Archives de Catégorie: la vie est un hoax

Un conte de fées tout à fait vraisemblable au 21e siècle :
« L’histoire de la princesse Courrielle et du prince Chargement »

un jour
mon ordi portable
et celui de ma femme
ont eu
une jolie petite tablette
qui en épousa une autre
et enfanta
toute une ribambelle
de smartphones
trois
générations d’appareils
que partagent une famille
connectée
ils eurent beaucoup d’écrans
et vécurent chacun dans leur
coin


Les pieds sur Google Earth
et la tête dans le cloud

 

dans mon pc
j’ai soixante mille gigaterras de fausses photos d’anniversaires
des décennies de fichiers vidéos sur ma petite vie idéale
et tout un siècle de diaporamas de souvenirs de ma propre vacance
les hautes résolutions en milliards de pixels de tous mes paysages existentiels
en fait je les garde pour quand je pourrai plus bouger du tout
quand le système aura connecté mon cerveau à un cœur de synthèse
pour exploiter l’espace inusité d’une mémoire personnelle infinie
disons un millénaire avant mon décès programmé
alors là oui j’aurai enfin le temps de regarder tout ça
de voir toute ma toute petite vie défiler en images
flash d’une éternité en mémoire flash
avant de rendre l’âme
à une sauvegarde
en ligne
😉


l’indicible
(mon cul)

la poésie
n’est pas
une fontaine
de jouvence
mais
celui qui en écrit
sera considéré
comme jeune
jusqu’à quarante cinq ans au moins
tu rêves de séances dédicaces
entouré de mamies folles de toi ?
de lectures endiablées
devant un public de grands-pères endormis ?
et de crouler sous les exemplaires auteur
après avoir attendu des années
que la sortie de ton recueil auto-oublié
n’intéresse pas la moindre librairie ?
alors comme ça tu voulais être un grand poète ?
meurs
reviens nous hanter
dans trois siècles
écris comme il y a cinq cents ans
en rimes ABBA riches ou suffisantes
ou alors écris juste n’importe quoi
ça te donnera un air surréaliste
mais n’oublie quand même pas
d’inscrire ton blaze
au mouvement littéraire
qui est au programme
du bac
(des fois
qu’un prof
fasse lire
ton livre
…)


T’es triste
dans ton âme boy ?

as-tu trouvé ta place
dans la partie de Tetris
des embou-
teillages
ce matin ?

je veux dire tu
préfèrerais t’insérer
dans le flux infini
ici ou plutôt là ?

file de
gauche
ou de
droite ?

si tu atteins la bonne case de la ligne d’horizon
celle-ci disparaît-elle en allumant son clignotant ?

oh t’y
penses
au pied
des bâtiments
qui s’amoncellent
ou tu
bloques
la route ?


si j’avais su bébé
ce jour où tu t’es allongée auprès de moi sous un buisson
à l’arrière de notre lycée avec une bouteille de Pisang Ambon
que dix-sept ans plus tard tu m’aurais fait deux beaux bambins
j’aurais peut-être pas perdu du temps avec d’autres nénettes
j’aurais peut-être pas goûté seulement à la boisson
j’aurais peut-être plus fumé ton mec si j’avais su bébé
ce jour où tu t’es allongée auprès de moi sous un buisson
que toutes ces rêveries roulées dans l’herbe bleue
j’aurais bien pu risquer une ou deux bosses
j’serais resté pour t’embrasser
j’aurais pas fui avec la sonnerie
si j’avais su bébé
chérie

(ronds dos
à quatre reins)



si j’me rappelle de mon adolescence
comme d’un rêve à moitié réveillé
c’est pas vraiment qu’elle était merveilleuse
juste qu’on avait des nuages dans le sang
et des poissons dans nos bagnoles fumeuses
chez nous quand une fille t’embrassait
c’était avec la langue menacée par les braises
elle te soufflait son âme jusqu’au fond des poumons
le lendemain t’avais du bitume dans les bronches
tu t’enfermais dans un cube de dix mètres carrés
récupérais en jouant à bastonner des vers de terre
puis la nuit revenait avec ses étoiles en béton
et les copains s’prenaient à nouveau pour des visionnaires
sauf que l’un d’entre nous avait tout bonnement des visions…


(sonné)


23 jolies petites choses simples
à emporter dans un bunker en cas d’apocalypse


ce sympathique
bonhomme de neige
fait d’eau solidifiée
qui fond avec le temps
c’est toi

poème pour garder
ton popotin asiatique
dans un p’tit haï-cul

chérie
nos chairs
rient
pleurent
et nous
on meurt

c’est le dernier poème du monde
bon ben manque de bol il est raté

il existe un pays
de fleurs des champs
où les brins d’herbe
uniformes et les pétales
de toutes les couleurs
vivent ensemble

du
haut
de vagues
cimes aux falaises
d’écume un ouragan de calcaire
me tourbillonne parfois dans la matière grise

oh non le soleil a plongé dans la plaine et je suis tout éclaboussé d’horizon

voilà je me
suis bricolé
une cabane
pour les enfants
dans la caboche

des truites mouchetées de petits astres noirs
dormaient sous les reflets dorés du crépuscule

regarde
dans les lumières de notre ville
les étoiles qui scintillent dans la nuit
se regardent

ah
chier
une
heure
durant
en faisant
descendre
son flux
d’actus
avec

il est à qui le petit pied ?
il est à qui le joujou ?
à qui les vingt ans d’école ?
elle est à qui la tuture ?
qui c’est la jolie madame ?
il est à qui le crédit ?
à quiqui la tontombe ?

soleil divin
étang paradisiaque
traversée en kayak pneumatique
l’âme bien gonflée
de vent

l’urine d’un
dieu coule
des cimes
pissa-t-il
dans l’eau
du fleuve
ensoleillée

nuit du slip
sous un drap de chaleur
j’enfile un souvenir de pyjama en neige
et disparais sous une quadruple couette de nuages

ta culotte de soi
ton soutien-gorge en oit’
la lingerie de ton âme

nuages violets
un ciel tout bleu
les monts verts
des galets blonds
ta peau d’orange
mes joues rouges
bel arc-en-ciel

papa
l’aime très fort toi
l’aime fort cam’ça
ai rien zeté moi
ai pas zeté le livre à toi
ai pas zeté à la fenêtre
l’aime très fort toi
veux garder toi pour
toute la zournée

jackpot d’automne
il pleut des pièces d’or dans les bois
des rubis poussent aux érables
les lutins font péter tous leurs billets verts

plus
rien à lire ?
écris ici
le poème de
tes rêves :
______
________
_______

tatie vole
tonton déraille
papy répare le vélo dans sa tête
mamie tricote la route des vacances en famille

arrreuh
sourire
souvenir
heureux

un payzzage
quatre saisons gourmand
avec prairies de roquette
océan de roquefort fondant
forêts truffées de gros cèpes
bataille de boules de mozza
c’est mon plat préféré
s’il-vous-plaît


30 mini fables
pour endormir les enfants rapidos



à force d’écouter
les mythes de la forêt
des branches ont poussé
aux oreilles du cerf

les défenses
d’éléphants
sont les restes de luge
d’un mammouth gelé
qui glisse encore
mais sur la lune

elle avait le dos
blond éclatant
puis orangé
rose mauve bleu
la nuit noire
qu’on a tous clairement vu
clapoter dans la rivière
avec nos belles truites arc-en-ciel
mouchetées de petites étoiles

ici les fleurs
ne poussent
pas sous les pas
des vieilles sorcières
mais les sauterelles
pétillent sous nos semelles
dans les fleurs des alpages

c’est pas
un hérisson
c’est une souris
gitane qui vit
dans une bogue
de châtaigne

un jour un merle moqueur inventa le free-jazz
pour se venger de son voisin bricoleur le pic-vert

vu de dessus
au milieu d’une armée de cafards
suffisamment espacés dans le sable blond
le guépard est totalement méconnaissable
mais cette situation est peu fréquente
c’est pourquoi ce dernier
court vite

moralité
la fourmi fit un burn out
et survécut des aides sociales
tandis que la cigale
devint millionnaire sans rien foutre
grâce à un simple tube autotuné

tiens
tiens
une
file
de
four
mis
noires
que
coupe
un
vers

depuis des millénaires
les extraterrestres parlent
à des milliards des terriens
ils s’adressent aux insectes
qu’ils fournissent en exosquelettes
poisons et autres armes chimiques
en les laissant lentement proliférer
mais les humains n’en savent rien

les hommes sont
de grosses mouches à merde
attirées par les villes

nous sommes
les petits rats
qui ont survécu
sous la terre noire
quand les dinosaures
partaient en flammes

l’ornithorynque est un castor à bec de canard
ce qui nous prouve que les chimères existent
et que nous vivons bien dans un monde merveilleux
un peu raté c’est tout

un nuage
se jeta
du ciel et
tout son
troupeau
le suivit
comme des
moutons

l’algue engendra le poulpe
le poulpe engendra le poisson
le poisson engendra le lézard
le lézard engendra le rat
le rat engendra le singe
le singe engendra l’homme
l’homme engendra ensuite
bien des problèmes

qui
tire
les
fils
des
boules
de laine ?
les chats
bien entendu
ils compelotent
pour asservir
la race humaine

il y a bien longtemps
l’Europe était peuplée de chèvres
qui migrèrent en Afrique
où elles furent parquées dans certains arbres
comme dans des H.L.M.
dans l’indifférence
de toutes
les gazelles
qui gambadaient dans la savane

l’oiseau
ce poème de plumes
ancrées sans encre
dans la double-page
du vent

pingouins
en costumes
d’hommes
sur leurs
buildings
d’icebergs
qui fondent

tout le monde la prenait
pour une simple poule
seule Gertrude savait qu’elle était
le dernier
dinosaure

la couleuvre qui voulut s’avaler toute une truite
et s’fit piquer sa proie par un pêcheur flemmard

il y a tant d’amoureux planqués dans ce parc
qu’on y voit parfois surgir de sous les bancs
de petits écureuils roux
pareils aux flammes de ces
passions
discrètes

tels un
périscope
de sous
marin
atomique
la bombe
russe avait
des yeux
de suricate
à l’affût
des regards

avant de se jeter à l’eau
le tigre à dents de sabres
avait lancé un S.O.S.
en morse
à ses potos les lions de mer
pour défier les narvals
et les vieux loups de mer narvalos

autrefois
il existait
une version
marsupiale
c’est-à-dire
avec une
poche sur
le ventre
du tigre
du cheval
ou même
du singe
ce qui aurait
pu donner
des humains
différents
pires ou
meilleurs
mais non
il ne reste que
des kangourous
dans les zoos
et des tatous
écrasés sur
le bord des
autoroutes
australiennes
trop longues

oyez l’histoire de la pieuvre
ivre qui
pouvait écrire huit octosyllabes
à
l’encre de seiche
d’un coup
sans savoir compter

le paresseux
hyperactif
agissait bien trop
normalement
pour gêner
ses congénères

les oiseaux ne volent pas
ils nagent dans l’air
et d’ailleurs les poissons volent dans l’eau
le reste
rampe

comme tous les dimanches
Patrick la taupe était sortie promener
son ver de terre dans une forêt
de racines
plantées
dans la
lumière

le microbe
qui contenait
tout l’univers
se répliqua
à l’infini

le microbe
qui contenait
tout l’univers
se répliqua
à l’infini

le microbe
qui contenait
tout l’univers
se répliqua
à l’infini



14 liens sans aucun rapport
à ne copier-coller dans votre navigateur
qu’en cas d’extrême urgence


téléchargez
le monde
en cliquant
dans vos rêves

pire
tout
pire

titre d’article accrocheur et catastrophiste :
« les titres d’articles accrocheurs et catastrophistes
qui jouent sur la montée du terrorisme et des nationalismes
favorisent la montée du terrorisme et des nationalismes »

ce
long
long
long
poème
people
n’a rien
à raconter
mais vous
l’avez quand
même lu

cliquez sur ce poème
nos amours mises à nu
cliquez sur ce poème
nos corps encore en guerre
cliquez sur ce poème
complots secrets accès public
cliquez sur ce poème
c’est nous les p’tits chatons
cliquez sur ce poème

comment faire péter des bombes n’importe où
tout en restant pourtant bien enfermé chacun chez soi
à mélanger les produits de cultures
qui ne se mélangeaient déjà pas trop avant
internet

attention
virus
ma connerie
se propage
aussi

oups
promo en sous-vêtements
sur ma dernière recherche en slip

enlarge
your
poème

sept saisons en streaming
la série qui remplace votre vie
épisode 1 : les bébés hommes sont des handicapés
épisode 2 : enfance égale mensonges sous protection
épisode 3 : dix ans d’études pour apprendre à pleurer
épisode 4 : tout travail est un instrument de torture
épisode 5 : faites des gosses pour qu’ils fassent des gosses
épisode 6 : toi aussi mets cent ans à devenir un vieux con
épisode 7 : partir au ralenti tel un jouet aux piles usées

tiens
un humain connecté
sans aucun lien

tu sais
la vie
est un bon jeu vidéo
le graphisme est vraiment réaliste
tu te ramasses directement les tatanes dans la tête
en téléchargement gratuit et tout s’installe automatiquement
pour qu’elle te fasse payer chaque seconde de bonheur qu’elle te reprendra

veillez
à uploader
votre mémoire
dans le cloud
avant de vous
éteindre

erreur 404
poème introuvable
la page que vous demandez
est dans un livre qui n’existe pas


21 conseils pour rater un poème
sans faire le moindre mal à personne

écrire des poèmes
qui parlent à tout le monde
et dont personne ne parle

chaque poème
est un puzzle
terminé au marteau
une vieille clé rouillée
dans une serrure high-tech
la formule magique
d’une crotte d’oiseau
tombée du ciel

bureau
des poètes
ouvert
de 16h44
à 16h43
le 29 février
des années
bissextiles
impaires

ah oui
au fait
t’es un poète
ou un geek
sur internet ?

tu es le petit frère avorté de l’orfèvre
celui qui reste une saison à l’ouvrage
pour rendre à un diamant
son ancienne
forme de vieux
caillou

chaque
soir
il
comp
tait
les
syl
labes
pour
s’en
dor

les étoiles
infusaient
ses poèmes
de grand-mère
ourlés dans
l’étiolement
de ses mots
à la mode

les poèmes sont aussi des êtres vivants merde
ce n’est pas parce qu’ils sont différents monstrueux ou uniques
qu’ils ne doivent pas être traités comme tout le monde

signe ici : ____
tape 83132
gueule un coup
écris un poème
envois-le
à 13,6 personnes
n’y pense plus

avec économie
cette petite pièce
nous fait le conte
d’une dette mythique
d’une crise intérieure
d’éternels sacrifices
aux croissances infinies
d’âges d’or sans fonds
d’épreuves sans fin

travailler
travailler son
travailler son écriture
travailler son écriture n’est
travailler son écriture n’est pas
travailler son écriture n’est pas un
travailler son écriture n’est pas un travail
————————————————————————
travailler son écriture n’est pas un travail à la chaîne

pourquoi ne pas ouvrir
une boutique de poèmes pour touristes
dans un village d’Ardèche ou de la Côte d’Azur
où l’on vend des figurines qui se ressemblent toutes ?

solo
de poésie
avec la
langue

si ce n’est pas un poème
c’est peut-être un poème

bla bla poète
bla bla rôle
bla bla définition
bla bla soudain
bla bla un poème
bla bla s’écrivit

comment cela
vil paltoquet
ainsi donc tu prétendrois
composer de la poësie
dans un dialecte indélicat et rustre
sans même connoistre les nobles préceptes
de la versification du dix-septième siècle ?

mort depuis cent ans
après une descente en enfer
il se retourna dans sa tombe
et fit carrière en poésie

ici se
dresse
un art « majeur »
et mis à
l’index

le trader crée de l’argent avec rien
le poète ne gagne rien avec de l’or

tout poème
et un tas
de mots vivant
qui s’exprime

« merci
de ne pas me laisser
traîner comme une
vieille chaussette trouée
dans votre crâne après
m’avoir
lu »


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