Archives de Tag: pensée

Avant, quand je voyais un paysage qui me plaisait, je prenais des photos. Je prenais des milliers de photos de vacances, je les stockais dans des centaines de fichiers de photos de vacances, et je ne les consultais plus jamais. Je voulais à tout prix capturer la beauté de ces lieux avant de reprendre ma route, mais retranché derrière mon objectif, je passais complètement à côté de leur vraie nature. Naturellement, quand j’ai compris l’absurdité de cette démarche, je me suis mis à essayer de prendre un peu moins de photos, et à garder le temps de regarder subjectivement le monde, avec mes propres yeux. J’ai commencé à contempler vraiment mes points de vue, et en tournant les pages des strates de couches sédimentaires, j’ai appris à identifier mes paysages intérieurs. À mesure que les parois de ma boîte crânienne s’évaporaient parfois dans un ciel panoramique, je ne prenais bientôt pratiquement plus aucune photo, vu que cette grande pupille bleutée plantée dans mes orbites terrestres allait plus loin dans mes pensées, dans la pensée du monde, que n’importe quel instrument de réflexion optique, si performant fût-il. Puis un jour, en été, à la suite d’un départ en vacances un peu précipité, j’ai oublié mon appareil photo mais j’ai quand même pris des poèmes, et j’en ai ramené quelques-uns en couleur…

photo : Smith Smith, « Runny »


« La durée de la vie de l’homme ? Un point. Sa substance ? un flux. Ses sensations ? De la nuit. Tout son corps ? Un agrégat putrescent. Son âme ? Un tourbillon. Sa destinée ? Une énigme insoluble. La gloire ? Une indétermination. En un mot, tout le corps n’est qu’un fleuve ; toute l’âme, un songe et une fumée ; la vie, un combat, une halte en pays étranger… »

Marc Aurèle, Pensées à moi-même,
anthologie aux éditions des mille et une nuits


L’origine de l’homme

l'idée de réunir en quelque infinitésimal neurone de la pensée interstellaire la puissance éruptive du néant les possibilités de l'eau et de la foudre les reflets de soleil des stations balnéaires la mélodie des variations de la nature les phénomènes sensationnels des sensations phénoménales et voilou, te voici Homme (Femme) Ô bulles de physiolophie sur le bien et le mal en pléonasmes oxygénés qui se déchirent dans l'océan qui font l'amour recouverts d'huile trimant vers les congés payés au sel des rires d'enfance dans les plaies des départs en vacances avec dans la caboche des idées d'étendues infinies

Le berger des nuages

ils forment la pensée du bien quand ils s'amalgament et la pensée du rien quand ils se dissolvent puis s'autodissipent ou bien s'entramalgament au nom de ces pensées-mêmes dans le ciel bleu du mois d'avril du moins aux yeux du berger des nuages qui n'est plus qu'un nuage parmi les nuées à demi sommeillant et pensif dans le flou de ses propres pensées

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