Archives de Tag: chimie

Effet boule de neige

Effet boule de neige slavas-snow-show

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tu sais c'est l’effet  boule de neige  les flocons laissent « un précipité blanc » sur la cour d’un collège et l’avalanche de souvenirs de mes quinze ans parachuté en plein cours de chimie tu sais avec la vie comme un tube à essais grouillant de sales petits microbes hilares largués à l’extérieur et les cours annulés…

On peut encore écrire des poèmes sur les arbres sans avoir l’air con

Où prend-donc fin ce que désigne le mot arbre ? Dans ses racines qui s'enfoncent dans la terre ? Ou dans ses branches comme plantées dans l'atmosphère ? Les arbres poussent, les arbres meurent Au rythme de la Terre qui tourne Des immeubles s'élèvent et tombent Des gens y font l'amour et meurent Pareils au moteur à pistons De ma voiture qui tourne en brûlant les corps morts Des anciens végétaux C'est con, ils avaient mis pas mal de temps A consommer ce CO2 pour le changer en oxygène C'est un sacré boulot qui s'envole en fumée Tant de pages déchirées qui volent dans le vent Leurs descendants sont morts pour que je ne puisse même pas écrire ceci sur le papier d'un livre Leurs descendants sont morts pour qu'on lise l'Equipe (ou Elle) Leurs descendants sont morts pour qu'on se torche le cul avec Consolons nous : au moins leurs squelettes calcaires Contenus dans les murs de cet appartement Font un cocon confortable, quoiqu'un peu concon Les arbres poussent, les arbres meurent On a mis un sacré bordel, ici-bas Pareils aux pistons du moteur De la tronçonneuse qui les abat Je fais toujours la même conclusion Mais quand on fait l'amour je n'y pense même pas On peut encore écrire des poèmes sur les arbres Sans avoir l'air con

Ribosome in love

Je lis et je relis les œuvres d’antan Assis à mon bureau dans mon appartement Qui est dans un immeuble au cœur de la cité énorme La moindre de mes cellules est une ville flottante aux bâtiments protéiformes Métal Huile béton  eau et verre ou bulles Tout ça serait à peu près la même chose Si d’énormes vaisseaux extraterrestres Venaient nager tranquillement au gré des courants d’air Circuler dans les rues dans les buildings démantelés Du cœur de la cité Cet antique message nous parvient encore Fragments ondulatoires d’ARN messager errant dans l’atmosphère Et ce sont nos propres ribosomes Qui feront naître ces idées protéiformes Et bâtiront les villes de demain ! Surtout, il n’y a pas beaucoup d’amour Dans les cellules du corps humain Des ouvriers moléculaires s’attirent et se repoussent Poussent des édifices selon flux monétaires ou transports d’ions La moindre de mes cellules est un état totalitaire Il y a peu de compassion Dans les prisons du corps humain Chacun porte le poids de la cité, des puissants et du monde Chacun porte le poids du moindre de ses atomes Chacun porte le poids du plomb Et moi, assis à mon bureau Scotché à mon écran Je lis et je relis les œuvres d’antan Pareil aux apocryphes ribosomes En voulant donner vie à des idées protéiformes Alors qu’il y a une femme à peau et au cœur d’or Assise juste là en face de moi à mon bureau Qui m’aime et que j’aime et qui me dit et me redit souvent Que je ne fais pas assez attention à elle

Surfer la vague

2004


Sonnet du vent

(La Terre pendant plusieurs millions d’années aride Amalgama les vents des abîmes du néant Bâtit pitons déserts océans et nuages (Dont la foudre anima aminés les acides Verbes premiers de l’hélice ADN (Dont la formule entrelaça le large Ordre vital que la jungle enfermât (Ayant pourvu le ciel en oxygène) Le CO2 dans les squelettes (Qui aujourd’hui oléiformes Dorment au sein de la planète) ) ) ) ----------------------------------- (Hululent les fantômes Au sommet des usines Qui subliment leurs Tombes)

Le Parapente

De la vue du haut de la Dent de Crolles, des parapentes, et de l’un d’entre ceux-ci, qui allait plus haut que les autres, en utilisant les courants ascendants sous les nuages.

Au fond sphérique d’un antique éboulement,
Ecrabouillés, sous l’acte de la pesanteur,
Au milieu des rampants, et de nos puanteurs,
Sur un plateau, Dieu nous offrait son firmament.

La Terre, centre relatif et embarrassant,
Embrasse ses hôtes de larges atmosphères :
L’aérium aux fins gazeuses et arbitraires
Offre divers horizons aux convalescents.

Flottant dans l’air, à la manière des hippocampes,
Tandis que pour nous survient l’heure de la sieste,
Que les corbeaux se délectent de quelques restes,
Que les nues mènent mollement vagues estampes,

Les parapentes, sources et puits de sensations
Ou de tentations, de leurs oblongues alaises,
Eprouvent les courants autour de la falaise :
Corail, et plancton parasol en suspension.

Sous la couvée tournoyante d’un cumulus,
Plagiant au pissenlit le suspens de sa graine,
Remontant l’imperceptible hélix d’ADN,
Puis coulant calmement au prochain omnibus,

Point vertigineusement l’élite des ailes,
Dodeline dignement maître Dent-de-lion.
Me trouverais-je autour de la Cité de Sion ?
Serait-ce Shiva dont scintillent les dentelles ?

Toutes phases à leur cadence, éternelle danse ;
Fantaisies des hauts vents, flots figés des massifs :
Damnation des nuées… N’allons pas dépressifs !
La sélection naturelle est joyeuse errance.

Mardi 30 Août 2005,
Dent de Crolles


L’Homme atomisé – Cycle pharmacomique des corps physiques

 Dans sa marmite minuscule jette l’ermite de l’huile de l’eau du sel du sucre fibres et autres molécules et te voici Homme Ô Ô ô bulles ô ô Ô Entends comme bramaient Abraham et Moïse aux atomes de la bise dont ton âme s’émeut lorsque Buddha goûtait un délicieux bout d’air tout le monde se foutait de ses statues de pierre le bon Mahomet hormis salami mâchait de fins mets parmi ses amis Jésus gisant ivre de joie à Pierre disait des jeux de mots et moi témoin infime je fus le vent léger le feu follet et la terre ferme Au rendez-vous des éléments nous animaux errants nous traverse-âmes nous traversâmes d’éléphants en baobabs les déserts verts du monde Arabe les sourdes ondes des mers profondes et les mouvements des minéraux Nous cent femmes nous cents hommes nous sans temps nous sentîmes les désastres énormes de la création des astres Nous mers nous cimes nous chairs nous crimes nous fers nous firmes nous pères nous sûmes nous perçûmes les miracles fabuleux des déluges D’ici ou d’Allah nous transportons l’image confuse de l’aurore au crépuscule de tous les âges Je viens du Soleil du tonnerre de l’orage je vais au désert faire de la luge Je suis la guerre des étoiles en version minuscule Carboni de Calliste défendant la si triste dame Azotée d’Alcide J’esquive les oxydoréductions acides de l’infanticide Oxygéna d’Orion Dans ma superoxyde dismutase je crie glycolyse cyclone de Krebs bouclier bêta carotène sabre laser je suis ta mère Je suis Ribulose le ribosome ribouldingue Borohydrure le super homme du futur Hexokinase un maso sexuel addicté d’ADN Néon l’électron libre qui vibre à une chance pour un million dans les dunes nuageuses d’une nébuleuse loin là-bas oui ici non ailleurs çà ou là qui sait où 

2007

Illustration : Kajan


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