Archives de Tag: appareil photo

l’église
de ce petit village
est aussi fraîche
qu’un hypermarché

jadis
on y trouvait bien
un peu de nourriture
spirituelle

ceux
qui cumulaient assez
de points fidélité

avaient des réductions
sur les surgelés pour
l’Eternité

(j’ai oublié mon appareil mais j’ai quand même pris des poèmes)

(collage photo Scott Mutter)


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la Chartreuse n’a les chicots blancs
qu’une petite partie de l’hiver

sinon
y sont plutôt jaunes en automne
et même carrément verts à la belle saison

sur sa langue
vallonnée
un village
se tient au
frais comme
un bonbon
dans la neige

c’est clair
qu’on claque un peu
des crocs sous son palais

infiniment bleu
mais quand
on a la gueule dans les nuages
ça passe tout d’suite bien mieux

 



journée au zoo

mon fils est à l’affût comme un suricate
maman ouistiti lui court après dans toutes les directions
et papa gnou fonce dans le tas de temps en temps

quant aux vrais fauves
ils font la sieste

ignorant
totalement

tous ces visiteurs
captivés

les poèmes passent et se ressemblent

c’est bientôt la fin des vacances

chacun va retrouver son côté de la cage

animaux humains lecteurs pages

(j’ai oublié mon appareil photo mais j’ai quand même pris des poèmes)



est-ce que j’ai des pensées déplacées
quand j’admire
deux collines rondes
une vallée
ou des fleurs grandes ouvertes ?

pas tout à fait
pas toujours
bon parfois c’est vrai

mais
je connais une très jolie plante
sous sa petite robe d’été
et j’en atteste que ses jambes
n’ont pas seulement
été créées pour qu’on les contemple

(j’ai oublié mon appareil photo mais j’ai quand même pris des poèmes)


(ci-gît
un cimetière
d’escargots)

(mes erreurs
de toutes les tailles
entassent ici
leurs coquilles
vides)

(un poème les a brisées d’un coup de bec
pour picorer leur chair gluante
puis repartir sur un coup d’aile)

ma langue
est plus une
limace qui
traverse
langou-
reusement
le chemin
sous la pluie

(j’dis ça
j’dis rien)

(j’ai l’esprit un peu lent)

(j’ai oublié mon appareil photo mais j’ai quand même pris des poèmes)


drôle d’endroit
pour passer des vacances

le matin
chaque brin d’herbe est soit tout cramé
soit squatté par de tout petits escargots argentés

y’a des fleurs qui poussent
mais dans les poubelles
et la pelouse toute jaunie bourgeonne
de burgers qui se décomposent

à midi
un teufeur fait dodo
sur la seule table de pique-nique

les emballages
carton volent entre les nuages
gris masqués par d’épaisses fumées noires
venues de la forêt du coin qui flambe encore

chaque soir
on y respire de la poussière de Terre

des ados font des raves
parties avec leurs téléphones portables
et les rayons lasers d’un soleil tout bavant

cette nuit
y’a même une exposition
d’un certain « TEUBI »
l’artiste a gribouillé son blaze dans la poussière
de tous les murs qui tiennent encore debout

c’est les gamins
qui dansent jusqu’au petit matin
et les parents qui s’couchent avec les poules

demain
cherche pas non plus
à plonger dans l’étang du coin :
« fermé pour pollution aux bactéries fécales »

(j’ai oublié mon appareil photo mais j’ai quand même pris des poèmes)



du vent dans l’âme


l’air de rien

une forteresse
crâne


lieu touristique pour poux

armateurs de cheveux
hauts-perchés


son squelette de calcaire

charrie des montagnes

bien loin des terres de peaux
boisées de poils


quand l’eau des fleuves coule dans ses veines

toutes les vallées du pays s’articulent
semblables à un immense golem dont les membres s’éveilleraient lentement
………………………………………………………………………………………..
bon
au lieu de raconter des conneries je vais peut-être redescendre maintenant


(j’ai oublié mon appareil photo mais j’ai quand même pris des poèmes à Sisteron)



arrêt sur nuages
pause falaises
elles ressemblent à d’immenses vagues
pétrifiées qui retiennent la mémoire
d’anciennes tempêtes encore un peu menaçantes



et tout ces jeunes
si insouciants
qui continuent de surfer
là-dessous avec leurs téléphones



j’ai bien reçu
quelques gouttes
d’écume des cimes



il pleut
quoi


(j’ai oublié mon appareil photo mais j’ai quand même pris des poèmes)


à l’horizon de la plage
de Chindrieux
(un tout petit village de Savoie)
la chaîne de l’Épine et
le massif de la Chambotte
aussi
sont persuadés
d’avoir raison
en se jetant
l’un contre l’autre
dans le lac du Bourget
où je nage
comme embarqué dans cette extraordinaire
scène d’affrontement titanesque
mais la tête juste au raz des vaguelettes
avec des libellules
qui copulent
quelques petits perchots
qui se cherchent à
manger et des poules
d’eau qui s’la coulent
douce

(j’ai oublié mon appareil photo mais j’ai quand même pris des poèmes)

 …



soleils d’or
étoiles blanches
ciels bleuets
pensées sauvages
raiponces à rien
joubarbe de trois jours
de l’oseille plein les pattes
et de la linaigrette
pour la salade

y’a toutes les fleurs des champs
au grand carrefour des alpages
et des promos sur l’eau de source

une petite abeille
solitaire des hauteurs
fait ses courses
à la fraîcheur des rayons
du matin

(j’ai oublié mon appareil photo mais j’ai quand même pris des poèmes)

 …


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