Archives de Tag: poème

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17 poèmes de chiottes
à broder sur du papier-toilette
pour les lire avant de se torcher avec

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bienvenue
en ce lieu
de pets
où l’on vient
de déposer
un colombin

faire pousser des fleurs
cuire cinq kilos de pâtes
remplir une pataugeoire
boire boire boire boire
t’aurais pu faire tout ça
avec ces dix litres d’eau
mais tu vas chier dedans
et tirer la chasse

il pleure dans mon cœur
comme il flotte sur mes chiottes
quelle est cette bonne odeur
qui pénètre mon coeur ?
oh doux bruit du pipi
par terre et sur les doigts
pour un cul qui s’essuie
oh le chant du pipi !

quand tu pisses
un ruisseau
te traverse
et te lie
à la mer

#$%@&*
*« aïe cul quand t’aïe chie »
disait le poète zen
en sortant des toilettes

voici quelques vers
qui grouillent
dans une merde
poétique
pareils aux lignes noires
qui s’écriront sur cette feuille blanche
de papier
-cul

l’effet
papier-cul :
un battement d’ailes
de papier-toilette
emporté par la chasse d’eau
pure crée un ouragan de merde
un torrent d’excréments dans la mer

prière
de laisser cette planète aussi dégueulasse
que vous avez trouvé ces chiottes en venant y dégobiller

respirez bien l’odeur de ce doux pet
c’est un peu la seule part de vous-même
qui montera vers la voûte céleste
quand votre corps pourrira
sous cette
terre

étron
ou pas
étron ?
telle est la
digestion

vomito
merdo sum
j’ai la gastro
donc je chie
et je gerbe partout
alors laissez-moi exister
tranquille putain !

à chaque fois
que quelqu’un
s’est baissé
pour vomir
quelque part
aux toilettes
une cuvette
de WC s’est

sentie aimée

tu bois
ou tu dégueules
ta gueule de bois ?

25 ans à dormir
7 ans d’insomnies
12 ans au boulot
5 ans à bouffer
21 ans de glande
8 ans sur internet
11 ans devant la télé

3 ans sur les toilettes
une vie de merde


aux chiottes la politique
merde aux milliardaires
prout sur tous tes emprunts
ici tu chies sur les soucis
tu pisses sur les fascistes
et tu ressors
léger

un laxatif
pour les idées
de merde

on s’attrape des rêves
comme une envie de caguer
un peu dure à
concrétiser puis d’un coup
on avale la pilule
on laisse couler une chiée de larmes
et ça va

.


9 petits riens
qui forment un tout


tous les continents
se sont construits dans la même terre
ils se confondent au fond des océans

dans tous les océans
dans toutes les mers
dans toutes les rivières
dans chaque nuage
même dans ton corps
c’est la même eau

nous
sommes tous
des nuages
puisque le ciel commence
juste au-dessus du sol

tes veines
sont pleines
de bleus
du ciel :
les sens-tu
entrer dans
tes alvéoles
et tes artères ?

moi mon sang est un genre de mélange
de cailloux de torrents de courants d’air d’étoiles
et toi ?

la tête dans l’univers
et le pied au plancher
sur notre grand vaisseau-planète
on avance tous vers le néant

fuir l’inconnu
pour retrouver
le vide
en nous

le secret
de la vie
se cache dans un noyau
sous la membrane d’une cellule
sous une peau recouverte de tissu
entre les quatre murs de la maison
derrière la clôture d’un jardin
de ce côté du panneau qui borne la ville
avant la frontière d’un pays en pleine prairie
à l’intérieur d’une atmosphère criblée de trous
dans l’enceinte d’une ceinture d’astéroïdes perdus
au milieu d’un interminable vide intergalactique
avant la légendaire limite de l’univers connu
se cache le secret de la vie
(et après aussi)

il est plus important
celui qui n’appartient
à rien


21 minutes

Un de mes poèmes est au sommaire du 1er numéro de 21 minutes, revue papier distribuée gratuitement dans le métro de Lyon et dans quelques autres villes… Plus d’infos sur la page Facebook de la revue… On peut aussi directement accéder au .pdf ici. Et voici un extrait d’Elisabeth Granjon :


c’que c’est qu’le ski (ou presque)



z’ont
rasé les frondaisons
écrasé la poudreuse
taillé les monts
planté des remontées dans tous les coins
et nous on douille comme des couillons
pour glisser sur ces grands toboggans titanesques
s’entasser dans des files d’attente
et remonter en grelottant
suspendus en plein blizzard
par -3° C :
bizarre…


poésie aux chiottes



en ce lieu
de pets

tu es en train
de déposer
un colombin

qui déploie ses airs
dans le fiel des nues


CRÈVE
CRÈVE
CRÈVE
(ça ira mieux demain)



guerre de trachée…

39-45 de fièvre…

des Billiards d’êtres insignifiants
exterminés dans le charnier
de tes « american narines »…

oh planète de malades, qu’est-ce que tu couves ?

bon d’accord, t’as la voix nazillarde
t’as une bombe H qui bat dans la caboche…

mais tu sais
c’est pas si grave
une petite crève
carabinée…


(poèmes universels pour microbes)

(image de Blick)


quand on venait pour les vacances, papy Jeannot
tu rentrais du travail juste avant qu’on aille au dodo
tu repartais avant qu’on s’lève
pour vendre des fruits et légumes
dans la grande salle du marché gare de Lyon Perrache
où aujourd’hui les gens écoutent des chansons et du rap
et où mamie s’occupait de gérer les factures
pour son mari bien décidé à faire fortune
toi tu étais encore tout jeune
t’avais ta Mercedes toute neuve
mais j’te voyais déjà comme un grand-père
qui nous faisait de très gourmandes crêpes
au vinaigre
le weekend

tu sais mamie Odette
quand on t’accompagnait faire les courses au Mammouth
promis c’était toujours quasi uniquement par amour
mais aussi pour que tu nous achètes un album de Radiohead
ou un nouveau jeu Megadrive
ou encore des partoches de Metallica
qu’on lorgnait avidement depuis des jours
et ça marchait presque toujours
parfois même plusieurs fois par jour…
mamie Odette
toi qui nous fis entrer pour la première fois au Macdo
t’ai-je assez dit merci pour tous ces cadeaux
toujours plutôt modernes
à la pointe de la dernière mode ?
il faudrait te dédier une odelette
pour que tes jours
courent
toujours…

(un sonnet pour papy Jeannot, une odelette pour mamie Odette)

 


– Maman, tu sais, des fois, y’a des drones !
– Hein ?! Mais de quoi tu parles ?!
– Ben dans la cour de l’école ! Y’a des drones !
– Mais !? Tu sais ce que c’est, des drones ?!
– Beeen oui, zeee sais… Attends, ze t’esplique : en fait, dézà, les drones, c’est des petits hélicoptères qui volent, et ils nous surveillent ; et pour nous surveiller, quand on zoue dans la cour, et ben ils prennent des photos et ils nous filment ; voilà, c’est simple !
– Enfin, mais qui t’a raconté tout ça ?
– Ben, parsonne, ze le sais, c’est tout !
– Chéri ! Viens voir ! Ton fils raconte des choses vraiment bizarres !

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)


Dans l’émission D’autres Rivages sur décibel fm, on parle poésie : avec des extraits – poèmes de Luna Miguel, ma pomme, Xavier Frandon et Cathy Garcia (suivi d’une interview de Cathy Garcia)… Cliquez ici ou sur l’image pour aller écouter…


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