Archives de Catégorie: nanopoésie

7 principes
du capitulisme


j’ai toujours mon portemonnaie contre le cœur
juste dans la poche intérieure de mon manteau d’hiver
comme ça si un jour on me tire dessus
peut-être que ma carte gold à moitié vide
et toutes mes cartes de fidélité
jamais finies
me sauveront
de la
vie

autorisation
de découvert infini
sur tous les contes
de fées

bravo mon fils
aujourd’hui tu viens de réussir
à accepter de perdre sans faire de caprice

puub
tout le monde
a besoin de poésie
mais tout le monde
est rempli de poésie
donc la poésie
est invendable
puub

rater sa
vie pour
réussir
ses rêves

ce matin
j’ai embauché quelques enfants esclaves
pour me faire mon café et alimenter ma tablette
puis j’ai séché tout leur village
en chiant dans dix litres de flotte
et je suis sorti
réchauffer l’atmosphère
au volant d’un diesel
ensuite
sur le lieu de mon travail
j’ai habitué cent trente adolescents
à faire comme tout le monde
puis de chez moi
j’ai arrêté deux fleuves
et j’ai brisé le plus petit atome de la réalité
pour poster un poème sur un blog
qui convertit le monde réel en images virtuelles
tout en bloquant devant une grande télé
avec la femme que j’aime
eh oui
c’est ce poème
et je me sens parfois
un peu coupable
mais globalement
ça va

j’ai
deux enfants
une femme
un bel appart’
SVP donnez-moi
un peu de temps
pour en profiter

..


17 boules de neige
à se balancer dans la gorge

(ils sont
les gardiens
du silence)

(un beau jour
un peu de poudre
dégringole du ciel
et ils apparaissent
dans les parcs)

(puis ils
s’évanouissent
se métamorphosent
en touffe d’herbe
ou en crotte de chien
dans la fraîcheur
du redoux)

(c’est ça
le cycle des
bonhommes
de neige)

(cet
agréable
peuple du froid
fait d’eau pétrifiée
prête à fondre c’est
presque toi)

(des
traces

de
pas

dans
la

page
blanche)

(un
fl..c..n
..o..o
…….o
de p..ème
sur la
langue)

(les
confetti
du grand livre
du ciel planent
dans le vide)

(sous
le bonnet rouge
du soleil qui se couche
et la barbe des nuages
ton seul présent
c’est qu’il fait
– 1)

(il
ne reste
que
les squelettes
des
cadavres d’arbres
givrés)

(les grelots
c’est tes dents
qui grelottent)

(l’hiver
c’est du
papier toilette
pour nos grolles
pleines de crotte)

(tu
roules
ta bosse dans
les coups du sort
qui se sont accumulés
par l’effet boule de neige
qui aura donné corps
à ta courte
vie)

(toute
ton enfance
te fait des batailles
de boules de gêne
dans la gorge)

(et tu
te liquéfieras
devant la grâce
d’un rien)

(trois
gouttes
de sens)

(il neige
dans ta
tête boule
versée)




adage universel

en avril
vote futile

en mai
élis le moins laid

(nanopoésie)


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