Archives de Catégorie: Livres d’artistes

bouts d’coquille
(livre d’artistes en deux exemplaires avec Thierry Lambert)

on a trouvé
ton plus vieil ancêtre
c’est juste une algue
dans une flaque

pour la lune
même les âmes
ont une ombre

les reptiles au sang froid ont un cœur de lumière
sauf quelques faux serpents du nouvel an chinois

quand
la nuit
pleure
les étoiles
luisent

 


et encore un nouveau dessein légendaire avec Eric Demelis


Ceux qui voient trépasser les poissons comme des nuages


(livre d’artistes en un exemplaire

avec Eric Demelis)

On nait au milieu d’un voyage. On pousse en territoire hostile. On apprend à ramper sous les regards humides. On marche en titubant. On marche. On bute sur une barrière. On marche ailleurs. On baragouine une langue inouïe. On tombe encore sur une frontière. On grandit dans une autre direction. On grimpe sur les années. On court après les souvenirs. On s’arrête sur un mur d’injustice. On transgresse les limites. On franchit les frontières interdites. On a les barbelés qui poussent. On s’arrache toute la peau. On perd son propre corps. On déménage. On s’expatrie. On change de ville. On change de vie. On atterrit à la lisière d’autrui. On s’y retrouve sans papier ni passeport. On s’installe dans un bidonville d’une ville bidon. On campe juste à côté du cul d’une femme. On prend une barque en direction du cœur humain. On s’entasse dans un bar ballotté par les vins. On coule direct. On rejoint des milliards de noyés. On squatte au fond d’un ciel de solitude. On pleure tout un cimetière marin. On a tous traversé les pays de vingt vies. On stagne avec tout ceux qui voient trépasser les poissons comme des nuages

;;;


l’arrosoir à rosser

quand un porc fuit la crasse…

c’est p’t-êt’ qu’un clebs en brêle le presse…

c’est p’t-êt’ qu’y tracte la bruine…

c’est p’t-êt’ pou’l’blé d’une poule fute-fute…

.
..

..

(livre d’artistes en deux exemplaires avec Colette Reydet)

 


un nouveau dessein légendaire avec Eric Demelis


l’esprit des lunes
(fumeur de poèmes)

shoobig-bang

ce soir
le ciel
est un délicieux
space cake géant

un grand rail d’aurore boréale
avec un peu de poudre de réel

après si vous voulez
j’ai aussi des rivières
d’étoiles à picoler

(livre d’artistes fait en deux exemplaires avec Thierry Lambert)


Bêtes à tête


ton cerveau est un escargot

un peu cochon
il fait l’amour
comme un lapin
mais à ses rêves

un jour
c’est une
poisson
coincé
dans son
bocal

l’autre
une vraie
poule aux
œufs d’or

ces jours-là prends en soin
il se pourrait qu’il accélère un peu
ne te laisse surtout pas
distancer par
ton limaçon

avec un peu de chance
tu te retrouveras
tête à l’envers
moustaches en l’air
le groin
au ciel

***

(livre d’artistes leporello réalisé avec Colette Reydet à l’exposition Autour du livre d’artistes, mairie de Rives, visible encore aujourd’hui de 10h à 18h)


Aujourd’hui, j’ai légendé un nouveau dessin d’Eric Demelis


LE PROFIL DU BOULEAU

dix-septième livre d’artistes
de la collection Apostilles
de Danielle Berthet

Réalisé dans l’atelier de l’artiste
en 12 exemplaires
numérotés et signés

20 €

Le texte des livres de cette collection est intégralement et uniquement constitué de notes de bas de pages dont le référent a malencontreusement disparu.

Les images de couverture sont des assemblages des photos et des travaux de gravure, peinture, encres… de Danielle Berthet, plasticienne qui a réalisé et participé à de nombreux livres d’artistes.

 


Le feu
(dessin d’Isabelle Porta)

Lignes de code. Lignes de fuite. Elle copie-colle des perspectives. Des nombres qui vibrent dans l’ombre vide. Impulsions électriques du néant. Des signaux lui dessinent des panneaux. Les câbles et les capteurs caricaturent son cadre d’existence. En cervelle de synthèse. Planète Vénus en haute définition dans les pupilles. Des strates de probabilités sous les sourcils. C’est pas un robot-bonne comme toutes les autres. C’est plus une femme fractale. Décharge mentale. Mémoire vive saturée à plein temps. Elle fait mieux la poussière dans les pièces de son disque dur. Elle essaie même de mettre son destin en ordre. Le Bonheur c’est quand les données sont positives. Le Malheur c’est tout c’qui l’abîme. Dualité porc-femme. Mise en veille cérébrale tous les soirs. La tête ouverte pareille à une petite falaise polymérique. Son visage fuit. Son âme est comme un gaz qui brûle en s’évadant. Le ciel s’allume dans ses neurones artificiels. Elle rêve. J. Euh. Je. Je veux. Je veux le feu. Je veux le feu bleu. Je veux le feu bleu de leurs cieux.


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