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12 bouts de toi
pour mon poêle à poèmes

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imprévisible flamme
c’est la forme de vie
la plus simple qui soit
elle se nourrit de bûches
elle inspire l’air expire du CO2
son sang de braise la guide
un peu n’importe comment

quand je pense
que mon cœur
a brûlé comme ça
que ma jeunesse
a flambé comme ça
que mes poumons
ont été dans cet état

catharsis
devant l’insert
j’ai bien pitié
de la braise
écarlate mais
ça caille

un principe existentiel de feu
pour tout organisme fumeur :
je flambe donc je fais de la suie
(je m’encrasse et je meurs)

que je tentasse une chirurgie plastique
à coups de masse et de scie électrique
fut vain car elle était trop dégueulasse
trente ans qu’elle fumait bûche sur bûche
et il fallut malheureusement tout défoncer
pour à la place poser un poêle moins moche

je fût
tu fumes
elle brûle
nous plumes
vous fumée
on hume l’air
(feu le verbe être
au passé simple)

tant de
bûches
si peu de
cendres

un tison pour télécommande
fascinés par la vitre de l’insert
qu’est-ce qu’on regarde chérie ?
on change de chêne ?

il fait légèrement froid au fond de ma salle à penser
si je mettais un bout de toi dans mon poêle à poèmes ?

arrête de brasser d’l’air
fais pas ta langue de bois
et r’tiens tes fumées noires
passque j’vas t’raviver la braise
j’vas t’ramoner un bon coup
comme chaque fois l’an
ma petite femme à poêle

poème à bois
ou poème
à granules ?

des tas de bûches
un brin de chaleur humaine
cumulonimbus d’illusions
pour des miettes de cendres
nos destinés en flammes
partent en fumée


Le feu
(dessin d’Isabelle Porta)

Lignes de code. Lignes de fuite. Elle copie-colle des perspectives. Des nombres qui vibrent dans l’ombre vide. Impulsions électriques du néant. Des signaux lui dessinent des panneaux. Les câbles et les capteurs caricaturent son cadre d’existence. En cervelle de synthèse. Planète Vénus en haute définition dans les pupilles. Des strates de probabilités sous les sourcils. C’est pas un robot-bonne comme toutes les autres. C’est plus une femme fractale. Décharge mentale. Mémoire vive saturée à plein temps. Elle fait mieux la poussière dans les pièces de son disque dur. Elle essaie même de mettre son destin en ordre. Le Bonheur c’est quand les données sont positives. Le Malheur c’est tout c’qui l’abîme. Dualité porc-femme. Mise en veille cérébrale tous les soirs. La tête ouverte pareille à une petite falaise polymérique. Son visage fuit. Son âme est comme un gaz qui brûle en s’évadant. Le ciel s’allume dans ses neurones artificiels. Elle rêve. J. Euh. Je. Je veux. Je veux le feu. Je veux le feu bleu. Je veux le feu bleu de leurs cieux.


Il faisait chaud alors j’ai écrit trois petits poèmes
sur trois petits signets en forme de flammes
réalisés par le talentueux Thierry Lambert.

fire


Buraliste

Depuis au moins cinq plombes que je lui file tout mon pognon que je te le fais vivre pour qu'il me fasse crever à petit feu il n'est même pas foutu d'être agréable alors c'est décidé je vais refaire un peu de sport en ARRÊTANT d'acheter mes clopes chez lui

Reflets au feu

feu rouge

rétroviseur
de ma porche
un clochard
s’approche

dans ma voiture future
pour les temps à venir
endetté
je m’éclipse
sous la vitre teintée

laissant place au reflet
du vieil homme
édenté
qui veut laver la glace
de ma porche prochaine

s’éloigne
le claudo
de ma bagnole
dans le rétro

feu vert

avril 2010

Photo : divantity.com


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