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Gerber

descendre l'insensé flot d'essence dorée aux soirées arrosées de nos adolescences 	     laisser tomber       lovés sur le béton nos deux          vélos volés    et sur la blanche neige des cloaques    de nos jeunesses alcooliques – ton corps, cheval crevé offert dans les fourrés – les valses de nos rêves, tes trips –       à quatre pattes sur le sol de la patrie – gerber bergère aux anges    de notre hymen prémédité      dégobiller       les corps étranges de nos deux    nations alliées vomir encore,       aigris nos corps 	nos vies grisées et notre aliénation     et nous    quitter le cœur 	  noué (je sais même pas t'es qui)

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Illustration tirée du film Les amants du pont neuf, Léos Carax, 1991


Stances

I. Soudain vous dégueulez à quatre pattes Sur la route vos entrailles répandues Hors votre ventre ouvert disparaissent Dans ces égouts stomacaux crevés où vous êtes Tombé dissolu par un flot pourrissant De pelures de légumes et autres détritus Infligeant votre chair crevassée infusante (Pour une fois, à présent, démerdez-vous pour Retrouver là-dedans accents et césures C'est ce que nous voulions fut un temps corps et âme Dissolus dans le torrent excrémentiel Et remontant par là où ça et vous êtes arrivés Inonder le papier-cul puant et infâme De leurs vies roses en un soir de soleil levant Où les chiens auraient les yeux rivés au ciel Et les truffes fourrées dans leur propre came Mais soit le cauchemar d'un poète dit fou Ne vous atteint pas et vous êtes seulement Face à l'écran avec vos gerbes de fleurs en pots Votre tisane digestive n'a plus d'effet Il ne vous reste que le dégoût d'un vague dépôt Et votre petit oiseau qui chante sagement Dans sa petite cage non loin du sofa II. (Loin de vos stances enchâssées Loin de vos gouffres fluorescents) Soit la ville vous vomit par un autre chemin Vous - implorant en vain ailes meurtries et tremblotantes Les créations hâlées de votre mer polluée et lascive De s'étaler en amas de trucs et de machins Dans l'air larguant de vieilles mouettes acidulées Sur les balcons de grand-mères tout à fait innocentes Qui feront fondre les forêts et leurs propres cyclamens - Et eux ils seront toujours là sous leurs jolis parapluies roses les chiens Et leurs relations avec leur PQ rose pour se torcher Soit enfin) vous êtes parvenu à boucher les abîmes Vous rapiéçant de sacs plastocs glanés ça et là Le bras d'un pack de bière empli de cendres de mégots boueux Et votre propre sang cueille les nombreux OGM Du corps gargantuesque où bat un cœur évidemment noué Vous voilà vraiment apte à partager la nouvelle alchimie des lilas Inversés s'envolent alors de votre bouche énorme En chaînes d'orchidées dans les rues intestines

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