Archives de Catégorie: poèmes universels pour microbes

ton (h)ombre

les gens
prétendent
haïr la nuit
qu’elle est trop noire
qu’elle est sournoise
trop différente
elle fait peur aux enfants
qu’elle reste avec leurs rêves !
eh oui la nuit les gens
défendent ce genre d’âneries
pourtant le jour ils en ont tous une petite part
toute parsemée d’invisibles micros trous noirs
et cette part on l’appelle une ombre
c’est la part de la nuit
dont le monde nous fait don
la part que le néant nous donne
à protéger
de la lumière
des niais


la Terre est bleue comme un 😉


depuis le fin fond de la cuve grenobloise
le ciel semble rond comme un grand œil bleu
bordé par une paupière de falaises

à la cime de celles-ci
les cyprès oscillent
en un clignement de cils

la pupille blanche
d’un nuage passe

tu te regardes
de l’intérieur

……………………………………..

qu’est-ce que tu vois ?

(poèmes universels pour microbes)


trois grains de sable
sur sept cent soixante-dix-sept milliards
proviendraient tous très vraisemblablement
d’une vieille planète géante
réincarnée

ou d’une ancienne
falaise quasi entièrement érodée
par la légère et souvent presque fugitive
transhumance du calcaire

ou d’un troupeau
de cailloux qui roupillaient
dans le lit d’une rivière

ou du sable doux
dans le souffle du

vent

(poèmes universels pour microbes)


poème d’amour universel

l’âme en fusion
j’suis tout un univers en phase d’approche
qui t’envoie des œillades filantes
depuis des années-lumière
les membres de tes galaxies m’embrasent
quand les miennes frôlent tes courbes et tes globes
j’tire ta ceinture d’astéroïdes
tu sors d’orbite
éclipse totale / partielle / …
escale sur une micro planète
oubliée tout au fond d’un trou noir
où la vie
nait


le jour est juste une illusion

le jour est juste une illusion
le bleu une épaisseur de l’air au soleil
la couleur un essaim de lumière vibrante
nous vivons dans le rêve d’une étoile
un arc-en-ciel sur les gouttes grises des astres
et nous nous chamaillons pour des licornes
qui galopent dans des champs magnétiques
ou sur des nuages de poussière stellaire
le jour est juste une illusion
sacrément
réussie

..

(poèmes universels pour microbes)

.


la nuit du samedi 14 juillet 2018 il ne se passa rien de bien spécial dans la plupart des coins de l’Univers

feu d’artifice
d’étoiles
filantes
comètes violettes
gaz argentés
nébuleuses jaunes et bleues
météores
d’or
la fête nationale
de l’Univers
c’est toutes les nuits

(poèmes universels pour microbes)


bulles

les bulles
les balles
les bols

déambulent
se trimballent
carambolent

dans le babil des fariboles
et des conciliabules

dans le grand métabole global
aux mille globules mobiles

où voilà qu’une cabale de symboles labiles

affabule sur des ribambelles de pierres tombales

(un vieux poème retravaillé… illustration de Tallmadge Doyle)


Mater tes monts m’fait fondre


lingerie
de neige

partie
en luge

dans les nues

(haïcul du printemps)


colibri

je ferme
les yeux
(boum)
j’écoute
mon cœur
(boum)
qui chante
dans la cage
(boum)
thoracique
il me dit :
(boum)
« ton squelette
c’est un arbre »
(boum)
« tes bras
les branches »
(boum)
« tes pieds ?
piètres racines… »
(boum)
« ton âme
c’est du vent »
(boum)
j’ouvre
les yeux
(boum)
il s’envole


humble fresque pour un plafond d’appartement

 


j’observe le plafond blanc
allongé sur le faux-parquet

derrière ce plafond
un autre logement

à la suite de cet appartement
encore une autre case de pierre

après le toit de mon immeuble
un large plafond de nuages

au-dessus des nuages
la grande voûte du ciel

au-delà de la voûte du ciel
un immense firmament d’étoiles

par-delà les étoi…
aïe

j’me suis cogné le front sur une plume d’ange

 


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