Archives de Tag: temps

tous les enfants
viennent du futur
on les a téléportés furtivement
dans un passé fantasmagorique
qui est notre banal présent
ils y passeront bien quelques décennies
en quête d’un portail vers leur destinée
nous, nous aurons juste le temps
de changer leur futur en un avenir précaire
tous les enfants viennent d’un futur parfait
ils ne le reverront jamais


Ainsi parla Jésus dans un Mac Do

Nous consommons le jour Nous consommons l’air Nous consommons l’eau Nous consommons le blé Nous consommons la nuit Nous consommons l’amour Nous consommons le bien Nous consommons le mal Nous consommons le beau Nous consommons le vrai Dans quel sens consommons-nous le sens de ce monde ? Nous consommons les cons Nous consommons les sots Nous consommons les monts (et aimons) Que ne consommons-nous pas ? Nous consommons le verbe-même Et nous nous consommons nous-mêmes Consommons le reflet de notre propre fuite Pareils au jeune chiot qui se divertit en Cherchant à consommer son propre terme Le temps est long et nous consomme lentement Nous fils du temps qui nous nous effilons Et consommons l’espace pour passer le temps Le Christ lui-même est un sacré consommateur N’a-t-il pas dit que « tout est consommé » Dans l’immense fast-food de notre monde moderne C’est à ce moment-là que tout a commencé Et c’est très bien comme ça Consommons et aimons : « Consommons-nous les uns les autres »

Nous glissons, loin du temps

Nous glissons loin du temps de l'espace Sans échanger une parole Car nous portons en nous Le lourd passé de nos aïeux En fumée il s'envole dans le rétroviseur Comme le monde est silencieux calme et inoffensif Quand on est enfermé dans sa voiture Nous respirons un air plus chaud qu'à l'extérieur Le regard fixe hébétés et pensifs Nous n'entendons qu'à peine le bruit du moteur A travers des décors grandioses des reliefs magnifiques refoulés qui défilent En fond d'écran de zone industrielle Que nos chansons préférées transfigurent Dans cette fin d'après-midi rose et lumineuse Quels taggeurs ont donné à quels noms Les formes arrondies, extravagantes Qui passent au dessous de brefs ponts Ou stagnent près de vieilles usines branlantes ? Quand nous croisons parfois l'indifférent profil Au delà des cloisons de métal D'un autre couple d'êtres humains Que nous doublons sur l'autre file Ce sont d'autres humains des personnes réelles Mais dans quelle dimension, dans quel monde parallèle ?


Le prix de l’amour

***

Photo : Alex Giudice – The pride of love

Et tout à coup, le temps d'un court instant je suis effroyablement triste Tu es belle et drôle et sensée Ta peau est dorée comme un trésor exotique Et ton sourire est un havre de paix Tu es le plus beau présent que la vie ait pu me faire Tu ne suis pas le chemin des troupeaux Sans t'obstiner en sens inverse Et tu ne t'effraies pas de mes propos de soi-disant poète Parfois brumeux, singuliers et contradictoires Que tu acceptes ou réfutes avec bienveillance Bref, tu es là, pour moi, comme une apparition de mon âme sœur Et nous parlons de toute autre chose On est à table tous les deux et morts de rire Tandis que me traversent ces idées Et du coup, je me sens terriblement heureux avec toi et surtout horriblement veinard Qu'est-ce que j'ai bien pu faire pour mériter tout ce bonheur ? Pourquoi t'a-t-on placée auprès de moi ? Par quel heureux hasard ? Des atomes fourchus flottent dans l'atmosphère Quand il s'agit de bonheur personne n'irait se plaindre Mais ça n'a pas plus de sens que toute la misère du monde : J'ai la mauvaise idée de me dire « rien ne dure » Tout ça le temps d'une fraction de seconde Le temps de voir toutes les vies qui nous attendent Et le spectre de ton image qui pourrait me hanter Et tout à coup, le temps d'un court instant avant de me remettre à rire je suis effroyablement triste A l'épouvantable idée de te perdre

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Octobre 2010

 où sont-elles donc passées ma jeunesse mon enfance enterrées et moi oh sépulcre blanchi je fais encore parfois le pitre car je n'étais pas un ange aujourd'hui dans la chambre ma mère repasse son linge et les posters les candides étoiles de mes songes il a fallu qu'elle les range tiens te voilà cher frère oh fidèle témoin de ce temps enterré comme tu as bien changé

Carpe diem…

Octobre 2010


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