Archives de Catégorie: Poèmes qui parlent de poésie et n’intéressent donc personne

21 conseils pour rater un poème
sans faire le moindre mal à personne

écrire des poèmes
qui parlent à tout le monde
et dont personne ne parle

chaque poème
est un puzzle
terminé au marteau
une vieille clé rouillée
dans une serrure high-tech
la formule magique
d’une crotte d’oiseau
tombée du ciel

bureau
des poètes
ouvert
de 16h44
à 16h43
le 29 février
des années
bissextiles
impaires

ah oui
au fait
t’es un poète
ou un geek
sur internet ?

tu es le petit frère avorté de l’orfèvre
celui qui reste une saison à l’ouvrage
pour rendre à un diamant
son ancienne
forme de vieux
caillou

chaque
soir
il
comp
tait
les
syl
labes
pour
s’en
dor

les étoiles
infusaient
ses poèmes
de grand-mère
ourlés dans
l’étiolement
de ses mots
à la mode

les poèmes sont aussi des êtres vivants merde
ce n’est pas parce qu’ils sont différents monstrueux ou uniques
qu’ils ne doivent pas être traités comme tout le monde

signe ici : ____
tape 83132
gueule un coup
écris un poème
envois-le
à 13,6 personnes
n’y pense plus

avec économie
cette petite pièce
nous fait le conte
d’une dette mythique
d’une crise intérieure
d’éternels sacrifices
aux croissances infinies
d’âges d’or sans fonds
d’épreuves sans fin

travailler
travailler son
travailler son écriture
travailler son écriture n’est
travailler son écriture n’est pas
travailler son écriture n’est pas un
travailler son écriture n’est pas un travail
————————————————————————
travailler son écriture n’est pas un travail à la chaîne

pourquoi ne pas ouvrir
une boutique de poèmes pour touristes
dans un village d’Ardèche ou de la Côte d’Azur
où l’on vend des figurines qui se ressemblent toutes ?

solo
de poésie
avec la
langue

si ce n’est pas un poème
c’est peut-être un poème

bla bla poète
bla bla rôle
bla bla définition
bla bla soudain
bla bla un poème
bla bla s’écrivit

comment cela
vil paltoquet
ainsi donc tu prétendrois
composer de la poësie
dans un dialecte indélicat et rustre
sans même connoistre les nobles préceptes
de la versification du dix-septième siècle ?

mort depuis cent ans
après une descente en enfer
il se retourna dans sa tombe
et fit carrière en poésie

ici se
dresse
un art « majeur »
et mis à
l’index

le trader crée de l’argent avec rien
le poète ne gagne rien avec de l’or

tout poème
et un tas
de mots vivant
qui s’exprime

« merci
de ne pas me laisser
traîner comme une
vieille chaussette trouée
dans votre crâne après
m’avoir
lu »


Fuck la poésie

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ici se
dresse
un art « majeur »
et mis à
l’index


Stances

I. Soudain vous dégueulez à quatre pattes Sur la route vos entrailles répandues Hors votre ventre ouvert disparaissent Dans ces égouts stomacaux crevés où vous êtes Tombé dissolu par un flot pourrissant De pelures de légumes et autres détritus Infligeant votre chair crevassée infusante (Pour une fois, à présent, démerdez-vous pour Retrouver là-dedans accents et césures C'est ce que nous voulions fut un temps corps et âme Dissolus dans le torrent excrémentiel Et remontant par là où ça et vous êtes arrivés Inonder le papier-cul puant et infâme De leurs vies roses en un soir de soleil levant Où les chiens auraient les yeux rivés au ciel Et les truffes fourrées dans leur propre came Mais soit le cauchemar d'un poète dit fou Ne vous atteint pas et vous êtes seulement Face à l'écran avec vos gerbes de fleurs en pots Votre tisane digestive n'a plus d'effet Il ne vous reste que le dégoût d'un vague dépôt Et votre petit oiseau qui chante sagement Dans sa petite cage non loin du sofa II. (Loin de vos stances enchâssées Loin de vos gouffres fluorescents) Soit la ville vous vomit par un autre chemin Vous - implorant en vain ailes meurtries et tremblotantes Les créations hâlées de votre mer polluée et lascive De s'étaler en amas de trucs et de machins Dans l'air larguant de vieilles mouettes acidulées Sur les balcons de grand-mères tout à fait innocentes Qui feront fondre les forêts et leurs propres cyclamens - Et eux ils seront toujours là sous leurs jolis parapluies roses les chiens Et leurs relations avec leur PQ rose pour se torcher Soit enfin) vous êtes parvenu à boucher les abîmes Vous rapiéçant de sacs plastocs glanés ça et là Le bras d'un pack de bière empli de cendres de mégots boueux Et votre propre sang cueille les nombreux OGM Du corps gargantuesque où bat un cœur évidemment noué Vous voilà vraiment apte à partager la nouvelle alchimie des lilas Inversés s'envolent alors de votre bouche énorme En chaînes d'orchidées dans les rues intestines

L’Antipoème

Les poètsont des gens
Qui écrivdes poèmes
Parlant de poésie

Dans un stylqui ne touche
Que lézautreupoètes
Qui ne les lizmêmpas

Car ils préfèrécrire
Leurs poèmeuzaeux
Parlant de poésie
Que personneuneulit

D’où la question idiote
Qu’on entend tout le temps :
Bordel, ça sert à quoi
D’écrireudes poèmes ?


Pensées

Qu'est-ce qui a fait de vous ce trouble-fête Heureux dans les nuages ou dans les astres ? Tous ceux qui veulent vivre ont le même but Est-ce le bonheur d'un autre qui les frustre ? Vous vous êtes levé sensible un jour Tout à fait dissolu là dans le monde Des arbres, des passants et des voitures Calme et incohérent plein d'inquiétude Les gens vous fuient comme un extraterrestre Ou vous enferment dans des lieux communs Ont fait de vous un doux rêveur (mais rustre Aux discours niais singuliers et brumeux) Vous ne saisissez plus confus modernes Les bavardages des masses nocturnes On vous a décidé perturbé triste Le plus grand nombre pense que vous faites Partie des plus risibles des artistes Enfin, vous comprenez vous êtes poète

Les poètes sont parfois de gros casse couilles

Les poètes sont parfois de gros casse couilles
Ils ne sont pas si drôles qu’ils le pensent
Et vous rabâchent leur souffrance
Ou leur vision du monde à la con

Tout ça vous force à faire marcher votre cerveau
Ce que vous comprenez vous semble déprimant
Et vous détourne de ce qui vous plaît vraiment
Regarder de la merde vautré devant la télé


Je suis sans doute un axolotl

Je suis sans doute un axolotl Zarb et bloqué au stade d'une larve Attardée parmi les adultes Dans les mues des salamandres Inachevé et adorable Mon corps esqui sse qui seule se reforme Après toute ablation accepte Tout tissu hétéroplaste Il est donc rare que je m'énerve Car si je tchatche en mon natal nahuatl On me trouve inintelligible Présomptueux et inepte Et à Xochimilco je porte Aux derniers survivants de mon vieux peuple Le cœur d'une déesse morte Au temple où nul n'est l'adepte

Ecrire des poèmes c’est très narcissique…


Dali, La Métamorphose de Narcisse


Le poète qui dit pouet

Janvier 2011


Ceci n’est pas un poème

Août 2010

Magritte, Les Deux mystères, 1966


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