Archives de Tag: poème

c’que c’est qu’le ski (ou presque)



z’ont
rasé les frondaisons
écrasé la poudreuse
taillé les monts
planté des remontées dans tous les coins
et nous on douille comme des couillons
pour glisser sur ces grands toboggans titanesques
s’entasser dans des files d’attente
et remonter en grelottant
suspendus en plein blizzard
par -3° C :
bizarre…

illustration : source inconnue
(« ski my ass » serait un bon titre non ?)


Aleyna



elle dit
« EH !
C’EST BLACK FRIDAY AUJOURD’HUI ! »
tout fort en plein milieu d’une lecture solennelle de Petit pays
ou
« vous savez
m’sieur l’école
c’est un vrai poids pour nous… »
alors que presque toute la classe
est toujours motivée
ou
simplement
« salut ! »
en rentrant dans la salle
vingt minutes en retard
sans explication
Aleyna quoi
sa couette qui lui tire les yeux comme une chouette
elle rit souvent mais elle se prend des vents
elle a trouvé son stage
complètement par hasard
dans la petite enfance
et elle s’en fiche
elle dit
« vous nous parlez toujours de quand on sera adultes
mais nous on voudrait juste rester en enfance… »
d’ailleurs
en rédaction
elle trouve
1. que le jour où elle aurait dû se dénoncer
à la place de son frère
pour avoir piqué des bonbons
dans le placard de leur maman
« est un vrai acte de bravoure qu’elle aurait préféré ne pas manquer »
2. que treize est une bonne note qu’elle avait jamais en français
3. et qu’aujourd’hui
défaire sa tresse
avec une grosse brosse noire et rose
dans le fond de la classe
ça l’aide
à trouver
des idées


poésie aux chiottes



en ce lieu
de pets

tu es en train
de déposer
un colombin

qui déploie ses airs
dans le fiel des nues


CRÈVE
CRÈVE
CRÈVE
(ça ira mieux demain)



guerre de trachée…

39-45 de fièvre…

des Billiards d’êtres insignifiants
exterminés dans le charnier
de tes « american narines »…

oh planète de malades, qu’est-ce que tu couves ?

bon d’accord, t’as la voix nazillarde
t’as une bombe H qui bat dans la caboche…

mais tu sais
c’est pas si grave
une petite crève
carabinée…


(poèmes universels pour microbes)

(image de Blick)


quand on venait pour les vacances, papy Jeannot
tu rentrais du travail juste avant qu’on aille au dodo
tu repartais avant qu’on s’lève
pour vendre des fruits et légumes
dans la grande salle du marché gare de Lyon Perrache
où aujourd’hui les gens écoutent des chansons et du rap
et où mamie s’occupait de gérer les factures
pour son mari bien décidé à faire fortune
toi tu étais encore tout jeune
t’avais ta Mercedes toute neuve
mais j’te voyais déjà comme un grand-père
qui nous faisait de très gourmandes crêpes
au vinaigre
le weekend

tu sais mamie Odette
quand on t’accompagnait faire les courses au Mammouth
promis c’était toujours quasi uniquement par amour
mais aussi pour que tu nous achètes un album de Radiohead
ou un nouveau jeu Megadrive
ou encore des partoches de Metallica
qu’on lorgnait avidement depuis des jours
et ça marchait presque toujours
parfois même plusieurs fois par jour…
mamie Odette
toi qui nous fis entrer pour la première fois au Macdo
t’ai-je assez dit merci pour tous ces cadeaux
toujours plutôt modernes
à la pointe de la dernière mode ?
il faudrait te dédier une odelette
pour que tes jours
courent
toujours…

(un sonnet pour papy Jeannot, une odelette pour mamie Odette)

 


– Maman, tu sais, des fois, y’a des drones !
– Hein ?! Mais de quoi tu parles ?!
– Ben dans la cour de l’école ! Y’a des drones !
– Mais !? Tu sais ce que c’est, des drones ?!
– Beeen oui, zeee sais… Attends, ze t’esplique : en fait, dézà, les drones, c’est des petits hélicoptères qui volent, et ils nous surveillent ; et pour nous surveiller, quand on zoue dans la cour, et ben ils prennent des photos et ils nous filment ; voilà, c’est simple !
– Enfin, mais qui t’a raconté tout ça ?
– Ben, parsonne, ze le sais, c’est tout !
– Chéri ! Viens voir ! Ton fils raconte des choses vraiment bizarres !

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)


Dans l’émission D’autres Rivages sur décibel fm, on parle poésie : avec des extraits – poèmes de Luna Miguel, ma pomme, Xavier Frandon et Cathy Garcia (suivi d’une interview de Cathy Garcia)… Cliquez ici ou sur l’image pour aller écouter…


Papa ! Z’ai un Zeu ! Là, c’est le camp ! Et si on est sur le lit, y’a de la lave et des tyrannosaures ! Viens vite dans le camp Papa ! Viens !
– … Hein… C’est quelle heure ? … Mais…. Si y’a de la lave, les tyrannosaures y vont brûler…
– Non mais parce que la lave elle est tout en bas du volcan et le volcan, il crache plus du feu alors les tyrannosaures, ils peuvent venir ! Allez ! Viens dans le camp Papa ! Vite !
– … Heu… Mais… Si y’a un tyrannosaure… je lui tape sur le nez… Et je reste dans le lit…
– Mais Papa, les tyrannosaures c’est bien plus fort que les Papas ! Ils vont te croquer comme un sandwitss’, si tu restes dans la couette ! Viens dans le camp ! Allez ! Papa !

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)


tous les enfants
viennent du futur
on les a téléportés furtivement
dans un passé fantasmagorique
qui est notre banal présent
ils y passeront bien quelques décennies
en quête d’un portail vers leur destinée
nous, nous aurons juste le temps
de changer leur futur en un avenir précaire
tous les enfants viennent d’un futur parfait
ils ne le reverront jamais


poésie bio
éphémère
et sans conservateur
élevée en plein air
chez les vrais paysans d’la campagne
pour faire attention à la ligne
à la ligne
et encore à la ligne
sans colorants sans fioritures et sans figures de style
et sans putains d’édulcorants bordel de m#%$*
en respectant les normes européennes
mais toute bien pleine de vers
et même

de trous
c’est une poésie cultivée
sur un site internet 100% naturel
qui protège la forêt amazonienne
car il n’utilise
pas de
papier


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