Archives de Tag: Mieux vaut en rire!

L’Antipoème

Les poètsont des gens
Qui écrivdes poèmes
Parlant de poésie

Dans un stylqui ne touche
Que lézautreupoètes
Qui ne les lizmêmpas

Car ils préfèrécrire
Leurs poèmeuzaeux
Parlant de poésie
Que personneuneulit

D’où la question idiote
Qu’on entend tout le temps :
Bordel, ça sert à quoi
D’écrireudes poèmes ?


Métamots

– Je t’écris ces mots divers,
métamorphosés
par la fantaisie…

– Jeux aigris, ces modes ibères,
mets amorphes ! ô, ces
perles vendent, et si !

– Je t’ai pris ces maux d’hiver,
et ta morve osait
parler d’endémie…

– Chut ! et crie ces maudits vers :
« et ta mort faisait
peur à Van Helsing… »

2006


Le poète qui dit pouet

Janvier 2011


Le Réel

Octobre 2010

Magritte, Le Miroir vivant, 1928


Le tour de passe-passe du clown triste

avril 2010


Comptine

Il y eut le soleil,      souverain des planètes,
il y eut l’océan,      de profundis seigneur,
il y eut l’Everest,      à jamais empereur
des hauteurs, et la paix      inflexible des crètes…

Puis vinrent le baobab,      schah de la forêt vierge,
le très haut séquoïa,      roi des futaies du Nord,
et le tyrannosaure,      tyran des dinosaures –
cependant ces derniers      succombèrent sur la berge,

et avec la baleine,      des gouffres marins reine,
il y eut le li-on,      saigneur des animaux,
et le large condor,      grand Inca des oiseaux –
bien que de ces trois-là      ne durât guère le règne ;

alors arriva l’homme,      qui crut tout dominer :
il y eut le Lou-is      d’or, maître universel,
l’être humain s’asservit      aux objets matériels,
se subjugua lui-même      aux acides aminés,

et de tout n’étant rien      qu’un étrange sujet,
disparut dans le monde      éphémère et sans fin,
à l’image du réel,      aussi vide que plein,
de son ordinateur,      souverain des objets…

La morale, c’est bien sûr      que n’est pas reine l’âme
en ce monde, sur les choses,      qui toujours la réclament :

il y a le soleil,      souverain des planètes,
il y a l’océan,      de profundis seigneur,
il y a l’Everest,      à jamais empereur
des hauteurs, et la paix      inflexible des crêtes…

mai 2010

Illustration : Kitagawa Utamaro, Le lever du soleil à Futamigaura


La Chanson de Personne

Comme quand le poulpe qu’on arrache à sa retraite
emporte des cailloux accrochés à ses tentacules,
Ulysse avait laissé attachés au rocher
des lambeaux de ses mains hardies ; le flot le recouvrit.

…Ecoutons écoutons la chanson de Personne, tandis que dans la grande gueule trépassent les anonymes, sous l’immense œil de Grangougueule, et renaissent les pseudonymes… Mon nom est Personne : telle est aux yeux la poutre, lorsque l’on se désillusionne, que l’on a tendance à s’en foutre... Ce n’est pas moi qui ai crevé l’immense œil du Cyclone, et je n’ai pas filé de moutons sous la laine ; Je n’ai pas navigué sur Pégase à pleins gazs, par delà les Tropiques des Cancers, dans les concerts de paix aux anabases ; Je n’ai pas la ville de Troie renversée, en Lybie je ne suis pas allé, et ne connais du nom d’Hector nul guerrier – alibi ? Personne je ne suis. Mon nom est Personne, et si l’amour me fait tomber à l’eau, qui restera sur le radeau ? ……………………………………………………………. …Tandis qu’endorment nos soupçons les doux octets d’octosyllabes, aussi doctes qu’abbé, mais rectifiés villes arabes aux autochtones macchabées, écoutons écoutons la chanson de Personne… Qui n’a pas refusé le fruit des Lotophages, et dont l’esprit outre Persée, s’est dispersé par l’œsophage de la croisée de son PC ! Qui n’est descendu aux enfers comme aux Champs Elysées pour retrouver Personne, outre l’outre des alyzées de l’esprit de ses pairs ! Qui n’a résisté ni aux charmes des magiciennes ni au chant des sirènes sans armes, et épisode attendrissant, fut bel et bien changé en porc ! Qui a foncé tout droit aux mécaniques gueules de Charybde et Scylla, engloutissant les vaches folles et les bœufs sacrés d’Hécolios ! Dont le nom est Personne... et si l’amour nous fait tomber à l’eau, ne restons pas sur son radeau ! ……………………………………………………………… …Ecoutons écoutons la chanson de Personne : quand dans le vide de la toile sonne l’appel des matelots, y a-t-il un homme qui abandonne, pour la voûte aux étoiles, la suavité de son îlot ? Et même s’il s’en fût agi de lui ! jamais parti, jamais rentré chez lui, il n’eût jamais quitté celle qu’il n’eût (en ne tuant nul autre que lui-même) pas retrouvée - et Personne n’eût vu qui convoitât celle qu’il aime. - Il n’eût en effet trouvé que lui-même, qui convoitât celle qu’il aime - sur son écran d’ordinateur, dût-il de son jeu vidéo anéantir les avatars des héxadécimaux héros ! - Dût-il de son jeu vidéo anéantir les numéraux hérauts des armées des empires (archers montés sur des griffons, chevaux ailés ou vampires assoiffés de sonneurs d’olifant !) - Dût-il archer monté sur un griffon, assoiffer les sonneurs d’olifant ! il n’eût en effet tué que lui-même, sur son écran d’ordinateur (Personne ne convoitant celle qu’il aime, il n’eût trouvé que son propre avatar). Nom : Personne. Et si l’amour nous fait tomber à l’eau, qui restera dans le radeau ? …………………………………………………………………… Ecoutons écoutons la chanson des individus lambda - ce n’est pas moi - la chanson de Personne - ce n’est pas moi - la chanson de Personne - ce n’est pas moi - la chanson de Personne - ce n’est pas moi - la chanson de Personne - ce n’est pas moi - la chanson de Personne - ce n’est pas moi - la chanson de Personne - ce n’est pas moi - la chanson de Personne - ce n’est pas moi - la chanson de Personne - ce n’est pas moi - la chanson de Personne - ce n’est pas moi - la chanson de Personne - ce n’est pas moi - la chanson de Personne - ce n’est pas moi - la chanson de Personne - ce n’est pas moi - la chanson de Personne - ce n’est pas moi - la chanson de Personne - ce n’est pas moi - la chanson de Personne - ce n’est pas moi - la chanson de Personne - ce n’est pas moi -  

juin 2010

illustration : Kajan, « Polyphème ou le reflet de Personne »  – avec une reconnaissance infinie pour la beauté de son geste


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