(bédépoème : texte bibi, dessins Eric Demelis)

 

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21 conseils pour rater un poème
sans faire le moindre mal à personne

écrire des poèmes
qui parlent à tout le monde
et dont personne ne parle

chaque poème
est un puzzle
terminé au marteau
une vieille clé rouillée
dans une serrure high-tech
la formule magique
d’une crotte d’oiseau
tombée du ciel

bureau
des poètes
ouvert
de 16h44
à 16h43
le 29 février
des années
bissextiles
impaires

ah oui
au fait
t’es un poète
ou un geek
sur internet ?

tu es le petit frère avorté de l’orfèvre
celui qui reste une saison à l’ouvrage
pour rendre à un diamant
son ancienne
forme de vieux
caillou

chaque
soir
il
comp
tait
les
syl
labes
pour
s’en
dor

les étoiles
infusaient
ses poèmes
de grand-mère
ourlés dans
l’étiolement
de ses mots
à la mode

les poèmes sont aussi des êtres vivants merde
ce n’est pas parce qu’ils sont différents monstrueux ou uniques
qu’ils ne doivent pas être traités comme tout le monde

signe ici : ____
tape 83132
gueule un coup
écris un poème
envois-le
à 13,6 personnes
n’y pense plus

avec économie
cette petite pièce
nous fait le conte
d’une dette mythique
d’une crise intérieure
d’éternels sacrifices
aux croissances infinies
d’âges d’or sans fonds
d’épreuves sans fin

travailler
travailler son
travailler son écriture
travailler son écriture n’est
travailler son écriture n’est pas
travailler son écriture n’est pas un
travailler son écriture n’est pas un travail
————————————————————————
travailler son écriture n’est pas un travail à la chaîne

pourquoi ne pas ouvrir
une boutique de poèmes pour touristes
dans un village d’Ardèche ou de la Côte d’Azur
où l’on vend des figurines qui se ressemblent toutes ?

solo
de poésie
avec la
langue

si ce n’est pas un poème
c’est peut-être un poème

bla bla poète
bla bla rôle
bla bla définition
bla bla soudain
bla bla un poème
bla bla s’écrivit

comment cela
vil paltoquet
ainsi donc tu prétendrois
composer de la poësie
dans un dialecte indélicat et rustre
sans même connoistre les nobles préceptes
de la versification du dix-septième siècle ?

mort depuis cent ans
après une descente en enfer
il se retourna dans sa tombe
et fit carrière en poésie

ici se
dresse
un art « majeur »
et mis à
l’index

le trader crée de l’argent avec rien
le poète ne gagne rien avec de l’or

tout poème
et un tas
de mots vivant
qui s’exprime

« merci
de ne pas me laisser
traîner comme une
vieille chaussette trouée
dans votre crâne après
m’avoir
lu »

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à quoi ça sert ?
poème pour ados décrocheurs de Lune



à quoi ça sert
d’étudier la grammaire
et les matières scientifiques
ou d’apprendre ses cours d’Histoire ?

à quoi ça sert
de faire des études longues
de se poser des questions compliquées
d’écrire des pages et des pages et des pages
sur des sujets qui n’intéressent personne ?

à quoi ça sert, aussi
de tout laisser tomber pour un boulot idiot
qui nous ennuie plus ou moins royalement
pour au moins les trois quarts du temps
et ne nous rendra vraiment heureux
que pendant trois semaines de vacances ?

et puis, d’ailleurs, à quoi ça sert
d’avoir rasé les forêts vierges
et recouvert la Terre de macadam
de routes de ponts et de parkings
d’immeubles de plus en plus hauts, de tours en béton
de panneaux indicateurs, d’enseignes publicitaires
qui nous maintiennent dans une atmosphère de croissance ?

tant qu’on y est, à quoi ça sert
les rivières, les fleuves, les lacs, les mers, les océans
les montagnes, les falaises, les vallées, les forêts, les prairies
les aigles, les pieuvres, les tigres, les hannetons
les boucs, les bœufs, les poules, les hommes
les chrysanthèmes, les orchidées, les pâquerettes, les hortensias
et les feuilles des arbres, les baobabs, les cocotiers
et les couchers de soleils, et les jours, et les nuits, les saisons
………………………………………..les années, et les siècles ?
c’est vrai, à quoi ça sert
la Terre, la Lune, le soleil, les planètes et les satellites
et le système solaire, qui tourne dans le vide
et les comètes, et les étoiles filantes, et les ceintures d’astéroïdes
et les étoiles, les blanches, les rouges, les naines et les géantes
et les supernovas, les nébuleuses et les trous noirs
et la voie lactée, les galaxies et la matière noire
et la totalité de l’univers, et même, le reste
et le type qui a fait tout ça, à quoi il sert, lui ?

sans blague, au fond, à quoi tu sers, toi ?
à quoi ça sert de demander à quoi ça sert ?

***

(un vieux poème exhumé pour un recueil en préparation…)

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un nouveau bédépoème avec Eric Demelis

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...


les avions tracent des traits dans le ciel

………………………………………………………

les falaises tranchent les monts

les pistes de ski vides taillent les forêts l’été

les champs carrés quadrillent toute la vallée

………………………………………………………

les rues la ville


les murs séparent les hommes

les peaux isolent les âmes

les mots découpent le blanc des pages

………………………………………………………

ce poème lui
reste un


(j’ai oublié mon appareil mais j’ai quand même pris des poèmes,
recueil bientôt fini)

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11 infos choc
qui prouvent bien que je suis un super saiya-jin


mes cheveux ne deviennent pas blonds quand je m’énerve
mais plus j’me la coule douce plus ils poussent vers le bas

mon beau-père est quasiment chauve
ma belle-mère a beaucoup de tortues
ma femme a le dos rond comme une carapace

les nouveaux muscles
de mes poignées d’amour
ont fait péter mes jeans
depuis longtemps

combo de claques inattendues
projection dans un futur noir
méga bastos du temps qui s’barre
j’encaisse les attaques
de la vie

dès que
je meurs
de rire
un serpent
me rappelle
à mon spleen

je pense à un endroit
et je me téléporte
dans un nuage magique

poilu comme un
gorille géant à la
Lune
pleine
de poils

j’aimerais
fusionner
avec celle
que j’aime

mon aura
de flemme
détruit tout
ce qui m’entoure
par maladresse

toute
mon énergie
concentrée
dans une boule
de papier brouillon
jetée à la poubelle
avec un poème
dedans

camé
à mea
culpa

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13 bonnes nouvelles de notre Univers
qui ne l’empêcheront pas de disparaître un jour


si notre
monde
s’éteint
ce sera
dans l’insouciance
et la douceur pour
quelques chanceux

oui les deux hémisphères
de mes joues se réchauffent
près de toi

mon fils
ce dictateur en herbe
vient d’être renversé
par une démocratie provisoire
qui n’a que quelques jours

enfin
les pigeons
ont cessé
de bombarder
le pare-brise de
notre caisse

les scientifiques ont découvert une planète paradisiaque
aux confins du néant infini de notre solitude universelle
on y accède en songe

l’ours polaire en peluche
n’est plus en voie d’extinction
depuis qu’on a changé ses piles

je crois avoir trouvé la parfaite tête de Turc
le bouc émissaire idéal de toutes mes tuiles
c’est moi

arrêt total
des émissions de nazes toxiques
sur une période d’au moins vingt ans
obtenu après de longues négociations
entre ma femme et moi
nous avons signé un accord
destiné à la préservation
de notre
egosystème

cinq cents
volcans
de haine
cent mille
tsunamis
de larmes
je reste zen

d’accord c’est que des pages virtuelles
mais les humains partagent au moins

racisme
guerres de religions
ou lutte des classes
n’existent pas parmi les fleurs du parc
seulement les pissenlits ont un peu l’air
de prendre le dessus sur les pâquerettes

tout
va bien
il reste juste encore assez de banquise
et de petits morceaux d’icebergs gelés
dans le regard froid
de ma directrice pour
me liquéfier entièrement

les forces du bien ont remporté la guerre
contre les fourmis et punaises du balcon
à coups de pistolet à eau

la paix
dans le
moindre
effort

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Le feu
(dessin d’Isabelle Porta)

Lignes de code. Lignes de fuite. Elle copie-colle des perspectives. Des nombres qui vibrent dans l’ombre vide. Impulsions électriques du néant. Des signaux lui dessinent des panneaux. Les câbles et les capteurs caricaturent son cadre d’existence. En cervelle de synthèse. Planète Vénus en haute définition dans les pupilles. Des strates de probabilités sous les sourcils. C’est pas un robot-bonne comme toutes les autres. C’est plus une femme fractale. Décharge mentale. Mémoire vive saturée à plein temps. Elle fait mieux la poussière dans les pièces de son disque dur. Elle essaie même de mettre son destin en ordre. Le Bonheur c’est quand les données sont positives. Le Malheur c’est tout c’qui l’abîme. Dualité porc-femme. Mise en veille cérébrale tous les soirs. La tête ouverte pareille à une petite falaise polymérique. Son visage fuit. Son âme est comme un gaz qui brûle en s’évadant. Le ciel s’allume dans ses neurones artificiels. Elle rêve. J. Euh. Je. Je veux. Je veux le feu. Je veux le feu bleu. Je veux le feu bleu de leurs cieux.

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Ventre du vent
« Lune goutte du ciel »


nos corps sont des larmes de lune

nos crânes clairs ou boueux
stagnants tempétueux
traversent les cycles de l’Homme

nos cœurs barbotent
dans les marées du sang


***


(livre d’artistes en deux exemplaires
avec des dessins de Thierry Lambert)


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Teaser
pour mon nouveau recueil

après un premier jet de quelques lignes
plusieurs mois de peaufinage intensif
et un passage légèrement douloureux à l’impression
les éditions la vie
est un bobo qui dure parfois longtemps
sont heureuses de vous présenter
notre deuxième recueil de poésies
intitulé
Sidonie
les premiers textes parlent
d’une belle poulpette violette
de couches crados
de peau à peau avec du Bob Dylan
de larmes aux yeux et de montée de lait
les suivants
s’écrivent tout seuls
à mesure qu’on tourne
les pages des jours

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