Archives de Tag: poème

Paysage
HD

ciel bleu :
un fond d’écran
sur ton mobile

nuage :
là où toute ta mémoire synchronisée s’envole
et restera après ta mort
tant qu’il y aura de l’électricité

soleil :
souriant
comme
sourirait un
emoticon

oiseaux :
ancienne sonnerie désuète

forêt :
arborescence
de sites
ou de fichiers
touffus
à explorer

rivière :
tu baignes toujours deux fois dans le même flux d’actus

montagnes :
les murs immenses
de ton accoutumance

promeneurs :
profils qui fuient quand tu les double-cliques

aimée :
jamais la même
jamais une autre
toujours virtuelle

fenêtre :
faille dans
un écran
pour s’aérer
l’hébétude

 

image : auteur inconnu, source web


Sinon, en cliquant ici, vous pourrez lire un article très sympa sur mon nouveau petit recueil Glace Belledonne


Fais passer l’poème : Estelle Fenzy

L’Entaille et la Couture, un très beau recueil à l’écriture tendre et serrée comme un gros câlin, par Estelle Fenzy, aux Editions Henry : extrait…

Serre-moi

Que pas un centimètre
ne nous écarte

C’est vide cet espace froid
quand debout face à face

Serre moi

Qu’il n’y ait de place
entre nos peaux

ni pour les regrets
ni pour la petite âme
d’un oiseau

 


...

 

Élégie d’une
fripouille
(message mp à toutes les femmes invraisemblablement sexy
qui m’invitent tous les jours en ami sur Facebook)


salut
t’est mignonne tu sais
ça te dirais qu’on fasses un peu de poésie tout les deux ?

(alors ton pc n’a aucun virus
c’est juste deux ou trois petits vers)

le poète
cette pétasse illettrée
déguisé en homme à lunettes
qui fais semblant de vouloir te séduire
en t’abordant comme ça sur les raisons sans cieux

eh ben quoi ma jolie toi et moi on est presque pareils tu vois bien

j’ai des millions
de vérités sur un blog en Sierra Leone
mais il faudra être certain de pouvoir compter avec toi
parce que je vais d’abord avoir besoin que tu me donne un peu des tiennes

CLIQUE SUR CE POÈME
CLIQUE SUR CE POÈME
CLIQUE SUR CE POÈME
CLIQUE SUR CE POÈME
CLIQUE SUR CE POÈME
CLIQUE SUR CE POÈME


.

..

avec ma femme
on a écrit un poème
à quatre mains

..

(bon là
il fait du toboggan

je le surveille
en rêvassant
quelques bribes
de vers


alors
ce
monde
euuuuuuh
est semblable
à un
jardin
un jardin d’enfants
qui s’chamaillent
– non vaudrait mieux –
qui courent partout
sous les nuages qui passent
sous le soleil
– ou plutôt tiens –
/// putain mais qu’est-ce qu’on est bien ici ///
sous le regard
de
…)

aïe
mon poème
s’est cassé la gueule


halfie

À qui sont toutes ces belles photos d’immensités ? Est-ce que c’est sur le fil du temps qu’on les voit défiler ? Est-ce qu’elles scintillent différemment quand on éteint la nuit ? Est-ce qu’elles se ressemblent aussi bien à la lumière des pires cauchemars ? Dans quel envers de notre Histoire se sont perdus tous les visages qu’elles représentent ? Qui a pris ces portraits souvenirs d’un présent oublié ? Est-ce que c’est simplement leur propre solitude qui leur tient l’appareil ? Ou bien est-ce qu’ils essaient plutôt de tourner le dos à leur propre mort ? Est-ce que c’est sur le fil du temps qu’on les voit défiler ? Ou est-ce qu’ils filent au gré des pages du vent ? À qui sont toutes ces belles photos d’immensités ?

(extrait des Maximes de nulle part pour personne, dessin d’Eric Demelis)


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l’hiver
on s’habille

quand

la nature au contraire
se met toute nue

elle montre à tous sa peau de terre toute jaune
tachetée de feuilles rousses

les cheveux gris de ses branchages

hirsutes
ses vieilles ravines
boueuses abandonnées

on dirait une grand-mère fébrile
qu’aurait voulu aimer une dernière fois

avant de finir

ensevelie
sous les neiges éternelles

sauf

qu’il lui reste toujours
quelques fleurs de primevères

prêtes à bourgeonner

comme de l’acné juvénile
sur la peau d’une gamine

malicieuse

***

(j’ai oublié mon appareil photo mais j’ai quand même pris des poèmes)

 


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tutoriel
pour devenir poète
au 21e siècle


la poésie
est un jeu
vidéo

ouvre un blog
ton score
c’est le nombre de vues par jour

en bref
tu vas devoir parler aux robots et aux hommes
environ deux-trois fois par semaine

assez souvent pour que les algorithmes
te fassent apparaître assez haut
dans les résultats de recherche Google

mais pas trop
faut bien qu’un être humain ayant d’autres occupations
puisse soutenir le rythme des publications

tu perds
quand les robots
oublient ta page

les méchants c’est les trolls
les spams d’escrocs
et les comptes piratés

les gentils c’est les blogs d’éditeurs
les visiteurs-lecteurs fidèles
et les appels à textes de revues

tu gagnes
si quelqu’un dit
merci

tu vas quand même pas avoir peur de vouloir qu’on te lise
ou honte de caresser l’espoir qu’on te comprenne un peu
c’est pas comme si c’était qu’un vulgaire acte de communication

encore une fois
le but est de sauver le monde
mais personne n’y arrive jamais


RIP
(pomème)

rip

…d’accord c’est toujours les meilleurs qui montent au ciel / mais c’est pas toujours forcément les plus grands esprits / qui sont portés aux nues par ceux qui restent ici


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Mec, ça te dirait d’évoluer dans une sphère où même la langue fasse en sorte que tu disparaisses ?

 …

Où l’on doive dire « Monsieur la Présidente », cet homme est « une grande écrivaine », ou « Doctoresse Jean Bidule » avec une certaine gêne, mais « caissier », «  homme de ménage » ou «  père au foyer » sans le moindre problème ?

Où on t’appellerait « elles » dès qu’une femme traînerait dans les parages, même si t’étais avec seize autres camarades ?

Où toutes les femmes se traiteraient sans arrêt de « sales gaillards » ou de « grosses gouines » entre elles, comme si la virilité elle-même était une vile atteinte à leur féminité ?

Où elles te laisseraient faire ton choix entre te maquiller la face  pour ressembler au masque d’un fantasme, ou t’effacer sous un voile de tissu qui puisse dissimuler c’que t’es vraiment, ou les deux finalement ça t’va pas si mal ?

Où tu te fasses traiter d’« vulgaire beauf hoministe » si ça te plaisait pas, vu l’fait que c’est bien mieux qu’avant qu’ailleurs ou même qu’ici d’ailleurs ?

Où des corps d’hommes parfaits soient placardés à moitié nus dans toute la ville pour vendre des produits divers aux dames, et se fassent bringuebaler à quatre pattes dans les encarts publicitaires de certains sites de télédéchargement squattés par ta branleuse d’adolescente ?

Mec, ça te dirait d’passer juste une journée sous l’épiderme de la plus banale des nanas, même sur une terre prétendument pas trop barbare ?

 


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