Archives de Catégorie: Poèmes de mon frigo

Quintil à soulever 100 fois par jour

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un gamin…
c’est un poids dans la vie…

mais…
pas métaphoriquement hein…

le mien…
il s’endort sur mon dos…

quand j’fais…
mes 4 séries d’25 pompes…

en vrai…
c’est même légèrement bien…


Alaska

Alaska planete aurore borealeimage trouvée ici

fondante meringue qui crisse  	comme un  	soleil sous 	les chicots 	claquants       l'Alaska       baignant dans le       whisky glacé       des fjords 	      s'est tracée 	      sur le dos 	      d'un iceberg 	par les pistes de ski	verdoyantes 	d'une aurore 	boréale 		elle est partie 		comme ça : pfuit ! 		vers d'irréelles 		(z)étendues vierges 	      expirer 	      ses rayons       surgelés			dans les grandes surfaces 	     où c'est pour ça 	     qu'il fait si froid 		d'ailleurs 		brrrrrrr

Holistique


source photo : blogoth67

l'hygiène de la neige hâlée dans la nuit claire …............................................... lorsqu'elle s'assied face au miroir découvre la froide haleine hivernale la petite brise la glace et disparaît il ne reste qu'un corps raide et légèrement bleui la psyché en morceaux des bribes de gazouillis et l'aube équivoque

Négatifs

Je ne veux pas dire que les rivières aient autrefois coulé ailleurs que contenues dans de limpides cylindres de plastique qui s'alignent le long de rayons de métal que les océans n'ont pas toujours été réduits en cette poudre blanche que renferment de petits tubes de carton bleu ou que le genre animal ait jamais existé que sous l'apparence d'identiques rectangles de chair homogène stockés dans des coffres frigorifiques et je n'ai pas l'audace de penser que le monde dans lequel nous vivons ait d'ailleurs un jour été d'une autre couleur que blanc, gris, légèrement bleuté et noir ou bien que cette image négative de la réalité ne soit rien d'autre que le froid produit infernal de notre plus grande peur qui est la négation de la vie mais je ne vais pas non plus laisser croire que ce monde ancien n'ait été dangereux qu'en des temps reculés la nature ait poussé en des jardins ailleurs qu'inoffensive sur des parcelles de terre en pot je n'éprouve aucune crainte à l'égard du monde que nous sommes en train de créer

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photo prise ici et retouchée


Message en morse

Ça fait pas rire les mouettes : tel un phoque, le gorfou homophile rampe sur le sol parfait de la banquise antarctique – abandonnant derrière lui la ligne étroite et uniforme, les messes basses des manchots empereurs satisfaits ; « il n'est pas comme nous » avaient-ils murmuré, froids comme des ours polaires, en le voyant se dandiner comme un pingouin – avant de lui péter la gueule. Leur litanie marmotte au loin : « … – Save Our Souls – Save Our Souls – … »

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Illustration : un gorfou parmi les manchots, photo tirée de ce site.


Synesthésie de la sieste


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Tableau : Composition 8, Kandinsky

un bref repos pour l'âme seule – le frais désert de la pénombre et sur les murs blancs de la chambre : « ceux qui ont semé dans les larmes moissonnent dans la joie »... …le Requiem de Brahms sans la fonction repeat afin de m'endormir en l'écoutant disparaître je suis peut-être vraiment mort et à la fin sous ma fenêtre c'est le chœur de l'église qui chante un autre requiem en fait ce genre de chant est vraiment beau quand on l'entend à peine en fond de la rumeur d'un quartier de banlieue souligner avec discrétion la gloire d'un coin de l'univers qu'on ne voit pas c'est mieux ainsi, un bref repos – le frais désert de la pénombre et sur les murs blancs de la chambre : bipements d'un poids-lourd le passage régulier des moteurs de voitures et les coups de marteau d'un vacancier qui frappe sans doute dans son jardin il y a toujours des grillons qui stridulent sous le soleil ardent et des fils de famille qui piaillent ou sautent dans la piscine de leurs parents souffrent et se mettent à chialer pour un rien j'ai passé un moment avec les gens de mon quartier à conduire des voitures et à planter des clous grillé sous le soleil avec les gosses qui plongent et collé une tarte au petit pleurnichard pour aider sa maman à laquelle j'ai cru plaire c'est tout ce qu'il fallait : l'impression d'exister un moment un bref repos pour l'âme seule puis j'ai rouvert les yeux et les murs de ma chambre étaient toujours blancs

Magie des petits riens

(Un calligramme déjà publié et retravaillé, qui n’est pas du tout, mais alors pas du tout d’actualité…)

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photo : Walter Martin et Paloma Munoz, Travelers.

être seul sous le firmament d'un décor de Noël et le bref tremblement au moment où des cieux se détache une floche constellation d'étoiles légères ému d'être véritablement convaincu que quelqu'un ailleurs(peut-être nulle part) secoue la boule à neige

Trouvez l’intrus (grand jeu des vacances d’été)

les schizos les trisos les mythos et les gens normaux les bicos les ginos les chinos les desperados les prolos les gauchos les clodos et les démagos les homos les branlos les sados les bons hétéros les bobos les richtaux les barbeaux les incognitos les idiots les fayots les vieillots et les intellos les pas beaux les nabots les crados les gros biscoteaux les accrocs les bistrots les mégots les poètereaux les bigots les robots les frigos et les esquimaux les ragots des humains et les gens normaux

Je suis sans doute un axolotl

(Texte déjà publié mais retravaillé : la fin est différente)

Je suis sans doute un axolotl zarb et bloqué au stade d'une larve attardée parmi les adultes Et dans les mues de salamandres inachevées et adorables mon corps esquisse qui seule se reforme après toute ablation accepte tout tissu hétéroplaste Il est donc rare que je m'énerve Car si je tchatche en mon natal nahuatl on me trouve inintelligible présomptueux et inepte Alors tout contre la vitre hyaline de mon bocal j'observe certains morceaux mal accordés ensemble du faux décor xochimilquien et de son peuple

Genèse

le premier jour j'ai glandouillé loin des chaînes de l'emploi du temps et des préoccupations vaines tandis que les volets fermés laissaient passer quelques rayons du jour d'été dans la nuit claire et mollassonne de mon appartement le deuxième jour j'ai simplement bullé en regardant le ciel et les nuages s'étendre doucement sur mon balcon à la manière d'un mollusque étalé au fond de l'inouvrable coquillage de ma nouvelle chaise longue azuréenne le troisième jour je m'ai tourné les pouces il me semblait que j'étais à la mer allongé sur la plage d'une île ancestrale parmi les fleurs et les légumes informes qui poussent à la barrière de ma terrasse le quatrième jour j'ai juste fait bronzette traîné vaguement sous le soleil jusqu'en soirée observé les étoiles et joué quelques notes pour célébrer la lune avec un pote taré le cinquième jour j'ai bayé aux corneilles face aux documentaires animaliers voyant venir bientôt la fin de mes vacances le sixième jour il a fallu me reposer quelques questions sur l'intérêt de l'existence ainsi au septième jour fis-je une poésie

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