Archives de Tag: apocalypse

23 jolies petites choses simples
à emporter dans un bunker en cas d’apocalypse


ce sympathique
bonhomme de neige
fait d’eau solidifiée
qui fond avec le temps
c’est toi

poème pour garder
ton popotin asiatique
dans un p’tit haï-cul

chérie
nos chairs
rient
pleurent
et nous
on meurt

c’est le dernier poème du monde
bon ben manque de bol il est raté

il existe un pays
de fleurs des champs
où les brins d’herbe
uniformes et les pétales
de toutes les couleurs
vivent ensemble

du
haut
de vagues
cimes aux falaises
d’écume un ouragan de calcaire
me tourbillonne parfois dans la matière grise

oh non le soleil a plongé dans la plaine et je suis tout éclaboussé d’horizon

voilà je me
suis bricolé
une cabane
pour les enfants
dans la caboche

des truites mouchetées de petits astres noirs
dormaient sous les reflets dorés du crépuscule

regarde
dans les lumières de notre ville
les étoiles qui scintillent dans la nuit
se regardent

ah
chier
une
heure
durant
en faisant
descendre
son flux
d’actus
avec

il est à qui le petit pied ?
il est à qui le joujou ?
à qui les vingt ans d’école ?
elle est à qui la tuture ?
qui c’est la jolie madame ?
il est à qui le crédit ?
à quiqui la tontombe ?

soleil divin
étang paradisiaque
traversée en kayak pneumatique
l’âme bien gonflée
de vent

l’urine d’un
dieu coule
des cimes
pissa-t-il
dans l’eau
du fleuve
ensoleillée

nuit du slip
sous un drap de chaleur
j’enfile un souvenir de pyjama en neige
et disparais sous une quadruple couette de nuages

ta culotte de soi
ton soutien-gorge en oit’
la lingerie de ton âme

nuages violets
un ciel tout bleu
les monts verts
des galets blonds
ta peau d’orange
mes joues rouges
bel arc-en-ciel

papa
l’aime très fort toi
l’aime fort cam’ça
ai rien zeté moi
ai pas zeté le livre à toi
ai pas zeté à la fenêtre
l’aime très fort toi
veux garder toi pour
toute la zournée

jackpot d’automne
il pleut des pièces d’or dans les bois
des rubis poussent aux érables
les lutins font péter tous leurs billets verts

plus
rien à lire ?
écris ici
le poème de
tes rêves :
______
________
_______

tatie vole
tonton déraille
papy répare le vélo dans sa tête
mamie tricote la route des vacances en famille

arrreuh
sourire
souvenir
heureux

un payzzage
quatre saisons gourmand
avec prairies de roquette
océan de roquefort fondant
forêts truffées de gros cèpes
bataille de boules de mozza
c’est mon plat préféré
s’il-vous-plaît


L’Apocalypse est pour demain 7h35

(Poème qui met le doigt où ça fait mal)


A scene from Columbia Pictures' "2012." The action film will be released November 13, 2009.

catastrophe egologique
chute de toutes les places
poussiéreuses du salon
l’inanité s’en sortira-t-elle ?
alors qu’un rien menace de tout
emporter femme enfant lapinou
dans une guerre des couloirs
je me suis cogné l’orteil gauche
et la télé n’en parle même pas

illustration : 2012, film de Roland Emmerich sorti en 2009


Tranche d’âme taillée dans un rêve V

J’avais appris à trancher les géants hideux des sous-sols Et je tenais, dans ma main, le creux des stations-essence Que je faisais chanter comme des sirènes Et ma propre grand-mère voulait saisir le pourquoi du comment Quand l’extérieur plongea dans une pénombre partielle Dehors un astre cachait le soleil Cinq, en fait, qui se distinguèrent En partant dans toutes les directions Comme les bras des danseuses indiennes Tandis que la Terre semblait se renverser Il se traçait d’invisibles lignes verticales Deux astres dont l’un était blanc Et moucheté de taches rouges Passèrent dessous avec la célérité grave Et lente des mouvements des planètes Nous, nous étions légers, légers comme des anges Et nous quittions le sol, calmement

Tempête

Dans l'amorale et froide agitation des fluides Les mouvements ralentis des flocons dans le vide N'ont aucune unité Certains s'élèvent et d'autres chutent Ou virevoltent pour enjamber La balustrade et s'écraser sur mon balcon C'est une sorte de suicide collectif mais tout au contraire Je peux rêver que les autos et les passants Suivent le même mouvement Et virevoltent dans la dépression Passent en suivant l'agitation du vent De chaleur, de bagnoles qui s'envolent Et de failles sismiques Que les contraires sont équivoques Qu'une éternelle apocalypse Nous assassine et nous redonne vie Et que tu es venue vers moi En passant par dessus le balcon Comme un de ces flocons de neige Antisuicidaires et porteurs d'une accalmie Apaiser la tempête De mon côté de la fenêtre A l'intérieur de ma tête

Melancholia

***

Photos tirées du film Melancholia, de Lars von Trier

J'ai connu une femme qui pleurait tout le temps Quand on lui parlait mal Quand on lui parlait bien Quand on ne lui parlait pas Quand on lui offrait une fleur Quand la fleur était pour une autre Quand elle ne savait pas laquelle choisir Avant de s'endormir Ou d'aller au travail Et en rentrant chez elle Que sais-je encore ? A chaque échec Chaque victoire Tout changement C'est tout un monde Qui s'effondrait Les gens pensaient : qui voudra d'elle ? C'est un problème génétique Qui est inscrit dans ses cellules ! Pourtant, elle épousa un homme L'homme le plus attentionné qui soit Et qu'elle aimait vraiment de tout son cœur Nul n'a jamais compris pourquoi Le jour de son mariage fut une apocalypse Et l'on jasa beaucoup sur le fond un peu triste De ses deux beaux yeux noirs Cependant, certains disent qu'ils l'ont connue heureuse Au cœur d'une prairie au bord d'une rivière Parmi les reflets d'or de la lumière Nue et offerte aux yeux de tous L'univers est obscur comme la peine de certains Il est des nébuleuses qui ressemblent à des cœurs saignant, Pour rien, dans le néant, sans qu'on sache pourquoi Et il est des trous noirs qui se referment sur eux-mêmes Et sur leur minuscule cœur de plomb Peut-être, un jour, ce monde-là viendra-t-il à son terme Quand on y pense, ça peut très bien être demain Les particules vi brent n'importe comment Et les foules en panique ont des mouvements browniens Car au fond, c'est la peur de la mort Qui nous rend à peu près tous marteaux

Meilleurs voeux

Qu’une pluie d’innombrables malheurs s’abatte sur vous Et vous aide à goûter véritablement d’intenses phases de bonheur Les Écolos, le calendrier Maya, Nostradamus Ne s’accordent-ils pas Tous les ans ? Comme chaque année cette nouvelle année sera l'année dernière Réveillez-vous de votre gueule de bois à l'instar de « Jesus » Vous n'avez plus de prépuce Prenez de bonnes résolutions ne les suivez que les douze premiers jours de l'an Pensez à la misère du monde entier De temps en temps Pleurez, riez, oubliez Apprenez surtout à voir combien la vie est belle A maîtriser l’art du fakir à vivre en phase avec le monde en sortant vos poubelles au bon moment à être heureux avec des pointes de fer fichées dans le cul et tout un tas de merveilles technologiques à suivre à la trace la piste de votre destin Sans garder vos oreilles bouchées de peur d'entendre le chant des charmeurs de serpents à sonnette Ou bien à avancer à l'aveuglette Mais sans venir vous plaindre du résultat Sans oublier de regarder Croître les blés dans les champs Sombrer notre cité au fond de l’énorme faille de ses raisonnements De vous y jeter corps et âme Et de vous embraser au centre de la Terre En profitant du climat qui sera de plus en plus chaud Avec le soin d'embrasser l'air que respire chaque être vivant Sans ignorer que vous aller bouffer beaucoup d'émanations carboniques Et sans être déçu si rien ne se passe Ni suivre les troupeaux qui paissent Parqués dans les plaines du néant Il faudrait vivre chaque jour comme le dernier Par exemple à l'aide d'un hobbie passionnant tel que la dyspondéromorphophobie Et en gardant à l'esprit que le monde peut à tout moment changer radicalement d'orientation qu'il ne le fera peut-être pas non plus Sans reporter l'amour du prochain à l'année prochaine Que diriez-vous de vous envoyer en l'air ? De prendre la consistance d'un nuage ? De devenir yogi, ou mage ? D'apprendre à voir l'esprit du cœur de la matière ? Mes meilleurs vœux à tous ! Préparez-vous à vivre une année remarquable- -ment semblable à la précédente Goûtez-en pleinement les phases de bonheur laissez couler les moments difficiles Réveillez-vous, pensez à ceux qui crèvent de faim avec circoncision Trouvez un job en or, prestidigitateur Faites sortir un trésor de la poubelle du voisin Pensez à l'imminence de l'apocalypse Vivez la vie comme si celle-ci devait se répéter infiniment Mangez des chips, ayez une alimentation variée Car la répétition vous mènera aux plaines du néant

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