Archives de Tag: poème

Papa ! Z’ai un Zeu ! Là, c’est le camp ! Et si on est sur le lit, y’a de la lave et des tyrannosaures ! Viens vite dans le camp Papa ! Viens !
– … Hein… C’est quelle heure ? … Mais…. Si y’a de la lave, les tyrannosaures y vont brûler…
– Non mais parce que la lave elle est tout en bas du volcan et le volcan, il crache plus du feu alors les tyrannosaures, ils peuvent venir ! Allez ! Viens dans le camp Papa ! Vite !
– … Heu… Mais… Si y’a un tyrannosaure… je lui tape sur le nez… Et je reste dans le lit…
– Mais Papa, les tyrannosaures c’est bien plus fort que les Papas ! Ils vont te croquer comme un sandwitss’, si tu restes dans la couette ! Viens dans le camp ! Allez ! Papa !

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)


tous les enfants
viennent du futur
on les a téléportés furtivement
dans un passé fantasmagorique
qui est notre banal présent
ils y passeront bien quelques décennies
en quête d’un portail vers leur destinée
nous, nous aurons juste le temps
de changer leur futur en un avenir précaire
tous les enfants viennent d’un futur parfait
ils ne le reverront jamais


poésie bio
éphémère
et sans conservateur
élevée en plein air
chez les vrais paysans d’la campagne
pour faire attention à la ligne
à la ligne
et encore à la ligne
sans colorants sans fioritures et sans figures de style
et sans putains d’édulcorants bordel de m#%$*
en respectant les normes européennes
mais toute bien pleine de vers
et même

de trous
c’est une poésie cultivée
sur un site internet 100% naturel
qui protège la forêt amazonienne
car il n’utilise
pas de
papier


ton (h)ombre

les gens
prétendent
haïr la nuit
qu’elle est trop noire
qu’elle est sournoise
trop différente
elle fait peur aux enfants
qu’elle reste avec leurs rêves !
eh oui la nuit les gens
défendent ce genre d’âneries
pourtant le jour ils en ont tous une petite part
toute parsemée d’invisibles micros trous noirs
et cette part on l’appelle une ombre
c’est la part de la nuit
dont le monde nous fait don
la part que le néant nous donne
à protéger
de la lumière
des niais


– Super dessin bonhomme ! On reconnaît bien la nouvelle maison de la famille Cochon… Bon, maintenant, la maitresse, elle veut que tu dises si tu as bien aimé le livre ou pas. Alors, tu as bien aimé ?
– Oui, z’ai bien aimé.
– Alors entoure le bonhomme qui sourit… Voilà… Et maintenant, tu me dis pourquoi tu as bien aimé, et je l’écris là. Alors, pourquoi tu as bien aimé le livre ?
– Parce que z’ai bien aimé, parce que z’ai lu le livre à la bibliothèque, et z’ai bien aimé.
« Parce que j’ai bien aimé, parce que j’ai lu le livre à la bibliothèque, et j’ai bien aimé. » D’accord, mais pourquoi tu as bien aimé ? Il y a d’autres raisons ?
– Parce que z’ai bien aimé le livre, ce qui était dessus.
« Parce que j’ai bien aimé le livre, ce qui était dessus. » Autre chose ?
– Et aussi, ce qu’il y avait dedans.
« Et aussi, ce qu’il… »
– Et aussi, z’ai bien vu dessus que y’avait les cossons.
« …y avait dedans. Et aussi, j’ai bien vu… »
– Et aussi, z’ai bien aimé
« …dessus que y’avait les cochons. Et aussi, j’ai bien aimé. » Voilà, c’est noté ! Très bon travail mon fils ! Y’a plus qu’à écrire ton nom en haut !

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)


Je suis super content d’être au sommaire de la très belle revue La Piscine, qu’on peut commander en cliquant ici !

 


– Papa ?
– Quoi ?
– Z’ai une blague !
– C’est vrai ? Vas-y, raconte !
– Y’a un grand parking, très très haut, avec une massine qui monte les voitures zusque sur le toit, on rentre par là tu vois, vrrrrroum ! vrrrroum ! Et là une grosse pince elle attrape la voiture et elle la met à sa place ! T’as compris Papa ?
– Euh… Oui… et … ?
– Eh ben dans ce parking, tu sais, on peut même mettre des vélos ! Ha ! Ha ! Ha !
– … Ha ! Ha ! Ben dis donc ! Elle est bien ta blague !
– Oui hein ! Ha ! Ha ! Ha ! T’as vu ?!
– …

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)


– Papa, tu es triste parce que ton papy Zeannot il va en retraite ?
– Oui. Il va en maison de retraite.
– Et après, quand ça ira mieux, il rentrera chez lui !
– Tu sais, je crois pas qu’il ira mieux en fait.
– Mais alors, quand est-ce qu’il va rentrer chez lui ?
– Peut-être qu’il ne va pas rentrer chez lui. Peut-être qu’il va rester là-bas. Et peut-être qu’un jour il ne sera plus là.
– Alors il sera où ?
– …
– Mais… il sera plus zamais là ? On pourra plus zamais le voir ? Plus zamais zamais papy Zeannot ?
– On se souviendra de lui. On parlera de lui.
– Mais ze l’aime bien papy Zeannot moi !
– Moi aussi, je l’aime beaucoup mon papy Jeannot.

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)


trois grains de sable
sur sept cent soixante-dix-sept milliards
proviendraient tous très vraisemblablement
d’une vieille planète géante
réincarnée

ou d’une ancienne
falaise quasi entièrement érodée
par la légère et souvent presque fugitive
transhumance du calcaire

ou d’un troupeau
de cailloux qui roupillaient
dans le lit d’une rivière

ou du sable doux
dans le souffle du

vent

(poèmes universels pour microbes)


Les raisons sans cieux

(Google traduction)

..


youpi courrier
n’importe qui croit être une encyclopédie
tu te réveilles devant le livre des visages
tous les oiseaux chantent que
tu es un tube
et que ta femme est une guerrière d’Amazonie
en lutte contre les putes de ses propres plates formes
tout l’monde est connecté à son boulot
subitement le streaming de ta vie s’est figé
instantané de toi
en discussion instantanée
avec lunettes Google
« vous avez 10^100 messages à lire »
des torrents de lumières gratuites
à payer dans une baie virtuelle
quel programme
y’a-t-il au-dessus de nous
pour que tu daignes lire
ce truc


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