Archives de Catégorie: Vestibule

poésie biologique

11 poèmes
sans la moindre substance

une
clope ?
nope
je fume
l’air pur
et les faux potes
qui mégotent

aucun alcool ne me coule dans le corps
je picole les sourires de mes gosses qui rigolent

jamais d’
fumette
l’arête
de tes
sourcils
est ma
barrette
de shit

pas de plantes dans les bronches
je suis d’une nature à planer naturellement
dans ma tronche

zéro drogue
psychotrope
mes neurones
ont leurs propres transports
vers une île aux tropiques

ni coco
ni bédo
ni bibine
que dodo
avec mon
héroïne

même
sans came
j’ai l’âme
soul

pas d’eau-de-vie
après la mort
ou le coma éthylique

rien
de surprenant
dans les stupéfiants
ni rien de spirituel
dans les spiritueux
qui te tuent
eux

pas mort philo
pas trop ivre penseur
pas tout à fait défoncé en pensée
pas vraiment camé à l’eau de mer
pas encore trop accro aux rocs
pas…

Voir l’article original 50 mots de plus


poésie biologique

     La prochaine anthologie des éditions de l’Aigrette s’appellera « Traverser ». On peut la précommander en suivant les indications de ce bon de prévente. Voici ma contribution et celle de Jos Garnier pour vous donner un aperçu.

Voir l’article original


poésie biologique

conte personnel

un appareil cérébral inconnu
essaie de s’identifier à votre conte personnel
connectez-vous pour confirmer votre honnêteté

identifiant : bancalepersonne@youpi.boum
mot de passe : ******************

votre identité
n’est pas assez reconnue par
les usagers de cette planète

identifiant : personnebancale@gmal.conne
mot de passe : *******************

votre password
n’a pas assez
de caractère

j’ai oublié
qui j’étais

une nouvelle personnalité
va vous être envoyée
sur votre conte personnel

puisque je vous dis que je ne parviens pas
à me connecter à mon conte personnel

veuillez nous excuser
par mesure de sécurité
nous vous avons déconnecté

de vous
-même

Voir l’article original


poésie biologique

– Bon, tu veux que je t’aide à manger, choupette ?
– Papa, peux me t’aider ? Oui ? T’aide moi manger, euplaît !
– Tiens, voilà, une cuillère pour choupette…
– Papa, peux prender ma choupette, euplaît ? Oui?
– Mais non mais la choupette, c’est toi ! Ça, c’est une fourchette !
– Non ! Papa, est pas choupette ça ! Est choupette !
« Chou-pette », dis. Pompris ?

(la cuisine linguistique avec une choupette)

Voir l’article original


poésie biologique

Vœux du fakir

 

qu’une pluie d’innombrables malheurs
s’abatte sur vous
et vous aide à goûter pleinement
de rares instants de bonheur

réveillez-vous de votre gueule de bois
à l’instar de « Jesus »
vous n’avez plus de prépuce

pleurez, riez, oubliez
voyez combien la vie est belle
apprenez à dompter la magie du fakir
à vivre en harmonie avec le monde
en sortant vos poubelles au moment adéquat
à faire pousser le blé
en charmant les serpents à sonnette
à être heureux avec des pointes de fer
enfoncées dans le cul
et tout un tas d’autres merveilles

que diriez-vous de vous envoyer en l’air ?
d’avoir la consistance d’un nuage ?
de devenir yogi, ou mage ?
et de brûler au cœur de l’atmosphère ?

MES MEILLEURS VŒUX A TOUS
apprêtez-vous, Mesdames, Messieurs, à vivre
une année remarquabl-
ement semblable à la précédente

 

***

 

extrait de Documentaire…

Voir l’article original 4 mots de plus


poésie biologique

blin

voici l’histoire d’un drôle de mot
qui n’exista qu’un an ou deux
dans la bouche d’une ou deux personnes…

quand il a commencé à parler
mon fils avait tendance à mélanger les sons
et comme
je lui disais souvent
« donne la main »
un jour
il s’est mis
à répéter
« ma lain »
« ma lain »
en tendant
la main
puis au fil du temps
c’est devenu
« lain »
et puis tout simplement
comme il a dû
confondre ce mot
avec
« viens »
qui est un peu compliqué à prononcer
à cause des deux sons « v » et « y » mis côte à côte
et qu’à ce moment
il avait du mal avec tous les mots à double consonne
à l’exception du mot
« bleu »
qu’il répétait tout le temps
parce qu’il adorait cette couleur
eh bien
il s’est fait une…

Voir l’article original 72 mots de plus


poésie biologique

La vraie couleur des choses

d’un soleil paumé dans
l’univers en suivant
le tracé des étoiles
un photon percute un
petit grain de poussière
brillant dans un rayon
à la fenêtre et va
rebondir dans un oeil

Quelques nouvelles de Quelques microsecondes sur Terre, sorti aux éditions Gros textes, en 2015 :

– on peut maintenant le commander en ligne sur le site de l’éditeur, deux trois clics et c’est dans la poche, on n’arrête pas le progrès ;

– il y a aussi un article génial dessus sur le blog de l’éditeur, mais bon c’est quand même normal qu’il soit sympa vu que c’est l’éditeur, il va pas non plus cracher dessus ;

une version américaine traduite par Pauline Levy Valensi vient d’en être publiée aux éditions World poetry books, et ça, je suis forcé d’admettre que c’est dix mille fois plus que je…

Voir l’article original 9 mots de plus


poésie biologique

   Les humains travaillent dur. Ils savent même pas pourquoi. On dit qu’ils cherchent peut-être à se trouver de bonnes raisons de noyer leur ivresse. Ou bien des paravents pour cacher leur inutilité derrière. Les humains voient des films d’amour en flague et des films de guerre en famille. Ils ont le droit de s’entretuer si le vent souffle suffisamment loin. Jamais vraiment de s’entr’aimer. Les humains pensent qu’ils vivent sur un grain de sable assez intéressant pour ce qu’ils appellent dieu. Ils font d’étranges cérémonies à l’intérieur de drôles de petits tas de cailloux. Auxquels ils donnent plus d’importance qu’à une montagne ou qu’à un océan. Certains humains se sentent parfois totalement étrangers à leurs semblables. Ceux-là sont plutôt rares et on les considère comme des extraterrestres. En fait les humains-mêmes ne se comprennent pas toujours très bien.

Extrait des Maximes de nulle part pour personne, illustrées par…

Voir l’article original 22 mots de plus


poésie biologique

le traité
du retrait des retraites

quand j’aurai l’âge de la retraite
il n’y aura plus de retraite
l’âge de partir à la retraite
aura lentement été
rétrogradé de quelques siècles
l’espérance de mourir avec
et mon salaire et ma pension
il ne me restera que l’éternel
à trimer pour
des clopinettes
quand j’aurai l’âge de la retraite
il n’y aura plus de retraite
il y aura directement
ceux qui travaillent gratuitement
et ceux qui gagnent tout l’argent
ça sera beaucoup plus simple
comme au bon vieux temps
faudra attendre d’être au paradis
tirer au sort une bonne réincarnation
ou atteindre la paix intérieure
pour gagner
son repos
quand j’aurai l’âge de la retraite
il n’y aura plus de retraite
il n’y aura plus de salaire
plus de travail plus de chômage
plus d’avantages ni privilèges
plus d’aides ni de sécurité sociales
ni CDI ni CDD ni RTT ni RSA

Voir l’article original 258 mots de plus


poésie biologique

t’inquiète il existe au moins une pépite
qui tombera pas aux mains des fils de putes

de la nuit
pour les somnambules
de l’or pour le moindre clou
du feu pour tous les amoureux
et du plomb pour les gros cons
bien des crétins ignorent que le
cœur de la Terre en est plein
on y vient en creusant
dans le sien

(2017)

Voir l’article original


%d blogueurs aiment cette page :