Archives de Tag: littérature

c’que c’est qu’le ski (ou presque)



z’ont
rasé les frondaisons
écrasé la poudreuse
taillé les monts
planté des remontées dans tous les coins
et nous on douille comme des couillons
pour glisser sur ces grands toboggans titanesques
s’entasser dans des files d’attente
et remonter en grelottant
suspendus en plein blizzard
par -3° C :
bizarre…

illustration : source inconnue
(« ski my ass » serait un bon titre non ?)


Anthologie « Un rêve », aux éditions de l’Aigrette

Accompagnement artistique : Tatiana Samoïlova

Des textes de :

Nadia Gilard, Sophie Lagal, Lionel Perret, Valère Kaletka, Didier Gambert, Pierre Rosin, Hélène Duc, Jean-marc Barrier, Cédric Merland, Mich’Elle Grenier, Agnès Cognée, Elisabeth Granjon, Perrin Langda, Clément Bollenot (Clem Bllnt), Catherine Weber, Margot Darvenne, Philippe Labaune, Delphine Burnod, Irène Duboeuf, Danielle Helme, Sandrine Davin, Olga R. Zaslavsky, Pierre Vandel Joubert, Radière Thierry, Marion Lafage, Muriel Carrupt, Cati Roman, Valerie Dorpe, Marianne Desroziers, Eve Eden, Margueritte C., Jacques Pierre (Jacques Pierre poésie contemporaine), Ingrid S. Kim, Veronique Le Milan, Pauline Moussours, Eric Dausse, Marjorie Tixier, Sylvie Miranne, Sandrine Waronski – Auteure, Sonia Leijtz, Sabine Venaruzzo, Jacques Cauda.


CRÈVE
CRÈVE
CRÈVE
(ça ira mieux demain)



guerre de trachée…

39-45 de fièvre…

des Billiards d’êtres insignifiants
exterminés dans le charnier
de tes « american narines »…

oh planète de malades, qu’est-ce que tu couves ?

bon d’accord, t’as la voix nazillarde
t’as une bombe H qui bat dans la caboche…

mais tu sais
c’est pas si grave
une petite crève
carabinée…


(poèmes universels pour microbes)

(image de Blick)


quand on venait pour les vacances, papy Jeannot
tu rentrais du travail juste avant qu’on aille au dodo
tu repartais avant qu’on s’lève
pour vendre des fruits et légumes
dans la grande salle du marché gare de Lyon Perrache
où aujourd’hui les gens écoutent des chansons et du rap
et où mamie s’occupait de gérer les factures
pour son mari bien décidé à faire fortune
toi tu étais encore tout jeune
t’avais ta Mercedes toute neuve
mais j’te voyais déjà comme un grand-père
qui nous faisait de très gourmandes crêpes
au vinaigre
le weekend

tu sais mamie Odette
quand on t’accompagnait faire les courses au Mammouth
promis c’était toujours quasi uniquement par amour
mais aussi pour que tu nous achètes un album de Radiohead
ou un nouveau jeu Megadrive
ou encore des partoches de Metallica
qu’on lorgnait avidement depuis des jours
et ça marchait presque toujours
parfois même plusieurs fois par jour…
mamie Odette
toi qui nous fis entrer pour la première fois au Macdo
t’ai-je assez dit merci pour tous ces cadeaux
toujours plutôt modernes
à la pointe de la dernière mode ?
il faudrait te dédier une odelette
pour que tes jours
courent
toujours…

(un sonnet pour papy Jeannot, une odelette pour mamie Odette)

 


glandus



les arbres
pioncent
24H/24

passent les saisons
à rien foutre

le jour
ils bouffent
de la lumière
fument des pots
d’échappement
en éructant
l’air pur

la nuit
ils picolent de l’O2
crachent des ténèbres
larguent des fumées bleues

d’ailleurs comme vous l’avez sans doute déjà noté
c’est contre productif et complètement absurde

pas étonnant
que nombre d’entre eux
finissent en chaises IKEA
en cabanes de jardin
et autres meubles
agglomérés

s’ils restent plantés là
à rien glander du tout
même pas foutus
de deviner

le poème
du livre
qu’ils rêvent
de devenir
ces branleurs !


Dans l’émission D’autres Rivages sur décibel fm, on parle poésie : avec des extraits – poèmes de Luna Miguel, ma pomme, Xavier Frandon et Cathy Garcia (suivi d’une interview de Cathy Garcia)… Cliquez ici ou sur l’image pour aller écouter…


tous les enfants
viennent du futur
on les a téléportés furtivement
dans un passé fantasmagorique
qui est notre banal présent
ils y passeront bien quelques décennies
en quête d’un portail vers leur destinée
nous, nous aurons juste le temps
de changer leur futur en un avenir précaire
tous les enfants viennent d’un futur parfait
ils ne le reverront jamais


poésie bio
éphémère
et sans conservateur
élevée en plein air
chez les vrais paysans d’la campagne
pour faire attention à la ligne
à la ligne
et encore à la ligne
sans colorants sans fioritures et sans figures de style
et sans putains d’édulcorants bordel de m#%$*
en respectant les normes européennes
mais toute bien pleine de vers
et même

de trous
c’est une poésie cultivée
sur un site internet 100% naturel
qui protège la forêt amazonienne
car il n’utilise
pas de
papier


ton (h)ombre

les gens
prétendent
haïr la nuit
qu’elle est trop noire
qu’elle est sournoise
trop différente
elle fait peur aux enfants
qu’elle reste avec leurs rêves !
eh oui la nuit les gens
défendent ce genre d’âneries
pourtant le jour ils en ont tous une petite part
toute parsemée d’invisibles micros trous noirs
et cette part on l’appelle une ombre
c’est la part de la nuit
dont le monde nous fait don
la part que le néant nous donne
à protéger
de la lumière
des niais


– Super dessin bonhomme ! On reconnaît bien la nouvelle maison de la famille Cochon… Bon, maintenant, la maitresse, elle veut que tu dises si tu as bien aimé le livre ou pas. Alors, tu as bien aimé ?
– Oui, z’ai bien aimé.
– Alors entoure le bonhomme qui sourit… Voilà… Et maintenant, tu me dis pourquoi tu as bien aimé, et je l’écris là. Alors, pourquoi tu as bien aimé le livre ?
– Parce que z’ai bien aimé, parce que z’ai lu le livre à la bibliothèque, et z’ai bien aimé.
« Parce que j’ai bien aimé, parce que j’ai lu le livre à la bibliothèque, et j’ai bien aimé. » D’accord, mais pourquoi tu as bien aimé ? Il y a d’autres raisons ?
– Parce que z’ai bien aimé le livre, ce qui était dessus.
« Parce que j’ai bien aimé le livre, ce qui était dessus. » Autre chose ?
– Et aussi, ce qu’il y avait dedans.
« Et aussi, ce qu’il… »
– Et aussi, z’ai bien vu dessus que y’avait les cossons.
« …y avait dedans. Et aussi, j’ai bien vu… »
– Et aussi, z’ai bien aimé
« …dessus que y’avait les cochons. Et aussi, j’ai bien aimé. » Voilà, c’est noté ! Très bon travail mon fils ! Y’a plus qu’à écrire ton nom en haut !

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)


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