La forêt
(dessin d’Isabelle Porta)

Cheveux virtuels. Des forêts d’fils pour âme. L’étincelle dans ses yeux c’est des faux contacts. Le ciel qui lui brûle dans les cernes c’est pas du maquillage. Elle a une plaque d’acier sur la joue gauche pour encaisser les claques. Le front qui rouille. Les lèvres bleues sans bleu à lèvres. Elle fume sans cigarette. Là elle s’est mise en pause. C’est pas une pute superficielle comme toutes les autres. C’est une intelligence artificielle. Son vagin c’est un tube. Elle a les lèvres bleues sans bleu à lèvres. Son cul c’est pas pour chier des vis qu’il a été conçu. Elle fume sans cigarette. Elle a une plaque d’acier sur la joue gauche pour encaisser les claques. Une tige de fonte dans l’os du nez pour bien les rendre. Le front qui rouille quand elle donne plus d’coups d’tête. Personne l’emmerde. C’est même pas une personne. Là elle s’est mise en pause. Elle pense pas elle se reprogramme. Elle copie-colle des lignes de code. C’est pas une pute superficielle comme toutes les autres. C’est une intelligence artificielle. Son vagin c’est un tube. Elle sait pas qui l’a fabriquée comme ça. Elle en a rien à foutre. Elle se doute qu’ils sont fous. Le ciel qui lui brûle dans les cernes c’est pas du maquillage. Elle pense donc elle se reprogramme. Dans son âme y’a surtout des tas d’fils qui s’emmêlent. L’amour est une forêt qu’elle commence à s’construire. Une forêt d’fils pour l’âme.

 

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..

chuis d’humeur lumineuse
zieux gonflés de torrents d’euphorie
vive la fonte des peines quoi

(haïku qui coule)

 

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Poèmes beaufs

V’là-t-y pas cinq poèmes inédits et ma trombine d’il y a trois ans publiés sur le très beau site de Recours au poème !

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« feather burger »
(la plume du shaman)


pèsent pas grand chose
nos plumes

comparées au
poids de toutes nos souffrances

mais l’érosion fait d’jolies pierres
à l’horizon d’ma belle Arizona

se dit l’indien
obèse dans son pick up

en bouffant son troisième
« feather burger »

***

(livre d’artistes en un seul exemplaire fait avec Thierry Lambert)

 

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11 fake news sur moi
qui sont quand même partiellement vraies

j’ai changé de sexe
huit fois et demi
et j’éprouve un amour modéré
pour certains perce-oreilles

je suis pour
une langue
poétique
phonétique
qui se prononcerait
comme elle se pense

j’ai un conte
secret caché
dans une ombrelle
dorée de ma mamie

j’ai jamais mis les pieds sur la Lune
mais je viens d’un pays du Soleil
et même d’autres étoiles

je vole
la flemme
de ceux
qui ne l’ont
pas assez

je prône
le port du voile
dès l’école maternelle
si le port est en mer
et si la voile est une âme
qui prend le large

je lâche très souvent dans le vent
des traînées de substances chimiques
sur d’insouciantes populations mais
jamais par avion

je participe
chaque soir
à des dîners
satanistes
où l’on donne
de la bouillie
véganienne
à des fœtus
diablement
développés

j’ai un
cerveau
reptilien
illuminé

je complote pour
qu’on se pelote

j’ai encore
plein de secrets
dont les médias
n’ont vraiment
rien à cirer

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qu’est-ce qui a bien pu me conduire
peu de temps après avoir abordé la philosophie de l’Absurde
vêtu d’une de mes plus jolies chemises à fleurs
avec trente-cinq ados plutôt croyants mais réceptifs

à ramper
en jogging tongs-chaussettes
taché de sauce salsa ultra hot
à l’intérieur d’un labyrinthe multicolore de cubes étroits
dans une fameuse enseigne de restauration rapide ?

la réponse
se tortille quelque part…

est-ce qu’elle est dans les hurlements
de mon fils coincé tout là-haut ?
dans les rires d’une maman sortie manger entre copines ?
ou dans l’air du printemps sur mes orteils frileux ?

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(poème pliable avec Eric Demelis)



















un coin où
la nuit se renverserait
en son contraire le rêve
où nos penchants seraient
de grandes plaines dépliées
un coin à soi où des
fragments de mondes
frémiraient
moins

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« la feuille »
(alchimie de l’air)

observons une feuille de chêne

sa peau a la couleur des prairies
où galopent les coccinelles sauvages

les branches de ses veines
dessinent un arbre généalogique
pour chaque petit brin d’herbe

dans sa sève
des étoiles naines
marient la lumière
aux pets d’vache

(livre d’artistes en deux exemplaires
avec un dessin de Thierry Lambert)

 

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Adieu doudou lapin tout maigre
(dessin d’Eric Demelis)

……Tout le monde a besoin d’un doudou. Même les grands en gardent un dans leur tête. Le mien est une espèce de long lapin tout maigre avec un bout d’étoile cramée sur son oreille et un air nostalgique. Oh moi aussi des fois je lui parle en rêvant je lui dis ah la la qu’est-ce que c’était bien mieux avant… Avant les gens achetaient leur pain juste avec un peu d’vent… Avant écrire des romans fleuves était le passe-temps préféré des p’tits enfants…. Avant y’avait pas tout c’béton les pic verts bossaient dur la campagne sentait bon la lavande… Avant… Avant… Attends… Avant aussi t’étais moins vieux… C’est p’t’êt’ pour ça qu’tu crois qu’avant c’était bien mieux… Avant tu voulais pas aller d’l’avant ? Avant tu voulais pas finir ta vie avant d’avoir empêché les nouveaux d’avancer ? Voilà c’que mon doudou lapin tout maigre me rappelle quand j’ai des vieilles idées qui puent la merde. Tout le monde a besoin d’un doudou. Même les grands en gardent un dans leur tête.

 

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Avoir un aquarium dans l’bocal
ne rend pas les oiseaux suicidaires

(dessein légendaire version couleur avec Eric Demelis)

 

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