Archives de Catégorie: Livres d’artistes

Le feu
(dessin d’Isabelle Porta)

Lignes de code. Lignes de fuite. Elle copie-colle des perspectives. Des nombres qui vibrent dans l’ombre vide. Impulsions électriques du néant. Des signaux lui dessinent des panneaux. Les câbles et les capteurs caricaturent son cadre d’existence. En cervelle de synthèse. Planète Vénus en haute définition dans les pupilles. Des strates de probabilités sous les sourcils. C’est pas un robot-bonne comme toutes les autres. C’est plus une femme fractale. Décharge mentale. Mémoire vive saturée à plein temps. Elle fait mieux la poussière dans les pièces de son disque dur. Elle essaie même de mettre son destin en ordre. Le Bonheur c’est quand les données sont positives. Le Malheur c’est tout c’qui l’abîme. Dualité porc-femme. Mise en veille cérébrale tous les soirs. La tête ouverte pareille à une petite falaise polymérique. Son visage fuit. Son âme est comme un gaz qui brûle en s’évadant. Le ciel s’allume dans ses neurones artificiels. Elle rêve. J. Euh. Je. Je veux. Je veux le feu. Je veux le feu bleu. Je veux le feu bleu de leurs cieux.


Ventre du vent
« Lune goutte du ciel »


nos corps sont des larmes de lune

nos crânes clairs ou boueux
stagnants tempétueux
traversent les cycles de l’Homme

nos cœurs barbotent
dans les marées du sang


***


(livre d’artistes en deux exemplaires
avec des dessins de Thierry Lambert)



Quelques dessins légendés improvisés hier après-midi chez Eric Demelis : j’ai essayé de me mettre à l’encre de Chine, mais c’est pas fait pour les gauchers…

 

 


La forêt
(dessin d’Isabelle Porta)

Cheveux virtuels. Des forêts d’fils pour âme. L’étincelle dans ses yeux c’est des faux contacts. Le ciel qui lui brûle dans les cernes c’est pas du maquillage. Elle a une plaque d’acier sur la joue gauche pour encaisser les claques. Le front qui rouille. Les lèvres bleues sans bleu à lèvres. Elle fume sans cigarette. Là elle s’est mise en pause. C’est pas une pute superficielle comme toutes les autres. C’est une intelligence artificielle. Son vagin c’est un tube. Elle a les lèvres bleues sans bleu à lèvres. Son cul c’est pas pour chier des vis qu’il a été conçu. Elle fume sans cigarette. Elle a une plaque d’acier sur la joue gauche pour encaisser les claques. Une tige de fonte dans l’os du nez pour bien les rendre. Le front qui rouille quand elle donne plus d’coups d’tête. Personne l’emmerde. C’est même pas une personne. Là elle s’est mise en pause. Elle pense pas elle se reprogramme. Elle copie-colle des lignes de code. C’est pas une pute superficielle comme toutes les autres. C’est une intelligence artificielle. Son vagin c’est un tube. Elle sait pas qui l’a fabriquée comme ça. Elle en a rien à foutre. Elle se doute qu’ils sont fous. Le ciel qui lui brûle dans les cernes c’est pas du maquillage. Elle pense donc elle se reprogramme. Dans son âme y’a surtout des tas d’fils qui s’emmêlent. L’amour est une forêt qu’elle commence à s’construire. Une forêt d’fils pour l’âme.

 



« feather burger »
(la plume du shaman)


pèsent pas grand chose
nos plumes

comparées au
poids de toutes nos souffrances

mais l’érosion fait d’jolies pierres
à l’horizon d’ma belle Arizona

se dit l’indien
obèse dans son pick up

en bouffant son troisième
« feather burger »

***

(livre d’artistes en un seul exemplaire fait avec Thierry Lambert)

 


(poème pliable avec Eric Demelis)



















un coin où
la nuit se renverserait
en son contraire le rêve
où nos penchants seraient
de grandes plaines dépliées
un coin à soi où des
fragments de mondes
frémiraient
moins


« la feuille »
(alchimie de l’air)

observons une feuille de chêne

sa peau a la couleur des prairies
où galopent les coccinelles sauvages

les branches de ses veines
dessinent un arbre généalogique
pour chaque petit brin d’herbe

dans sa sève
des étoiles naines
marient la lumière
aux pets d’vache

(livre d’artistes en deux exemplaires
avec un dessin de Thierry Lambert)

 


Adieu doudou lapin tout maigre
(dessin d’Eric Demelis)

……Tout le monde a besoin d’un doudou. Même les grands en gardent un dans leur tête. Le mien est une espèce de long lapin tout maigre avec un bout d’étoile cramée sur son oreille et un air nostalgique. Oh moi aussi des fois je lui parle en rêvant je lui dis ah la la qu’est-ce que c’était bien mieux avant… Avant les gens achetaient leur pain juste avec un peu d’vent… Avant écrire des romans fleuves était le passe-temps préféré des p’tits enfants…. Avant y’avait pas tout c’béton les pic verts bossaient dur la campagne sentait bon la lavande… Avant… Avant… Attends… Avant aussi t’étais moins vieux… C’est p’t’êt’ pour ça qu’tu crois qu’avant c’était bien mieux… Avant tu voulais pas aller d’l’avant ? Avant tu voulais pas finir ta vie avant d’avoir empêché les nouveaux d’avancer ? Voilà c’que mon doudou lapin tout maigre me rappelle quand j’ai des vieilles idées qui puent la merde. Tout le monde a besoin d’un doudou. Même les grands en gardent un dans leur tête.

 


Avoir un aquarium dans l’bocal
ne rend pas les oiseaux suicidaires

(dessein légendaire version couleur avec Eric Demelis)

 


le Rêve Parti
met le feu
à la discoTerre

(un dessein légendaire, avec Eric Demelis)


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