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Aujourd’hui, deux poèmes extraits de Soleil Plouc, recueil de Laurent Bouisset, paru en 2018 aux éditions du Pédalo Ivre. Allez aussi faire un tour sur son blog Fuego del Fuego, où vous pourrez lire ses excellentes traductions de poètes d’Amérique latine.

Piotr Pavlenski

un poème réussi rameute chez toi les flics
s’ils ne déboulent pas c’est qu’il chie
les miens chient tous
d’ailleurs tant mieux
j’ai moyennement envie
de leur ouvrir en calbar
à ces ploucs
et puis s’ils défonçaient la porte
faudrait la repayer après
alors qu’on a déjà fait rajouter
un verrou y a trois jours
moralité : je fais en sorte de rater
mes poèmes consciemment
c’est pas très digne
et même très plouc
que voulez-vous ?
je ne suis pas Piotr Pavlenski
qui incendie la Banque de France
lui finit dans les bras des flics immédiatement
c’est un Russe, un géant !
je me sens tout minable à côté
presque un gland

Allez vous faire foutre

les gens qui disent de mes textes
qu’ils sont noirs…
un peu trop noirs…
un peu trop chargés en noirceur quand même…
c’est pas demain la veille qu’ils obtiendront
de ma part un nuage de lait…

et d’ailleurs
c’est quoi cette accusation d’être noir ?
qu’ils fassent un peu gaffe à leur gueule !
ou je m’en vais direct les accuser de racisme !

et ceusses alors qui me conseillent
d’être un peu plus léger ?
lapin doux bondissant dans le thym frais
la bite au trèfle et le nez devenu une fleur…

ils ne voient pas qu’il y a
dix ans de ça en Picardie
je pesais quinze kilos de plus au moins !
ils attendent quoi de moi merde à la fin ?
que j’accroisse mes footings encore
jusqu’à ressembler à une planche à pain ?!

Laurent Bouisset


Fais passer l’poème : Simon Allonneau

P’tit extrait de La vie est trop vraie, de Simon Allonneau. Une poésie du quotidien, à laquelle un humour un peu absurde et fantaisiste vient donner une jolie couleur onirique. C’est paru aux éditions Le pédalo ivre en 2014.

Simon-Allonneau-La-vie-est-trop-vraie-nov-2014

ça ne compte pas

je n’étais pas prêt

ça ne compte pas. je ne vais pas mourir

je n’étais pas prêt

ce n’est pas vrai.

je ne suis pas mort

je n’étais pas prêt

Aidez-moi à me relever,

ce n’est pas juste

vous n’allez pas me laisser là

on recommence

hé ho

je vous parle

est-ce qu’il y a quelqu’un ?

je voudrais qu’on me relève

je n’étais pas prêt

Simon Allonneau


Fais passer l’poème : Thomas Vinau (again)

Aujourd’hui, un poème de Thomas Vinau extrait de Les Derniers seront les derniers, publié en 2012 aux éditions Le Pédalo ivre :

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De la matière comme énergie organisée

Le petit mouton de poussière
traversa portes et fenêtres
terrasses jardins chemins contrées
toute une grande vie de vadrouille
sans se rendre compte le moins du monde
que c’est le vent qui le portait

……

Thomas Vinau
Blog de l’auteur


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