Archives de Catégorie: Sonnets

Marthe Matin

Je l'ai gagnée aux cartes, à des catins Avant qu'elle parte, sur ses patins à glace Suivie dans ses balades en bas latin Jusqu'à la charte de ses cheveux châtains Et s'il n'est pas un art qui n'a pas atteint Cette fan de Sartre en souliers de satin C'est la baratte de mon baratin En vérité elle ne s'appelle pas Marthe Martin Et fait de bons gratins quand je joue de la gratte Ou rends hommage à son exquise tarte Tatin.

Détournement de légende et son happy ending tout en finesse

Pour la culture de nos enfants…

La naissance d’Adonis – gravure de Bernard Picart

C'était deux sacrés nanas Affreusite et Persépoildephone Un coup chez l'une un coup chez l'autre je livrais des pizzas Et putain elles étaient vraiment bonnes Alors moi Adeumiss J'ai proposé l'idée d'un plan à trois Ça n'a pas plu à leur mac un certain Zeus Parce que j'étais mineur et j'avais pas le droit Un coup chez l'une un coup chez l'autre je faisais que passer Ma psy a dit qu'étant d'une famille homoparentale Divorcée j'allais reproduire les erreurs du passé Et putain elles étaient vraiment bonnes Alors j'ai insisté enfin elles m'ont offert les joies du sexe oral A trois et pour les remercier moi je leur ai cueilli des anémones

Galant monologue à Hong Kong

« Décroissez ! Ne vous multipliez plus !  La promesse divine est passée ! » Gueule un type – fou à lier, martelant, sous la pluie, Le disque de métal d'un gong [dans les ruelles de Hong Kong : En effet, vus du ciel, Les feux du peuple des terriens – On dirait des étoiles imprimées sur la Terre, Et c'est ce qu'on disait jadis au peuple d'Israël : « Croissez, multipliez, vous deviendrez pareils [à des constellations »... Mais bon, moi, je veux bien qu'il gueule Le flot de ses paroles aux vagues de la foule : Tout le monde s'en fout. Les flots de bavardages [qui sortent du métro L'emporteront, avec son blabla d'un autre âge, [dans le ventre de la mégalopole. Et puis moi, d'abord, je t'aime trop ! Advienne que pourra de notre espèce : Mes paroles t'ont séduite ? Alors faisons un gosse – Notre désir coupable [(c'est marqué dans la Bible) /////

Bref, je me suis réveillé

Au début, je me suis réveillé dans un rêve Allongé sur la pierre, un pied pris dans le roc - Puis au cœur d’un désert, parmi les bêtes fauves, A marcher dans le sel, trop loin de pics trop secs… Ensuite, dans une caravane Pressés par nos hôtes de partir ; Et dans un hôtel cher, sans thunes - Sur la route bouclée, dehors Après, dans une chambre double Décorée pour enfants d’un grand nombre de putes (Puis de barreaux de fer, au sommet d’un immeuble) … A un moment, dans la réalité Avec une barre d’enfer, et pendant dix minutes Complètement paumé, sans savoir où j’étais

Sonnet pour clous (Houellebecq aux pessimistes)



Que le bonheur soit éphémère Ne l’écrabouille pas On s’emmerderait, au contraire Sans des malheurs parfois Suffisamment lourds et intenses Pour goûter pleinement Les phases exemptes de souffrance Où l’on plante nos dents Ô clous fichés dans le réel Que les coups du marteau Assènent de plus belle Dans un volatile concerto Au moment où la mouche Prisait les joies du hasch


Tajine aux pruneaux

Dans la sauce baignant Des criques de pommes frites Un îlot de pruneaux Les pelles des pirates Sont des morceaux de pain Nos doigts sont des pirates Qui baignent dans la sauce Déchirent les patates Ecrasent les pruneaux Et creusent dans les strates Car nous cherchons la chair De l’agneau sur la carte Pris la main dans le plat Mais unis par un pacte Nous partageons la chair D’une ancienne sourate L’agneau est lambeaux Nous conscients de nos actes


Brouillon d’rédac’ sur une rencontre insolite

Quand tu écris des lettres et les timbres Le chien de nos voisins aboient A quatre pattes dans le jardin Tu ouvres la fenêtre et les asperge Dans l'eau bouillante (Moi j'écrivais des lettres et les timbrés Le chien Monsieur Martin Madame Dubois Toute la ferme dans le jardin Tous se la ferment enfin Donc j'ouvre la fenêtre) et les asperges Dans l'eau bouillante Sont juste cuites Ainsi c'est toi qui m'as ouvert ta porte Et l'on s'est régalés en s'accordant de suite

L’erhu de ma voisine

Il faudrait au moins deux fanfares pour pallier
L’absence de ma seule voisine de palier :
Ah ! Quand sonnent les deux cordes de son erhu,
Il n’en sort qu’un seul son dissonant et affreux…

Heureux, lorsqu’elle joue des ballades,
Celui qui a deux boules Quies,
Ou bien qui sort se balader,
Se retrouve seul, et potasse

Le premier tome des Mémoires d’Outre-tombe
En avalant deux grosses tommes de Savoie :
On ne peut mourir qu’une fois !

Le glouton se nourrit toujours à deux reprises,
Et même les unijambistes
Peuvent courir à toutes jambes…


Chewing-gums

Ainsi que dans la neige Nos pas ne laissent pas De traces sur l'asphalte De la ville de Liège L'amour rend un peu con Mais ce sont des chewing-gums Par terre cradingues comme Une nuit de flocons Étoilée qui eux collent Et neigent à l'envers Du sol noir vers le ciel Noir de nos rues piétonnes Oui ! C'est un joli soir Pour picoler mon cœur !

L’Antipoème

Les poètsont des gens
Qui écrivdes poèmes
Parlant de poésie

Dans un stylqui ne touche
Que lézautreupoètes
Qui ne les lizmêmpas

Car ils préfèrécrire
Leurs poèmeuzaeux
Parlant de poésie
Que personneuneulit

D’où la question idiote
Qu’on entend tout le temps :
Bordel, ça sert à quoi
D’écrireudes poèmes ?


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