Archives de Catégorie: Voyages désorganisés

Bigorneau

…à Morgan Riet

Bigorneau

si le mouvement universel du vide intersidéral de la voie lactée s’est engouffré dans la spirale de la coquille d’un tout petit bigorneau posé là sur le roc immobile de la fin de semaine (juste à côté de son orteil gauche) c’est pour qu’il comprenne enfin que le sens de sa vie est parti en vacances

Je suis sans doute un axolotl

(Texte déjà publié mais retravaillé : la fin est différente)

Je suis sans doute un axolotl zarb et bloqué au stade d'une larve attardée parmi les adultes Et dans les mues de salamandres inachevées et adorables mon corps esquisse qui seule se reforme après toute ablation accepte tout tissu hétéroplaste Il est donc rare que je m'énerve Car si je tchatche en mon natal nahuatl on me trouve inintelligible présomptueux et inepte Alors tout contre la vitre hyaline de mon bocal j'observe certains morceaux mal accordés ensemble du faux décor xochimilquien et de son peuple

万歳 !

et je regarderais s'envoler les pétales roses des fleurs de cerisiers au ralenti tandis que les pans de ton kimono s'entrouvriraient comme les ailes d'un papillon dans un porno nippon nous parlerions la langue des trampolines et des diphtongues et je chatouillerais ton entrecuisse en sautillant de feuille en feuille comme une balle de ping-pong ta peau serait exsangue ta peau aurait la forme du soleil et la tendresse d'un petit pain bao alors je frapperais le gong tout s'arrêterait soudain et nous aurions de jolis yeux bridés de beaux yeux en amandes un petit nez comme une boule et un visage bien profilé et je serais un asiatique moi aussi, tout comme toi traînant avec mes tongs au sommet des buildings et des temples bouddhistes en faisant « Hi ! Hi ! Hi ! » ou bien « 再见 ! 万歳 ! 谢 谢 ! »

Photo : cellules d’herbe en forme de smileys

Traduction des caractères :

万歳 = banzai
再见 = zaijian (au revoir)
谢 谢 = xiexie (merci)


Carte du Tendre Oulypso

Jamais la nymphe Calypso
ne réussit à persuader Ulysse.

(Homère)

 ... ... ... ... 


 ... ... ... .. 

La jolie boiteuse

Au beau milieu de la zone industrielle Il y a, je vous le jure, au chemin de Un institut qu’on nomme La Haridelle Où vit une gamine bancroche Qui est croyez-le ou non La plus jolie fille de cet institut au nom surprenant et ravissante de félicité Elle est à elle seule un souffle de campagne sur notre zone industrielle Une fenêtre bancale Ouverte sur les pousses tordues des vignes Et chacun de ses pas lorsqu’elle va chancelante Se trémousse et pétille Ainsi qu’un litre de champagne qu’on tirebouchonne A chacun de ses pas de mousse le caoutchouc de sa jambe s’arqueboute d’un air claudicant Et personne ne comprend tchi A sa façon saccadée de tortiller le cul Sans cesse étonnamment sexy Qui dégingande les handicapés illico Si seulement vous pouviez la voir pousser Les fauteuils électriques de ses potes Avec le peu d’espoir qui reste A ces bougres rêvant d’être cybernétisés Et qu’une femme les accepte Tous joyeux et rieurs malgré leur destin Inepte : qui voudra d’elle ? De cette gamine bancroche La plus jolie fille de cet institut qu’on nomme La Haridelle au chemin de Qui est croyez-le ou non La plus jolie fille du monde et ravissante de félicité ?


Rondeau de la Lune


Qui fixera la forme du croissant de Lune entrelacée dans l’ombre du couchant ? Il fallait que tu m’abandonnes et te cambrer blonde gitane itinérante aller tourner dans l’autre sens sur mon insaisissable air de flamenco aller combler les gouffres vacants d’autres galaxies en ruines qui fixeraient la femme en toi qui meurt renaît et danse… Tourne belle ! C’est Toujours le même amant ! Toujours le même feu sautillant et joyeux brûle nos cœurs et nous fascine ! Toujours tremb le le flot versatile du grain charrié dans la rivière et du vent Qui fixera les flammes inconstantes !


Tajine aux pruneaux

Dans la sauce baignant Des criques de pommes frites Un îlot de pruneaux Les pelles des pirates Sont des morceaux de pain Nos doigts sont des pirates Qui baignent dans la sauce Déchirent les patates Ecrasent les pruneaux Et creusent dans les strates Car nous cherchons la chair De l’agneau sur la carte Pris la main dans le plat Mais unis par un pacte Nous partageons la chair D’une ancienne sourate L’agneau est lambeaux Nous conscients de nos actes


Fast food







….




;…

;..









;..
..


….




;…

;..









;..







;..

Plaisir  de vider les patates Dans la boîte à côté du sandwich : Chaque chose est à sa place C’est un repas en tête à tête Les frites baignent dans l’huile Les imbéciles pullulent Comme les bulles pètent Dans mon coca-cola « Allo, c’est moi, t’es là ? » Téléphonent à tue-tête Tous nos voisins de table Quelle chose horrible Avons-nous faite ? C’est ce fast-food Qui nous rend SPEED Vite ! Plus vite ! Bouffe ! La sauce Coule ! U. - S. - A. : love it ! You say ? Yeah…

Je suis sans doute un axolotl

Je suis sans doute un axolotl Zarb et bloqué au stade d'une larve Attardée parmi les adultes Dans les mues des salamandres Inachevé et adorable Mon corps esqui sse qui seule se reforme Après toute ablation accepte Tout tissu hétéroplaste Il est donc rare que je m'énerve Car si je tchatche en mon natal nahuatl On me trouve inintelligible Présomptueux et inepte Et à Xochimilco je porte Aux derniers survivants de mon vieux peuple Le cœur d'une déesse morte Au temple où nul n'est l'adepte

J’accousi, y’accousa

Assis au fond du jacuzzi Avec l'accent des mafiosi J'accousi ! J'ai fait une croix sur les pizzas Sur mes cigares d'Indonésie Et sur les filles de Malaisie Je suis sorti sur la plaza Dénoncer la bande à Gaza Au milieu des paparazzi J'ai dégainé mes deux uzzis Et j' ai buté les yakuzas Je suis comme ci, je suis comme ça Assis au fond du jacuzzi Avec l'accent des mafiosi Y'accousa !

%d blogueurs aiment cette page :