Archives de Tag: Kandinsky

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Et voici Quentin Ski, un livre-boîte réalisé avec Colette Reydet pendant l’exposition Autour du livre d’artistes.

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Synesthésie de la sieste


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Tableau : Composition 8, Kandinsky

un bref repos pour l'âme seule – le frais désert de la pénombre et sur les murs blancs de la chambre : « ceux qui ont semé dans les larmes moissonnent dans la joie »... …le Requiem de Brahms sans la fonction repeat afin de m'endormir en l'écoutant disparaître je suis peut-être vraiment mort et à la fin sous ma fenêtre c'est le chœur de l'église qui chante un autre requiem en fait ce genre de chant est vraiment beau quand on l'entend à peine en fond de la rumeur d'un quartier de banlieue souligner avec discrétion la gloire d'un coin de l'univers qu'on ne voit pas c'est mieux ainsi, un bref repos – le frais désert de la pénombre et sur les murs blancs de la chambre : bipements d'un poids-lourd le passage régulier des moteurs de voitures et les coups de marteau d'un vacancier qui frappe sans doute dans son jardin il y a toujours des grillons qui stridulent sous le soleil ardent et des fils de famille qui piaillent ou sautent dans la piscine de leurs parents souffrent et se mettent à chialer pour un rien j'ai passé un moment avec les gens de mon quartier à conduire des voitures et à planter des clous grillé sous le soleil avec les gosses qui plongent et collé une tarte au petit pleurnichard pour aider sa maman à laquelle j'ai cru plaire c'est tout ce qu'il fallait : l'impression d'exister un moment un bref repos pour l'âme seule puis j'ai rouvert les yeux et les murs de ma chambre étaient toujours blancs

Tranche d’âme taillée dans un rêve

… Gravissant la montagne à vélo
En suivant de la belle inconnue
Le derrière ondulant et moulé,

J’étais parvenu au dessus
Des nuées. La pente se raidissait ;
Mon vieux trousseau de grosses clés
Reflétait un soleil de plomb :

Il fallait mettre pied à terre.
Repartir, mais seul,
Léger comme un éclair,
Sur le droit chemin sempiternel.

A l’arrivée, la foule était immense.
L’endroit, que je ne connais pas, m’était cher, il me semble.
Les amis arrosaient le départ d’une course,
Nous étions très heureux de trinquer tous ensemble
Au milieu d’un grand champ, sur des tables en tréteaux,
Et dans un long et plat château de briques rouges
N’ouvrant aux visiteurs que ses chiottes publiques,
Elle me donnait un baiser abracadabrant.

Au retour minuscule
Filant à toute allure
………de peur qu’un taureau ne me charge
Sous les trop hautes clôtures
……d’un chemin entre deux pâturages
Gondolants
Les troupeaux gigantesques
…………..s’écartaient sur mon passage.

***

Tableau : Kandinsky, La Place rouge.


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