! HA ! HA ! HA ! HA ! HA ! HA ! HA ! HA ! HA ! HA !
– Mais pourquoi tu rigoles, c’est pas drôle ?!
– Mais si c’est drôle, y dit des bêtises le monsieur !
– Commande 762 ?
– C’est nous ! Allez ! Go !

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)


– Maman ! Dans nous maison, on va mettre une grande cheminée pour faire du feu avec des fleurs, et comme ça ça sent bon ! Dans nous maison nouvelle, on mettra une marmite de pipi-caca dessus le feu, comme ça le loup y cuit dans mon pipi ! Maman ! Noutre maison ça sera une maison-bac-à-sable, comme ça on peut creuser des baignoires où on veut, et puis aussi, on peut changer les murs des chambres comme on veut ! Hein maman ? Dans nous zardin y’aura un gros robot pour faire fuir tous les papillons, un arbre avec beaucoup de feuilles pour faire une cabane comme au parc, et un tout petit trou comme ça on fait une chambre à l’écureuil ! Hein maman ? Maman ! On aura ça dans nous maison à nous ?

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)


La pelle de la forêt
(lettre ouverte à l’esprit de Jack London)


cher Jacques
de Londres
ici y fait 3°C au soleil
nous on aime bien mais bon

c’était p’t-êt’ pas la peine de m’remercier
d’avoir forcé des centaines de cinquièmes
à lire tes livres

en m’faisant jouer
au chien d’traîneau
charriant une poussette
tout-terrain installée
sur une
luge

tu sais
j’ai l’impression qu’mon fils et ma nana
s’prennent un peu trop pour des trappeurs
quand ils me crient
« PLUS VITE PAPA !
PLUS VITE ! » en équilibre
là-d’ssus

mais comme
j’ai encore une pépite
de sept ou huit kilos
qui dort
dans mon
traîneau

et qu’ma
mine d’or
c’est leurs
éclats
de rire
quand
j’m’étale
dans la
neige

j’veux bien
qu’tu d’mandes à tous tes personnages
si y’a une aut’ manière de braver la poudreuse en famille
quand on n’a ni raquettes ni skis et deux gosses en bas-âge
vu qu’y s’y connaissent bien
asskip’

PS : tes romans du Grand Nord
est-ce tu t’imagines où j’me les fourre ?

et mes fourrures
j’te dirai pas
où j’les capture
quand j’me réchauffe
près du feu
de ma
meuf


– Papa, as peur des éléphants toi ?
– Bien sûr que j’ai peur des éléphants !
– Mais non ! As peur de rien toi ! Es très fort !
– Oui, bon, d’accord, mais là, quand même, un éléphant c’est très gros, je peux rien faire moi…
– Mais toi tu es très grand papa ! Beaucoup beaucoup !
– Alors oui, certes, mais pas assez quand même… Moi à côté d’un éléphant je suis tout petit et j’ai très peur, tu sais c’est normal d’avoir peur quand on fait pas le poids, c’est même plutôt raisonnable en fait…
– Mais tu sais, si y’a un éléphant, ze te protèze moi.
– Ah bon !? Et comment tu vas faire ?
– Si y’a un éléphant, toi tu rampes, et moi je te tire par les pieds ! Comme ça !
– Ha ! Ha ! Ben dis-donc ! Maintenant j’ai plus peur !
– Non ! Écoute ! Après il faut on court tous les deux très vite !
– Ha ! Ha ! Ha ! Mais c’est vrai ça ! Vite vite !
– Et il faut bien attacher les bottes ! Sinon on va tomber et l’éléphant il va nous attraper !
– Waouh ! Je me sens prêt à affronter des éléphants maintenant ! Et même des lions !
– Papa, as peur des lions toi ?

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)


manuel de grammaire pour les jeunes mamans top-modèles


la première langue
d’une larve d’homme
c’est des
larmes

la deuxième
quand il fait
risette

après
(syllabes mots phrases poèmes romans traités de linguistique…)

ben c’est du babillage


– Papa, c’est quand on arrive chez Papy et Mamie ?
– Bientôt, dans un quart d’heure…
– Papa, c’est quoi un quart d’heure ?
– Un quart d’heure c’est le temps de regarder trois épisodes de Peppa Pig.
– Papa, m’ennuie moi.
– Eh ben dans un quart d’heure tu t’ennuieras plus.
– Papa, quand c’est un quart d’heure, m’ennuie plus. Mais quand c’est deux heures, m’ennuie encore.
– Hein ?
– Quand c’est deux heures, m’ennuie encore. Mais quand c’est treize, m’ennuie plus.
– Euh, je comprends pas là… À treize heures tu t’ennuies plus ? Mais là c’est dix-sept heures !?
– Mais non ! Quand c’est krinze heures, m’ennuie encore. Mais quand c’est un deux trois, sept six neuf, vingt et un, vingt deux, m’ennuie plus. C’est facile !
– Ah oui, à vingt et une heure ou vingt deux heures, tu dors, alors forcément, tu t’ennuies plus. C’est ça ?
– Ben oui, tu vois c’est facile !
– Euh…
– Papa, c’est quand on arrive chez Papy et Mamie ?

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)


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