Archives de Tag: arbre

glandus



les arbres
pioncent
24H/24

passent les saisons
à rien foutre

le jour
ils bouffent
de la lumière
fument des pots
d’échappement
en éructant
l’air pur

la nuit
ils picolent de l’O2
crachent des ténèbres
larguent des fumées bleues

d’ailleurs comme vous l’avez sans doute déjà noté
c’est contre productif et complètement absurde

pas étonnant
que nombre d’entre eux
finissent en chaises IKEA
en cabanes de jardin
et autres meubles
agglomérés

s’ils restent plantés là
à rien glander du tout
même pas foutus
de deviner

le poème
du livre
qu’ils rêvent
de devenir
ces branleurs !


en faîte…

en faîte
cet arbre
c’est pas vraiment un arbre comme les autres
c’est un arbre qui croît sous la terre
les taupes volantes
croisent ses longues branches
il arrive parfois même qu’un lombric
vienne
gracieusement
se poser
dessous
au fond cet arbre
c’est vraiment pas un arbre comme les autres
il a ses grandes racines entièrement enfoncées dans le ciel
qui s’abreuvent d’air
et puis personne ne voit l’oiseau aveugle
en ses galeries qui creuse sa route
dans la
lumière


Tête de bois ! Tony Palladino, 1968

6 graines de poème
à planter dans une tête bien molle


les arbres
tiennent le ciel
dans leurs feuilles

ils créent leurs corps
avec de la lumière

plantent leurs vies dans le sable

leurs troncs
agrafent
l’ombre
du vent
avec les rêves
des cailloux

en fait s’ils tiennent la Terre
entre leurs grandes racines et le ciel dans leur feuilles
c’est pour nous éviter qu’elle et lui se séparent

et aussi
que les gens
dans les nuages
quittent
le
sol



l’hêtre
humain

est une feuille
sans arbre

camouflée en un frêle
tronc d’os et de flotte

il respire mais
en sens inverse

ses branches sont pleines de mains
son écorce est à fleur de peau

au soleil il ne
devient pas vert

et il en tombe de nulle part
chaque automne des millions

sentez-vous
leurs rêves

qui nous bruissent
dans les cheveux ?


Archimou n° 3

Le n°3 de Revue Archimou, la revue qui change de support à chaque numéro, vient de sortir ! Après les ballons de baudruche (n°1) et les masques (n°2), cette nouvelle édition a été composée dans les arbres.
Au sommaire mou : Lucien Suel, Claude Meunier, Diego Vdovichenko, Vieux Ralouf , María Mercromina, Juliette Porée, Perrin Langda, Nisan Gogo, Gnoir Gnoir Gnoir, le grand ba0bab, Drew Barthélemy, Chicken Korma, Léo Pajon, Coeur d’Aramburu, Popier Popol II.


CLIQUEZ ICI POUR LIRE EN LIGNE

///


Lettrae Vox n°1

Un de mes poèmes figure au sommaire de l’anthologie illustrée Lettrae Vox n°1 des éditions la Plume de l’Argilète, à commander sur le site des éditions. L’ouvrage réunit les textes de 45 auteurs, sur le thème de l’arbre.

Lettrae VOx


Prosopopée de l’arbre

(Un vieux calligramme remanié, datant au moins de 2005)

Prosopopée de l'arbre

j'ai dégusté tranquillement savouré d’impalpables rayons de lumière pendant plusieurs millions d'années respiré une atmosphère empoisonnée pour vous emplir le ciel d'autant d'air qu’il vous en est nécessaire et maintenant, j’attends imperturbable et les pieds dans le sable que s’attache                                                   un oiseau sur ma branche ;				     que mille fourmis chatouillent                                                    mes hanches :  je demeure,  bien sage, et j’ai l’âge   de toute votre race... je redescends parfois   faire un tour sous le sol   avec les feuilles mortes    		             et                     qui                    et se 		     tous             pourrissent                          volatilisent les                                                                        à    res-                                me                                     l'arrière    tes de vos     	                           nourrissent	                    de ancêtres					       vos                         				       voitures              					       le ciel	           reprend       		       	    alors       son dû  

On peut encore écrire des poèmes sur les arbres sans avoir l’air con

Où prend-donc fin ce que désigne le mot arbre ? Dans ses racines qui s'enfoncent dans la terre ? Ou dans ses branches comme plantées dans l'atmosphère ? Les arbres poussent, les arbres meurent Au rythme de la Terre qui tourne Des immeubles s'élèvent et tombent Des gens y font l'amour et meurent Pareils au moteur à pistons De ma voiture qui tourne en brûlant les corps morts Des anciens végétaux C'est con, ils avaient mis pas mal de temps A consommer ce CO2 pour le changer en oxygène C'est un sacré boulot qui s'envole en fumée Tant de pages déchirées qui volent dans le vent Leurs descendants sont morts pour que je ne puisse même pas écrire ceci sur le papier d'un livre Leurs descendants sont morts pour qu'on lise l'Equipe (ou Elle) Leurs descendants sont morts pour qu'on se torche le cul avec Consolons nous : au moins leurs squelettes calcaires Contenus dans les murs de cet appartement Font un cocon confortable, quoiqu'un peu concon Les arbres poussent, les arbres meurent On a mis un sacré bordel, ici-bas Pareils aux pistons du moteur De la tronçonneuse qui les abat Je fais toujours la même conclusion Mais quand on fait l'amour je n'y pense même pas On peut encore écrire des poèmes sur les arbres Sans avoir l'air con

Prosopopée de l’arbre

2005

Dégustant, Tranquillement savourant D’impalpables rayons de lumière Apaisant les lieux de la douceur du vert, Emplissant les cieux d’autant d’air Qu’il vous en est nécessaire, J’attends, imperturbable, Les pieds Dans le sable, Que s’attache Un oiseau sur ma branche. Que mille fourmis Chatouillent Mes hanches : Je demeure, Bien sage, Et j’ai l’âge De toute votre race. Ailleurs, la Terre étale sa trop passive et trop pesante platitude, Sur les restes De nos ancêtres Qui pourrissent, me nourrissent, Et se volatilisent A l’arrière De vos Voitures.

%d blogueurs aiment cette page :