Archives de Tag: humain

sais-tu que ton organisme est raciste
il n’admet aucun corps étranger

ton cerveau tyrannise
tes organes ses esclaves

tes globules blancs ne savent même plus pourquoi
ils livrent une guerre perpétuelle aux bactéries

tes cellules sontmicroscopic-toilet
des totalitarismes

mais sur chaque copie de ton ADN
il y a une mystérieuse petite ligne

qui dit
« humain »


(Poèmes universels pour les microbes)


qu’est-ce qu’elle boit maman ?

TTTHÉ !

qu’est-ce qu’il boit bébé ?

LLLLLAIT !

qu’est-ce qu’il boit papa ?

PPPPPPASSÉ !

ha ha
nooon
« café »

PPPASSÉ !
PPASSÉ !

mmmh
en fait
tu as raison
et
c’est pour ça que papa parle pas le matin

laisse-le
tremper ses yeux dans son

PPPPPPASSÉ !
PPASSÉ !
PPPASSÉ !


***

Ici c’est là-bas
(paroles d’un enfant sage après deux ans de réflexion sur le sens de la vie)


Parution : Documentaire humain


Youpiyo, mon deuxième recueil, Documentaire humain, est disponible chez Mgv2>publishing. Il s’agit d’un petit éditeur qui ne fait imprimer que les exemplaires commandés par le biais de Lulu.com, et ce site est basé aux Etats-Unis, ce qui explique les frais de port. La couverture est signée Eric Demelis. Vous pouvez le commander en cliquant ICI ou sur Amazon s’il en reste (les frais de ports y sont moins chers).


80 pages
14,8 x 21 cm
poèmes

Prix : 6€ + 4€ de port
ISBN : 978-1-326-45405-0

Documentaire humain

DocHcouv

à la venue des premiers froids
d’automne le mâle
humain tapi dans son terrier de brique
aime
se blottir dans le dos de la femelle humaine
pour profiter un peu
de la chaleur d’un corps déjà
ronflant
celle-ci possède parfois
la judicieuse
capacité de diffuser un souffle d’air
chaud couramment nommé

« pet »

le mâle
émet
alors un grognement
dont les humanologues n’ont pas encore
pu déchiffrer le sens mais la
femelle répond
d’un couinement si curieux
étonnamment mignon
que notre couple d’êtres humains
s’endort
sous une couette habilement réchauffée
quelque part sur la Terre

 


Poésie assistance 24/24

 (veuillez renouveler votre lecture ultérieurement)

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ce poème vous sera facturé
seize secondes de temps libre
pour toute question
sur le sens de votre vie
tapez 1
pour un bref aperçu
de l’avenir de notre monde
tapez 2
si vous souhaitez seulement
parler à un être humain
tapez bip
nous sommes désolés
en raison du trop grand nombre d’usagers de la Terre
nous ne pouvons donner suite à votre demande


World of rococo


Si le monde était juste… Un peu moins fonctionnel… Si on avait des tonnes de fric… On verrait…

Des statues de multimilliardaires… En costume de super héros… Conquérants, à la proue des avions…

Y’aurait des fresques immenses à tous les murs… Des mythes d’après-rasages… Pour faire mousser le bon contribuable… Ou des martyres de tampons hygiéniques… Pour enfoncer un peu le clou…

Et quand on lèverait la tête… On pourrait contempler… A s’en faire un torticolis… Des plafonds recouverts d’îlots paradisiaques… Où partir en vacances… Avec des Anges de la Téléréalité déchus… Qui te tomberaient au coin du pif…

Y’aurait des toiles grandioses, dédiées à la beauté d’actrices de cul… Et des statues des dieux, taillées sur le modèle des corps de footballeurs… Les stars chanteraient des hymnes à la fécondité, avec les chérubins… Les hard-rockeurs, à la virilité, en sautillant avec les diablotins…

Y’aurait des trucs comme ça partout, partout dans cet aéroport orné de cent mille pubs, à dix mille siècles de Venise… Dans cet aéroport où des milliers d’humains font des affaires, travaillent et/ou reviennent de leurs vacances… Où des milliers d’humains déjà passés sont déjà morts, ou s’aiment encore…



Rococo


X-men

* Hans : violent et indomptable ; à mettre en chambre d'isolement * Malika : semble absorber le caractère de ses amants (nul ne l'a donc jamais vraiment connue) * Valéry – un être hors du commun : ses ongles interminables ont l'air taillés dans une matière indestructible * Jane : ne maîtrise pas encore un grand pouvoir mais semble s'effrayer à l'idée d'être capable de contrôler par la pensée l'humanité entière * Sofiane, Aïssa : c'est un fait avéré – si l'on sépare ces deux jumeaux, l'un devient froid comme un bloc de glace, et la colère de l'autre incontrôlable * Tania : ferait la pluie et le beau temps (parfois sans avoir vu la météo) déprimée en hiver / ou s'il pleut ; euphorique au printemps – transes étonnantes par temps orageux – * Mathéo : un autre personnage à part n'a pas l'air d'écouter (semble doté d'un magnétisme inquiétant) – son appareil à dents repousserait les forces adverses ; lui permet d'attirer les âmes faibles * François-Xavier : « Ensemble nous avons de grandes choses à apporter au reste des humains. Car nous sommes tous reliés comme des points qui s'illuminent dans l'obscurité » – c'est ce qu'explique, lorsqu'il ferme les yeux, l'ex-professeur à ces mutants paumés, tous persuadés d'être un héros placé au centre de la Terre, chacun à sa façon.

Station essence

Dans la nuit sidérale En pleine zone industrielle Comme un soleil Où s’agglutinent les vaisseaux spatiaux Une station essence brille Des humains te regardent à l’abri de leurs vaisseaux de fer Dont les vrombissements sonnent une menace pour l'homme Et leurs lèvres s’agitent au-delà des vitres de verre Ils attendent leur tour et disparaissent dans l’espace C'est comme s'il n'y avait plus rien, au-delà Le monde entier s'est effondré dans un néant de files d'étoiles filantes blanches et rouges et de trous noirs qui brondissent Au loin, dans l'éclat aveuglant de la station service Toi, tu es au cœur d’un différend entre une machine à carte et une dame ancienne Venue tout droit d’une autre époque Il y a un sac plastique Qui pourchasse une bouteille vide Tu as l’impression d’être sur un satellite de Mars Et la station spatiale clinquante S'emporte dans la ronde des détritus de la ceinture d'astéroïdes Pourtant, il reste encore un soupçon d’humanité Dans la voix féminine de l’automate Et l’odeur de pétrole qui te monte à la tête Soudain te donne envie de l’embrasser Quelque chose semble sur le point de se produire Sans le savoir Tu es en train de vivre un grand changement Après avoir refait le plein de carburant Tu regagnes l'enceinte d'un engin de métal Et quittes dans un vrombissement de plus Cette étrange station essence

Notre monde est cruel et absurde

... ... ...

C'est un endroit où pas mal de gens tristes Traînent autour de piteux massifs sur de petits chemins Notre monde est cruel et absurde Il n'est pas fait pour les humains Il y a là-bas deux frères jumeaux assez jeunes aux chevelures grises Qui me regardent fixement avec une étrange expression haineuse Pour commencer un type en peignoir bleu chaussé de sacs plastique Accomplit une espèce de prière au Soleil Puis une femme vient se rouler dans l'herbe à mes pieds En poussant des gémissements évocateurs Je voudrais bien mais elle n'est plus très attirante Un gars qui nous avait peu avant insultés sans raison Se présente à nouveau souriant pour faire connaissance « Toi ici ! Et alors, tu fais quoi dans la vie ? » Un autre vient me raconter Qu'il s'est fait éventrer, cette nuit, par une créature Non non, ce n'était pas un cauchemar Je n'ai qu'à voir, ses tripes sont encore apparentes Par chance, son appareil dentaire éloigne les êtres qui le hantent Et ma voix coule dans l'oreille d'une racaille à qui j'ai refusé une clope Selon lui, je suis une belle salope Voici qu'un ancien camarade de collège passe me voir Plein d'avenir il me faisait mourir de rire Mais aujourd'hui à la télé les gens peuvent lire dans ses pensées Et moi aussi : donc, à présent, je dois cesser Encore, c'est seulement le sommet de l'iceberg Et comme vous, je n'y comprends rien Notre monde est cruel et absurde Il n'est pas fait pour les humains Celui que je suis venu voir est enfin de retour C'était l'heure du goûter et la file était longue Les treize voix dans sa tête sont devenues bienveillantes Elles ne lui imposent plus d'actions violentes Il doit juste tenir sa chambre propre et fumer moins et rester sobre et se remettre au sport et étudier la Bible dans un magazine C'est un enseignement mystique en treize disciplines Tirées d'une doctrine qui prône l'hygiène du corps et l'étude Un vrai délire, et pourtant, le sachant bien, Il ne sait pas pourquoi mais persiste à le suivre En même temps, on s'y retrouve bien Tout le monde a ses habitudes Et l'amour du prochain n'est pas vraiment vital D'ailleurs, j'ai pas mal de choses à faire Et pour un tas de trucs absurdes Je vais m'éloigner là d'un véritable frère Il y a parfois des sas de sécurité dans les asiles Les vitrines interceptent des saluts hermétiques Et ne vous laissent que des lèvres qui s'agitent Il faut vite oublier ce regard de détresse En revenant dans le monde normal La voiture est garée sur une place grise Les gens s'enferment dans des bulles de métal Ils ont l'air de glisser sur des rubans de macadam En suivant des séries de panneaux insensés S'efforcent d'exister sans être trop originaux Et sans avoir jamais essayé de penser Combien profondément ancrés dans nos esprits Et sur combien de sombres conneries Sont nos délires collectifs Combien les choses passent, défilent, hétéroclites Sans qu'on y cherche un foutu rapport Ou des réalités que l'on ignore Combien d'aspects de la nature sont tributaires Du bon fonctionnement de nos putains de cervelles Combien peu de choses existeraient vraiment sans elles Nous avons pourtant tous des histoires bizarres Cachées dans nos maisons carrées et logiques Et des délires que l'on emmure Dans les hôpitaux psychiatriques Notre monde est absurde et cruel Il n'est pas fait pour les humains Et je lui voue parfois une haine profonde Parfois une tristesse immense Le plus souvent, beaucoup d'indifférence C'est un système de défense comme un autre Beaucoup de gens connaissent la souffrance Beaucoup de gens ont tendance à s'en foutre

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