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Parution : L’Aventure de Norbert Witz’n Bong !

Un nouveau livre de bibi disponible aux éditions Gros Textes. La couverture signée Eric Demelis a été simplifiée depuis la dernière fois. La préface est de mon ami le poète Thierry Roquet. Ce sont des textes courts, en prose, qui racontent une histoire. Mais pas vraiment un roman non plus. Extrait :

Chapitre 26 : c’est du n’importe quoi

N’importe où. N’importe quand. N’importe qui. Peut basculer. Et nul ne sait pourquoi. La vie. C’est du n’importe quoi.

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ISBN : 978-2-35082-335-5
100 pages au format 14 x 7 cm
5€ (+ 1€ de port – port compris
à partir de l’achat de 2 exemplaires)
Commandes à
Gros Textes
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes
Renseignements :
gros.textes@laposte.net



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Mec, ça te dirait d’évoluer dans une sphère où même la langue fasse en sorte que tu disparaisses ?

 …

Où l’on doive dire « Monsieur la Présidente », cet homme est « une grande écrivaine », ou « Doctoresse Jean Bidule » avec une certaine gêne, mais « caissier », «  homme de ménage » ou «  père au foyer » sans le moindre problème ?

Où on t’appellerait « elles » dès qu’une femme traînerait dans les parages, même si t’étais avec seize autres camarades ?

Où toutes les femmes se traiteraient sans arrêt de « sales gaillards » ou de « grosses gouines » entre elles, comme si la virilité elle-même était une vile atteinte à leur féminité ?

Où elles te laisseraient faire ton choix entre te maquiller la face  pour ressembler au masque d’un fantasme, ou t’effacer sous un voile de tissu qui puisse dissimuler c’que t’es vraiment, ou les deux finalement ça t’va pas si mal ?

Où tu te fasses traiter d’« vulgaire beauf hoministe » si ça te plaisait pas, vu l’fait que c’est bien mieux qu’avant qu’ailleurs ou même qu’ici d’ailleurs ?

Où des corps d’hommes parfaits soient placardés à moitié nus dans toute la ville pour vendre des produits divers aux dames, et se fassent bringuebaler à quatre pattes dans les encarts publicitaires de certains sites de télédéchargement squattés par ta branleuse d’adolescente ?

Mec, ça te dirait d’passer juste une journée sous l’épiderme de la plus banale des nanas, même sur une terre prétendument pas trop barbare ?

 


..Que v’là trois textes de Thierry Roquet extraits de L’Ampleur des astres, recueil d’aphorismes et de textes courts paru chez Cactus Inébranlable éditions, 2016…

couverture-l-ampleur-des-astresNi panne d’essence ni accident
je suis au volant de ma Clio grise. Je jette un oeil sur le tableau de bord puis dans les rétroviseurs latéraux puis droit devant.
– Tu ne démarres pas ? me demande ma femme.
– Non.
– Pourquoi ?
– C’est plus prudent de rester là sans bouger, ma chérie.

La fatigue d’être simplement là
Hier soir, le soleil s’est couché sans se brosser les dents.
Il a ronflé toute la nuit, faisant fuir la lune, les chats huant et les loups.
Au matin, il a pissé quelques gouttes de rosée dans son slip de nuages.
Lui aussi il commence à se faire vieux.

En souvenir, mon ADN
Je suis le nouveau, je découvre l’environnement de travail. Ça ne me plaît pas. Je reviens le lendemain. Ça ne me plaît toujours pas. Au septième jour, je quitte ce boulot, sans un mot d’adieu, sans un regard vers le passé, sans faire la bise au chef. Je ne laisse finalement que des mégots devant la porte d’entrée et, en une semaine, ça en fait un bon paquet. Près de 100. C’est ma façon de laisser une empreinte partout où je passe.


Livre d’artistes fait main avec Eric Demelis en deux exemplaires :

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Poulet maudit, BD-poème avec l’ami Eric Demelis

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« Nous sommes tous obligés, pour rendre la vie supportable, d’entretenir en nous quelques petites folies. » (Marcel Proust)

Un de mes textes fait partie des 112 propositions qui ont été retenues au sommaire de La Folie, recueil collectif publié chez Jacques Flament éditions.

Pour plus d’informations, ou pour le commander : cliquez ICI !


Allumeuse d’horizons

J’ai fait un nouveau livre à la main en deux exemplaires, feutre et stylo, avec les superbes femmes chamanes de Thierry Lambert, que je remercie très sincèrement.

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Les deux pages de texte, vues de plus près, des fois qu’y’en ait qui veulent lire : 

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RadioOde
(toute une
adolescence
rythmée
par les sorties d’albums
d’un groupe anglais)
je me souviens de nos années Pablo Honey
n’importe qui pouvait jouer ça à la guitare
même les gamins un peu bizarres comme moi
quand j’pensais à une jolie fille
j’avais des problèmes de décompression
mais j’me croyais à l’épreuve des balles
avec mes deux incroyables poumons de fer
la ville brillait faussement sous le plastique
pour me cacher les ossements
et l’esprit des ruelles
(disparaissait)
sous des étoiles
noires
moi d’accord
avec mon ordinateur
et sans surprise
j’allais à l’école en touriste
parmi les robots paranos
et je rentrais chez moi en souterrains
qui me donnaient le mal de ma planète
assez pour passer par-dessus les murs
plus fin et plus heureux
pendu aux airbags
de ma Juliette de sortie de secours
comme un p’tit veinard
que j’étais
nous les ados à
force on croyait plus trop
aux hymnes nationaux
les boîtes de nuit étaient bien trop pleines de crétins
on s’réveillait quand même souvent avec un citron
pressé cherchant comment faire disparaître complètement
les derniers restes d’optimisme accrochés à nos gueules de bois
et c’est comme ça
qu’on oubliait
serrés comme des sardines dans une auto
à s’fumer des pyramides orientales
c’est pas nous qui faisions les dollars
ou sortions les couteaux
on se battait plutôt contre une armée de quiproquos
dans cet état il était tout à fait possible d’avoir tort
surtout quand on chassait la P’tite Ourse
sous la grande baie vitrée de chez mon père
avec toute sa vaisselle en équilibre sur le pif
jusqu’au petit matin
mais maintenant
certains
ont dit bye bye
aux bandits
se sont mariés
filent vers la lune
ont retenu
que 2 + 2 font 5
comment s’asseoir au rouge
s’lever au vert
ou dormir la nuit
en s’laissant
gentiment sucer l’sang
d’autres sont juste là
et mon lapin est mort
de la myxomatose
voilà pourquoi
je pêche des poissons tout bizarres
les panards dans un arc-en-ciel
et j’ai besoin de rien de plus
assez d’espace pour pouvoir faire quinze pas
une toute petite échelle pour l’imagination
quat’ minutes de sirène d’alarme en cas d’nécessité
et puis j’évite d’avoir de l’ambition dans les idées
elles arrivent bien trop lentement jusqu’à mon cerveau
qui s’épanouit
en régnant sur mes membres
comme une fleur de papier toilette
mais j’ai failli m’en séparer
ça oui
de toute façon
j’aurais jamais cette putain de
piscine en forme de Lune
sur une île déserte
où j’voulais rêvasser en famille

tout en regardant l’époque présente
incendier ses sorcières
avec l’approbation d’obscures plates-formes
alors merci d’m’avoir quand même laissé
toute une identité à me monter moi-même en kit

illustration : Stanley Donwood


comprachico

Les plaies mobiles de mon passé s’en vont. Alors jeu construit mon l’ego. Avec le souvenir de ma propre vacance. C’est comme une vieille télé qui grésille. Dans un genre de grenier mental. Toutes mes paroles sont des répliques connues. J’me fais des films des filles des filles en films de fille en film. Et un beau jour le grand Rock’n roll a dit révolte-toi un peu comme tout le monde. Donc je me suis ouvert l’esprit en dieu. Mais celui qui dit les trucs les plus philosophiques m’a piqué le joint. Alors maintenant j’aspire à faire le buzz. Tout en restant persuadé d’avoir une certaine personnalité quoi.

(Maxime de nulle-part pour personne, dessin d’Eric Demelis)


Openworld

a1ee882935d79f9a3115a893b010efdc(La vie est un songe pour
un personnage de jeu vidéo)

tu sais le monde réel est un bon jeu aussi
et quasi complètement gratuit en plus
par contre tu choisis pas quand ça démarre

et tu finis toujours par perdre

alors c’est vrai les magazines spécialisés
lui donnent une note d’environ 12/20

mais le graphisme
est quand même super réussi
l’horizon ne clignote même pas

en plus ta quête est infinie

l’immersion dans le personnage est telle
que t’as besoin d’appuyer sur aucun bouton pour fuir
et puis c’est tellement réaliste

les claques dans la gueule font réellement mal

tout l’monde est connecté en temps réel
et tu vas où tu veux sans temps de chargement

check ton score
sur le site du crédit agricole


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