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La pelle de la forêt
(lettre ouverte à l’esprit de Jack London)


cher Jacques
de Londres
ici y fait 3°C au soleil
nous on aime bien mais bon

c’était p’t-êt’ pas la peine de m’remercier
d’avoir forcé des centaines de cinquièmes
à lire tes livres

en m’faisant jouer
au chien d’traîneau
charriant une poussette
tout-terrain installée
sur une
luge

tu sais
j’ai l’impression qu’mon fils et ma nana
s’prennent un peu trop pour des trappeurs
quand ils me crient
« PLUS VITE PAPA !
PLUS VITE ! » en équilibre
là-d’ssus

mais comme
j’ai encore une pépite
de sept ou huit kilos
qui dort
dans mon
traîneau

et qu’ma
mine d’or
c’est leurs
éclats
de rire
quand
j’m’étale
dans la
neige

j’veux bien
qu’tu d’mandes à tous tes personnages
si y’a une aut’ manière de braver la poudreuse en famille
quand on n’a ni raquettes ni skis et deux gosses en bas-âge
vu qu’y s’y connaissent bien
asskip’

PS : tes romans du Grand Nord
est-ce tu t’imagines où j’me les fourre ?

et mes fourrures
j’te dirai pas
où j’les capture
quand j’me réchauffe
près du feu
de ma
meuf


– Papa, as peur des éléphants toi ?
– Bien sûr que j’ai peur des éléphants !
– Mais non ! As peur de rien toi ! Es très fort !
– Oui, bon, d’accord, mais là, quand même, un éléphant c’est très gros, je peux rien faire moi…
– Mais toi tu es très grand papa ! Beaucoup beaucoup !
– Alors oui, certes, mais pas assez quand même… Moi à côté d’un éléphant je suis tout petit et j’ai très peur, tu sais c’est normal d’avoir peur quand on fait pas le poids, c’est même plutôt raisonnable en fait…
– Mais tu sais, si y’a un éléphant, ze te protèze moi.
– Ah bon !? Et comment tu vas faire ?
– Si y’a un éléphant, toi tu rampes, et moi je te tire par les pieds ! Comme ça !
– Ha ! Ha ! Ben dis-donc ! Maintenant j’ai plus peur !
– Non ! Écoute ! Après il faut on court tous les deux très vite !
– Ha ! Ha ! Ha ! Mais c’est vrai ça ! Vite vite !
– Et il faut bien attacher les bottes ! Sinon on va tomber et l’éléphant il va nous attraper !
– Waouh ! Je me sens prêt à affronter des éléphants maintenant ! Et même des lions !
– Papa, as peur des lions toi ?

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)


manuel de grammaire pour les jeunes mamans top-modèles


la première langue
d’une larve d’homme
c’est des
larmes

la deuxième
quand il fait
risette

après
(syllabes mots phrases poèmes romans traités de linguistique…)

ben c’est du babillage


un nouveau dessin dEric Demelis légendé par bibi


humble fresque pour un plafond d’appartement

 


j’observe le plafond blanc
allongé sur le faux-parquet

derrière ce plafond
un autre logement

à la suite de cet appartement
encore une autre case de pierre

après le toit de mon immeuble
un large plafond de nuages

au-dessus des nuages
la grande voûte du ciel

au-delà de la voûte du ciel
un immense firmament d’étoiles

par-delà les étoi…
aïe

j’me suis cogné le front sur une plume d’ange

 


– Papa, c’est quand on arrive chez Papy et Mamie ?
– Bientôt, dans un quart d’heure…
– Papa, c’est quoi un quart d’heure ?
– Un quart d’heure c’est le temps de regarder trois épisodes de Peppa Pig.
– Papa, m’ennuie moi.
– Eh ben dans un quart d’heure tu t’ennuieras plus.
– Papa, quand c’est un quart d’heure, m’ennuie plus. Mais quand c’est deux heures, m’ennuie encore.
– Hein ?
– Quand c’est deux heures, m’ennuie encore. Mais quand c’est treize, m’ennuie plus.
– Euh, je comprends pas là… À treize heures tu t’ennuies plus ? Mais là c’est dix-sept heures !?
– Mais non ! Quand c’est krinze heures, m’ennuie encore. Mais quand c’est un deux trois, sept six neuf, vingt et un, vingt deux, m’ennuie plus. C’est facile !
– Ah oui, à vingt et une heure ou vingt deux heures, tu dors, alors forcément, tu t’ennuies plus. C’est ça ?
– Ben oui, tu vois c’est facile !
– Euh…
– Papa, c’est quand on arrive chez Papy et Mamie ?

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)


Le dernier numéro de Terre à ciel est en ligne !

On peut y lire des extraits de mes différents recueils !

Et plein d’autres gourmandises !

Merci à Cécile Guivarch !

 


Un conte de fées tout à fait vraisemblable au 21e siècle :
« L’histoire de la princesse Courrielle et du prince Chargement »

un jour
mon ordi portable
et celui de ma femme
ont eu
une jolie petite tablette
qui en épousa une autre
et enfanta
toute une ribambelle
de smartphones
trois
générations d’appareils
que partagent une famille
connectée
ils eurent beaucoup d’écrans
et vécurent chacun dans leur
coin


bioman

à une époque
je me prenais
pour la guerre des étoiles
en version minuscule
on m’appelait Carboni de Calliste
je défendais la triste et ténébreuse
dame Azotée d’Alcide
en esquivant
les oxydoréductions acides
de l’infâme et infanticide
Oxygéna d’Orion
et je glissais à toute vitesse
dans ma superoxyde dismutase
en criant
glycolyse !
cyclone de Krebs !
bouclier bêta carotène !
sabre laser
je suis ta mère
je suis
Ribulose
le ribosome
ribouldingue
Borohydrure
super homme
du futur
Hexokinase
un ex maso sexuel
addict’ à l’A.D.N.
et les nuits clignotantes
où l’on voit les étoiles
je fais coucou
à Léon
mon p’tit
électron
libre qui
vibrionne à
une chance
pour un million
non loin des dunes
nuageuses d’une
nébuleuse
ionisée
ici ou bien
là-bas
ailleurs
et
qui
sait
..


10 mauvaises résolutions
(et bonne année quand même)


tu croiras
en n’importe quoi
plutôt que d’accepter
que tu n’es pas grand chose

l’homme qui voulait faire carrière
pas dans l’immobilier ou la restauration rapide
mais dans la poésie contemporaine
et ce sans être mort
depuis plus de 3 siècles
alors
bonne
chance

j’ai une idée
si je vivais ma vie sociale
sur les réseaux sociaux

pense
à acheter
– des crevettes
– du chocolat
– un smartphone
(logo « esclavage
équitable »
dessus)

tiens
si on mettait notre destin
entre les mains de la bonne fortune
des plus grandes multinationales ?

bon maintenant tout le monde va se mettre à flipper pour l’environnement
mais sans jamais vraiment s’enquiquiner la vie avec tout ça

citoyens
citoyennes
allons ensemble
évacuer nos peines
vider nos craintes
sur le tout premier
bouc émissaire
venu

message très important
à toutes les civilisations aliens
de l’autre bout de l’univers
nous vivons sur la Terre
troisième planète à gauche
après l’étoile nommée soleil
nous ne sommes dangereux
que pour nous-mêmes

croissez
multipliez-vous
mais loin de ma
petite famille

chérie
si tu venais
regarder
le coucher de soleil
de notre société
avec moi
ce soir ?


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