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halfie

À qui sont toutes ces belles photos d’immensités ? Est-ce que c’est sur le fil du temps qu’on les voit défiler ? Est-ce qu’elles scintillent différemment quand on éteint la nuit ? Est-ce qu’elles se ressemblent aussi bien à la lumière des pires cauchemars ? Dans quel envers de notre Histoire se sont perdus tous les visages qu’elles représentent ? Qui a pris ces portraits souvenirs d’un présent oublié ? Est-ce que c’est simplement leur propre solitude qui leur tient l’appareil ? Ou bien est-ce qu’ils essaient plutôt de tourner le dos à leur propre mort ? Est-ce que c’est sur le fil du temps qu’on les voit défiler ? Ou est-ce qu’ils filent au gré des pages du vent ? À qui sont toutes ces belles photos d’immensités ?

(extrait des Maximes de nulle part pour personne, dessin d’Eric Demelis)


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Mec, ça te dirait d’évoluer dans une sphère où même la langue fasse en sorte que tu disparaisses ?

 …

Où l’on doive dire « Monsieur la Présidente », cet homme est « une grande écrivaine », ou « Doctoresse Jean Bidule » avec une certaine gêne, mais « caissier », «  homme de ménage » ou «  père au foyer » sans le moindre problème ?

Où on t’appellerait « elles » dès qu’une femme traînerait dans les parages, même si t’étais avec seize autres camarades ?

Où toutes les femmes se traiteraient sans arrêt de « sales gaillards » ou de « grosses gouines » entre elles, comme si la virilité elle-même était une vile atteinte à leur féminité ?

Où elles te laisseraient faire ton choix entre te maquiller la face  pour ressembler au masque d’un fantasme, ou t’effacer sous un voile de tissu qui puisse dissimuler c’que t’es vraiment, ou les deux finalement ça t’va pas si mal ?

Où tu te fasses traiter d’« vulgaire beauf hoministe » si ça te plaisait pas, vu l’fait que c’est bien mieux qu’avant qu’ailleurs ou même qu’ici d’ailleurs ?

Où des corps d’hommes parfaits soient placardés à moitié nus dans toute la ville pour vendre des produits divers aux dames, et se fassent bringuebaler à quatre pattes dans les encarts publicitaires de certains sites de télédéchargement squattés par ta branleuse d’adolescente ?

Mec, ça te dirait d’passer juste une journée sous l’épiderme de la plus banale des nanas, même sur une terre prétendument pas trop barbare ?

 


roidesbouffons

L’assurance ça nous va comme un gant… Enfin plutôt comme un gant d’toilette… Ou alors bon d’accord un gant d’toilette enfilé sur un portefeuille plein à craquer de bouse de porc-épic… Serait-ce plutôt de l’argent sale sur un compte qu’afficherait des farandoles de contes de fées mais pas pour les enfants… Oh et puis je sais plus… On a qu’à dire que ça serait comme toutes ces trucs qui meublent comme fumer des p’tits croûtons à l’ail broyés dans du papier dessin au fond d’une cour pleine de crottes de pigeons enfin bon par exemple… Ça pouvait pas être plus proche d’une espèce de grosse moufle inerte oubliée sous une avalanche qu’un cocktail molotov balancé sur une île privée de lancer la révolution du fond d’un canapé… L’assurance… Ah… Cette vieille serviette mouillée pour traces de bourses en perdition qui occupe nos vacances comme un cigarillo grillé sur la cime d’un caillou…

(Maxime de nulle-part pour personne illustrée par Eric Demelis)


..Que v’là trois textes de Thierry Roquet extraits de L’Ampleur des astres, recueil d’aphorismes et de textes courts paru chez Cactus Inébranlable éditions, 2016…

couverture-l-ampleur-des-astresNi panne d’essence ni accident
je suis au volant de ma Clio grise. Je jette un oeil sur le tableau de bord puis dans les rétroviseurs latéraux puis droit devant.
– Tu ne démarres pas ? me demande ma femme.
– Non.
– Pourquoi ?
– C’est plus prudent de rester là sans bouger, ma chérie.

La fatigue d’être simplement là
Hier soir, le soleil s’est couché sans se brosser les dents.
Il a ronflé toute la nuit, faisant fuir la lune, les chats huant et les loups.
Au matin, il a pissé quelques gouttes de rosée dans son slip de nuages.
Lui aussi il commence à se faire vieux.

En souvenir, mon ADN
Je suis le nouveau, je découvre l’environnement de travail. Ça ne me plaît pas. Je reviens le lendemain. Ça ne me plaît toujours pas. Au septième jour, je quitte ce boulot, sans un mot d’adieu, sans un regard vers le passé, sans faire la bise au chef. Je ne laisse finalement que des mégots devant la porte d’entrée et, en une semaine, ça en fait un bon paquet. Près de 100. C’est ma façon de laisser une empreinte partout où je passe.


Livre d’artistes fait main avec Eric Demelis en deux exemplaires :

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Chat-man… Oh… Chat-man… Ici rôdent tripes… Chaos bâille… Et monuments volés… Mon p’tit Chat-man… J’ai comme un Grand Canyon dans la caboche… J’me suis foutu un feu de camp d’migrants au crâne… Maintenant je louche sur l’air qui me souffle entre les deux yeux… Gentil Chat-man… Je suis né dans cette caravane de roms… À 66 km/h sur la route 666… Un jour de ruée vers l’Europe… Chat-man… Mon gros Chat-man… On voyage vers le bout de notre indifférence… En prenant des fast-food célestes sur des airs de repos… Sous des constellations en formes de serpents à sonnettes d’alarme… Chat-man… Gentil p’tit Chat-man… Ici les trains ne partent pas au Luna Park… Les contrôleurs ont un léger accent Yankee… Les derniers pacifistes en vie sont des enfants d’hippies  embourgeoisés… Chat-man…

(Maxime de nulle-part pour personne, dessin d’Eric Demelis)


Poulet maudit, BD-poème avec l’ami Eric Demelis

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« Nous sommes tous obligés, pour rendre la vie supportable, d’entretenir en nous quelques petites folies. » (Marcel Proust)

Un de mes textes fait partie des 112 propositions qui ont été retenues au sommaire de La Folie, recueil collectif publié chez Jacques Flament éditions.

Pour plus d’informations, ou pour le commander : cliquez ICI !


les bras m'en tombent

Pas d’bras pas d’bazooka. Pas d’chance pas d’existence. Pas d’patrie pas d’sucrerie. Pas d’cerveau pas d’bonne note. Pas d’habits d’marque pas d’marque d’amitié. Pas d’biscottos pas d’p’tite copine. Pas d’pistoles pas d’grande école. Pas d’endettement pas d’appartement. Pas d’parents pas d’garant. Pas d’nénés pas d’bébé. Pas d’congé pas d’songerie. Pas d’boulot pas d’bonheur apparent. Pas d’manifestation pas d’retraite. Pas d’argent pas d’médicament. Pas d’religion pas d’place au paradis. Pas d’néant pas d’vent dans les dents. Pas d’bras pas d’bazooka j’t’ai dit.

(Maxime de nulle-part pour personne, dessin d’Eric Demelis)

 

 


Allumeuse d’horizons

J’ai fait un nouveau livre à la main en deux exemplaires, feutre et stylo, avec les superbes femmes chamanes de Thierry Lambert, que je remercie très sincèrement.

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Les deux pages de texte, vues de plus près, des fois qu’y’en ait qui veulent lire : 

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