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Aujourd’hui, un extrait d’un poème de Patrick Joquel, Mammifère à lentilles, paru aux éditions Grandir en 2002 :

Tu travailles
tu te bats avec le programme
autant que tes professeurs
mais ce sont eux
qui détiennent le stylo rouge
et toi tu es assis
juste à côté de la fenêtre

Prenez une feuille
nom
classe
date
contrôle numéro 17×17

Pas de chance
Hier
Tu as révisé l’autre leçon

Faut dire qu’hier
tu avais d’autres chats à fouetter
mais le collège n’en saura rien
ne te demande rien

Nom
classe
date
contrôle

Ces mots claquent
régulièrement
à ton oreille
et tu comprends
de mieux en mieux
l’éternelle histoire
des délits de faciès
ou la crainte des sans-papiers

L’érable se penche vers toi
ses feuilles caressent la fenêtre
et le merle te souffle un oignon
de Norge
cela ne fait pas vraiment tes affaires
tu souris

Adieu moyenne
encouragements
compliments
félicitations

Tu regardes le tableau

Chaque phrase t’apparaît
comme un système solaire
avec autant de planètes
que de mots

Tu navigues
dans cet espace infini
sans te décider
à jeter l’ancre

Tu te demandes
s’il existe une terre
où le verbe aimer
ne serait pas déchiré

Brusquement
tu manques d’air
touché par un missile scolaire

Patrick Joquel, extrait de Mammifère à lentilles, éditions Grandir, 2002


La classe, Imad’ !

« Les derniers seront les premiers »
Booba

……La classe, Imad’, t’as vu ?! Tout fier, dans son beau survêt’ vert ! Touche à toutes les matières, en travaux manuels ! Et quasiment toujours au premier rang ! Tout en slamant la porte, après quelques alterquations difficiles à réduire ! Mais à prendre au second degré : « Vas-y j’rigolais m’sieur ! L’Histoire des colonies d’vacances, trop le choc des agriculteurs ! »… Presque un sultan, qui dicte les observations des mots cratyles, dans une langue très vivante ! Peut même parfois… Au cours d’une Incertaine Alchimie… Etre un produit manipulable, enfin ! avec grand précaution… Pur squat’, dans un nuage de verbes… de dattes… d’herbes et de produits bios… des Cheiks en maths… Charles maniait les Sarrazins… Et autres formes arabizarres, aux tableaux blancs de la conscience, bien tranquillou ! Pas pour longtemps ! « L’avis d’mon père, sur Facebook, sur l’Coran ! J’ai rien fait ! Pourquoi j’tafferais ? Mon zinc’ aussi il en connaît des tôles ! C’est la démocratie, j’ai plus qu’une corde à mon arc absolu ! Les contes nocturnes de ma fraternité, ça grimpe en flèche ! Les voilà tes billets en retard ! Ouaich’ droit d’une oasis ! Droit d’rester opposé au racisme ! » La voie du maître Zen, hein ! car né d’correspondances, et zou ! « Wallah’ ! Nan ! M’sieur ! Je sais ! M’sieur ! M’sieur ! Ça c’est du fu… du futur intériorisé ! …MAIS QUOI ?! C’est la prison ici ! PUTAIN ! J’PEUX PAS BOUGER ! J’ME SENS COMME DANS UNE BOITE ! »

ecoliers-dautrefois-L-21


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