Archives de Tag: poème

poème d’amour universel

l’âme en fusion
j’suis tout un univers en phase d’approche
qui t’envoie des œillades filantes
depuis des années-lumière
les membres de tes galaxies m’embrasent
quand les miennes frôlent tes courbes et tes globes
j’tire ta ceinture d’astéroïdes
tu sors d’orbite
éclipse totale / partielle / …
escale sur une micro planète
oubliée tout au fond d’un trou noir
où la vie
nait


– Bon, ta copine Elisa elle dit que t’as pas fait piscine avec elle l’autre jour au centre de loisirs, contrairement à tout ce que tu nous as raconté, comme quoi t’avais failli lâcher la frite et tout…
– C’est même pas vrai, z’ai fait piscine en fait…
– Ah bon ? Pourtant, Elisa elle dit que tu as été puni parce que tu es descendu dans la piscine par le toboggan alors que c’était interdit… C’est vrai ?
– Non, c’est même pas vrai.
– Regarde moi dans les yeux. C’est vrai ?
– …
– C’est vrai ?
– Oui.
– Et pourquoi tu y es allé si c’était interdit ?
– Mais peut-être, c’était parce que c’était Romain il m’avait poussé, peut-être…
– Peut-être ? T’en es pas sûr ?
– Mais Carole elle avait dit qu’on avait le droit d’aller sur le toboggan !
– Ah oui ? Elle a dit qu’on avait le droit d’y aller, tu y es allé, et elle t’a puni ?! C’est pas très logique !
– Mais c’est parce que mon maillot de bain il s’avait mouillé, alors quand ze me suis assis sur le bord du toboggan, ze voulais pas descendre, mais z’avais glissé parce que mon maillot de bain il était mouillé, et z’avais descendu, mais z’avais pas fait exprès Papa !
– Donc en fait c’est la faute à Romain, à Carole et à ton slip, mais c’est pas ta faute à toi, si j’ai bien compris ?
– Oui Papa, c’est ça !

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)



« la fille aux cheveux de moine shaolin »
livre d’artistes avec une encre de Françoise Giraud


– Papa ! On joue aux devinettes des animaux ?
– OK…
– Alors c’est moi je commence ! Euh… C’est quelque chose… Qui a des poils !
– Mais presque tous les animaux ont des poils ! Il faut que tu me donnes un autre indice, sinon je trouverai jamais…
– Euh… C’est quelque chose… qui est comme une fleur !
– Hein ? Ça a des poils et ça ressemble à une fleur ? Mais c’est quoi ce truc ?? Donne encore un indice !
– Il a une barbe !
– Attends… Pourquoi tu me regardes comme ça ? Ce serait pas moi par hasard ?!
– Si ! Bravo papa ! C’était toi !
– Mais je ressemble pas à une fleur ?!
– Si !

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)


Sur Concentré poétique, le blog de Bénédicte Rabourdin, on trouve des poèmes gribouillés, des poèmes décalés, et aussi une chronique vraiment sympa des Maximes de nulle part pour personne… Merci à l’auteure !


match nul
(hymne international des rabat-joie qui ne suivent pas le foot)


la plus grande religion du monde

elle a pas 12
mais 11 apôtres

ils sont devenus multimilliardaires

en galopant sur la pelouse
costumés comme des pions

pieds sur une petite Terre revêtue d’un damier

qui mesure 22 cm de diamètre
leurs rituels sont très étranges

c’est comme une commémoration d’anciens combats

dans une église à ciel ouvert
au coeur d’une foule fanatisée

qui multiplie les baptêmes à la bière

parodies de meetings nazis
sur tous les écrans LCD

à l’heure de la prière où toutes les rues sont désertées

un type voit
des

drapeaux flotter sous les fenêtres


– Papaaaa ! C’est qui là, le monsieur avec une épée, sur la statue ?

– C’est le Chevalier Bayard, tu sais, c’est un chevalier, avec son armure, comme le Chevalier Gontran dans l’histoire où il fait boire toute l’eau du lac au dragon rouge…

– Ah oui ! Mais Papa ! Pourquoi il est sur la statue le Sevalier Bayard ?

– Parce qu’il vivait il y a très longtemps, et qu’il était très fort, très courageux, personne pouvait le battre ! Alors c’est pour qu’on se rappelle de lui !

– Ah bon !? Mais Papa ! Il est où maintenant le Sevalier Bayard ?

– Eh ben… Euh… Et ben il vivait il y a très longtemps, tu sais… donc maintenant, ben… il est mort. Tiens ! Ça te dirait qu’on aille voir…

– Mais pourquoi il est mort Papa ?

– … Eh Ben… comme tout le monde, tu sais… Un jour il est devenu vieux, et puis il est mort. C’est c’qui arrive à tout le monde, tu sais… En fait je sais pas comment il est mort, peut-être qu’il…

– Ah oui ! Ze sais, Papa ! C’est ça ! Il y a très longtemps, quand il y avait les dinosaures, un zour, un dinosaure il avait vu le Sevalier Bayard, et le dinosaure il avait mangé le Sevalier Bayard ! C’est pour ça il est mort !

– Ah ben non, c’est pas possible ça mon petit Chevalier !

– Pourquoi ?

– Parce que le Chevalier Bayard, il a une armure toute en fer, le dinosaure il se serait cassé les dents dessus ! Et puis le Chevalier Bayard, il est beaucoup plus fort qu’un dinosaure ! Il lui aurait coupé le nez avec son épée !

– Alors c’est un crocodile qui l’a manzé peut-être, tu sais ?

– Non non, un crocodile c’est bien moins fort qu’un dinosaure, c’est tout tout tout petit à côté ! Bayard il te le taille en rondelles !

– Alors ze sais Papa ! Le Sevalier Bayard il vit dans un sateau, dans le sateau y’avait un voleur, le voleur il a un grand grand sac, grand comme ça, et le voleur il avait mis le Sevalier Bayard dans son grand grand grand sac ! Et voilà !

– Ha ! Ha ! Ha ! Mais c’est peut-être vrai, en tout cas ça me paraît tout à fait plausible tu vois !

– Ou alors c’est le très gros tracteur méssant sur la tablette de Papy, il a roulé à toute vitesse sur le Sevalier Bayard mais le Sevalier Bayard il lui a crevé son peuneu avec son épée et après mon Papa il a regonflé sa roue du tracteur comme avec mon vélo tout à l’heure et il a sauvé tout le monde le tracteur et le Sevalier Bayard et la princesse du Sevalier Gontran !

– Ha ! Ha ! Ha ! Non mais moi je peux pas sauver le Chevalier Bayard, tu t’rends compte ! C’est le Chevalier Bayard qui doit venir me sauver ! Bon, tu viens, on va sauver maman du vendeur de salades…

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)


Aujourd’hui, deux poèmes extraits de Soleil Plouc, recueil de Laurent Bouisset, paru en 2018 aux éditions du Pédalo Ivre. Allez aussi faire un tour sur son blog Fuego del Fuego, où vous pourrez lire ses excellentes traductions de poètes d’Amérique latine.

Piotr Pavlenski

un poème réussi rameute chez toi les flics
s’ils ne déboulent pas c’est qu’il chie
les miens chient tous
d’ailleurs tant mieux
j’ai moyennement envie
de leur ouvrir en calbar
à ces ploucs
et puis s’ils défonçaient la porte
faudrait la repayer après
alors qu’on a déjà fait rajouter
un verrou y a trois jours
moralité : je fais en sorte de rater
mes poèmes consciemment
c’est pas très digne
et même très plouc
que voulez-vous ?
je ne suis pas Piotr Pavlenski
qui incendie la Banque de France
lui finit dans les bras des flics immédiatement
c’est un Russe, un géant !
je me sens tout minable à côté
presque un gland

Allez vous faire foutre

les gens qui disent de mes textes
qu’ils sont noirs…
un peu trop noirs…
un peu trop chargés en noirceur quand même…
c’est pas demain la veille qu’ils obtiendront
de ma part un nuage de lait…

et d’ailleurs
c’est quoi cette accusation d’être noir ?
qu’ils fassent un peu gaffe à leur gueule !
ou je m’en vais direct les accuser de racisme !

et ceusses alors qui me conseillent
d’être un peu plus léger ?
lapin doux bondissant dans le thym frais
la bite au trèfle et le nez devenu une fleur…

ils ne voient pas qu’il y a
dix ans de ça en Picardie
je pesais quinze kilos de plus au moins !
ils attendent quoi de moi merde à la fin ?
que j’accroisse mes footings encore
jusqu’à ressembler à une planche à pain ?!

Laurent Bouisset


oral de poésie

..


sur les six classes que j’interroge
pour l’oral du bac de français
et qui viennent de trois établissements différents
il y a six séquences sur la poésie
et cinq de ces séquences ont pour thème
« l’amour »
l’une d’elle commence
par une photo du « Mur des je t’aime » à Montmartre
une des deux autres s’intitule « Amour toujours »
les trois autres sont quasi identiques
toutes ces séquences sur l’amour contiennent
« Quand vous serez bien vieille » de Pierre Ringard
et le moins vieux poème d’amour qu’on puisse y lire
est une mièvrerie abstraite de Paul Eluard
la sixième séquence
s’intitule
« Le thème de l’eau
dans la poésie »
un sujet qui passionne la jeunesse
elle est constituée de deux textes
ma question sur le Lac
d’Alphonse de Lamartine sera
« en quoi ce magnifique extrait
est-il
emmerdant
à mourir ? »


...

– Papa ! Touzours, tous les zours, y pleut ! On peut zamais se promener ou aller zouer au parc ! Z’en ai marre !
– Eh oui, c’est pénible ! Mais y faut voir le bon côté des choses, au moins ça fait de l’eau, et l’eau, c’est important… Tu sais pourquoi ?
– Ah oui ! Ze sais ! Ecoute Papa ! L’eau c’est important, parce que, ça me fait des guilis à les zambes !
– Heu… C’est pas exactement à ça que je pensais en fait…
– Mais si ! Quand la pluie elle tombe, l’herbe elle pousse ! Et quand l’herbe elle pousse, ça me fait des guilis à les zambes ! C’est pour ça, l’eau c’est important Papa ! Ça me fait des guilis à les zambes, quand ze cours dans le parc !

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)

..


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