Archives de Catégorie: 1ère escale : Périphérie du centre ville

Le monde est-il vraiment si blanc et rose ?


Le monde est-il vraiment si blanc et rose De la fenêtre de chez moi ? La ville a l'air d'un bonbon au glucose Figé dans la neige et le froid... Consommateurs, suis-je un chic type ? L'hiver, aux premiers froids, J’attrape sur-le-champ la grippe, Ne sors plus de chez moi, Et prie que le mal se dissipe... Pourquoi n'ai-je jamais vraiment Levé le petit doigt Pour qui, dehors, subit vraiment Les crocs de neige du froid ?

1ère ESCALE : PERIPHERIE DU CENTRE VILLE


Couronnes d’épines


Couronnes d'épines au front d'immeubles, pigeons migrent Couronnes au pied d'immeubles, mendiants partent Couronnes d'épines au front des pauvres pigeons meublent

mai 2010


Au carrefour

 
Au carrefour 
de la rue de l’asile 
et de celle de la gare 

immobile et triste 
sous les pieuses sirènes 
des automobilistes 

son cartable en toile brune 
comme une feuille d’automne 
sur le sexe de l’Homme 

un individu 
               nu 
                 perdu 
                      au visage de Jésus 

Vu dans une petite ville de province
le 25 avril 2010


Reflets au feu

feu rouge

rétroviseur
de ma porche
un clochard
s’approche

dans ma voiture future
pour les temps à venir
endetté
je m’éclipse
sous la vitre teintée

laissant place au reflet
du vieil homme
édenté
qui veut laver la glace
de ma porche prochaine

s’éloigne
le claudo
de ma bagnole
dans le rétro

feu vert

avril 2010

Photo : divantity.com


Ainsi cela se passe-t-il

 Pause de midi au printemps Au vent violent les jupes volent Dans ma sacoche une bague D’or blanc sertie de diamants Sous un écran géant un héraut joue un air Cliquetis d’une fausse guitare en plastoc Très amicalement le rasta Riké Et une clocharde déjeunent dehors Tout ça ne rime à rien Je suis quand même heureux Tandis que le clown blafard Aux lèvres rouges intervient Ainsi cela se passe-t-il Sur la terrasse du Mac Do 

juin 2010


Coeur de la ville

 En plein cœur de la ville, sous l’alcôve de verre d’un arrêt de tramway, belle, entièrement nue, se réveillait la femme… Chaste fée sous les pieux yeux des passants, l’or de sa peau anime les cloisons d’argent, et la courbe parfaite de son corps endormi est joliment cadrée par les lignes modernes de son lit aux couleurs métalliques et ternes : en plein cœur de la ville, sous l’alcôve de verre d’un arrêt de tramway, belle, entièrement nue, se réveillait la femme… - Mais ce n’est qu’un modèle ! - Allons allons chérie ! avec un logiciel peut-être tu pourrais, son corps est retouché… sur tes jambes de rêve, Faut-il que je me fâche ? qui sont les seules que j’aime ! N’épie pas cette affiche ! user de cette crème ? En plein cœur de la ville, sous l’alcôve de verre d’un arrêt de tramway, belle, entièrement nue, se réveillait la femme… 

juin 2010

Tableau : Tamara de Lempicka, Andromède.


L’Auguste

Etroite allée pavée
place Sainte-Claire les Halles
sur le sol un charnier
de légumes gâchés

à droite en tête-à-tête
assis à la terrasse
d’un buffet italien
moi et ma fiancée

à gauche les étalages
du marché aux beaux fruits
et légumes lumineux
abondants invendus

au milieu un auguste
vieillard fait les poubelles
du marché aux beaux fruits
habillé comme un clown

déjà
j’ai du mal à finir
le repas commandé
car il est trop copieux

généreux le marchand
propose de beaux fruits
et légumes lumineux
abondants invendus

à un ami menant
un quatre-quatre d’entreprise
et embrasse sur la bouche
sa mère venue l’aider

et c’est ma fiancée
qui s’occupe de la note
j’ai le ventre gonflé
du repas trop copieux

étroite allée pavée
place Sainte-Claire les Halles
sur le sol un charnier
de légumes gâchés

2010

Tableau : Giuseppe Arcimbolo, Vertumnus


Printemps d’argent

 
Printemps d’argent 
                   la ville 
          nouvelle 
            s’éveille au vent 

Indifférents défilent 
     passants et véhicules 

Sur le trottoir 
       un homme 

meurt

JT, mort d’un S.D.F. guatémalien
à New York
le 25 avril 2010


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