l’hêtre
humain

est une feuille
sans arbre

camouflée en un frêle
tronc d’os et de flotte

il respire mais
en sens inverse

ses branches sont pleines de mains
son écorce est à fleur de peau

au soleil il ne
devient pas vert

et il en tombe de nulle part
chaque automne des millions

sentez-vous
leurs rêves

qui nous bruissent
dans les cheveux ?

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23 jolies petites choses simples
à emporter dans un bunker en cas d’apocalypse


ce sympathique
bonhomme de neige
fait d’eau solidifiée
qui fond avec le temps
c’est toi

poème pour garder
ton popotin asiatique
dans un p’tit haï-cul

chérie
nos chairs
rient
pleurent
et nous
on meurt

c’est le dernier poème du monde
bon ben manque de bol il est raté

il existe un pays
de fleurs des champs
où les brins d’herbe
uniformes et les pétales
de toutes les couleurs
vivent ensemble

du
haut
de vagues
cimes aux falaises
d’écume un ouragan de calcaire
me tourbillonne parfois dans la matière grise

oh non le soleil a plongé dans la plaine et je suis tout éclaboussé d’horizon

voilà je me
suis bricolé
une cabane
pour les enfants
dans la caboche

des truites mouchetées de petits astres noirs
dormaient sous les reflets dorés du crépuscule

regarde
dans les lumières de notre ville
les étoiles qui scintillent dans la nuit
se regardent

ah
chier
une
heure
durant
en faisant
descendre
son flux
d’actus
avec

il est à qui le petit pied ?
il est à qui le joujou ?
à qui les vingt ans d’école ?
elle est à qui la tuture ?
qui c’est la jolie madame ?
il est à qui le crédit ?
à quiqui la tontombe ?

soleil divin
étang paradisiaque
traversée en kayak pneumatique
l’âme bien gonflée
de vent

l’urine d’un
dieu coule
des cimes
pissa-t-il
dans l’eau
du fleuve
ensoleillée

nuit du slip
sous un drap de chaleur
j’enfile un souvenir de pyjama en neige
et disparais sous une quadruple couette de nuages

ta culotte de soi
ton soutien-gorge en oit’
la lingerie de ton âme

nuages violets
un ciel tout bleu
les monts verts
des galets blonds
ta peau d’orange
mes joues rouges
bel arc-en-ciel

papa
l’aime très fort toi
l’aime fort cam’ça
ai rien zeté moi
ai pas zeté le livre à toi
ai pas zeté à la fenêtre
l’aime très fort toi
veux garder toi pour
toute la zournée

jackpot d’automne
il pleut des pièces d’or dans les bois
des rubis poussent aux érables
les lutins font péter tous leurs billets verts

plus
rien à lire ?
écris ici
le poème de
tes rêves :
______
________
_______

tatie vole
tonton déraille
papy répare le vélo dans sa tête
mamie tricote la route des vacances en famille

arrreuh
sourire
souvenir
heureux

un payzzage
quatre saisons gourmand
avec prairies de roquette
océan de roquefort fondant
forêts truffées de gros cèpes
bataille de boules de mozza
c’est mon plat préféré
s’il-vous-plaît

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l’église
de ce petit village
est aussi fraîche
qu’un hypermarché

jadis
on y trouvait bien
un peu de nourriture
spirituelle

ceux
qui cumulaient assez
de points fidélité

avaient des réductions
sur les surgelés pour
l’Eternité

(j’ai oublié mon appareil mais j’ai quand même pris des poèmes)

(collage photo Scott Mutter)

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– Papa ! Y vont arriver mes amis bientôt !
Paaaapa ! Y vont arriver mes amis bientôt !
– Hein ?! Ah bon ?! Ils vont venir ici ?!
– Oui ! Là ! À nous maison ! Vite ! Est pas prêts nous !
– Mais de quels amis tu parles ?
– Euh…
Ben… Sais pas…
– Ben, comment ils s’appellent ?
– Euh… W… Wito ! Et… Tapito !
– Wito et Tapito ! Ah ! Et ils viennent comment ?
– Euh… Wito à l’hélico, et… Tapito à vélo !
– Génial ! Et à quoi vous allez jouer ?
– Witapitapadapitopitabadapipodapobidaboum !

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)

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30 mini fables
pour endormir les enfants rapidos



à force d’écouter
les mythes de la forêt
des branches ont poussé
aux oreilles du cerf

les défenses
d’éléphants
sont les restes de luge
d’un mammouth gelé
qui glisse encore
mais sur la lune

elle avait le dos
blond éclatant
puis orangé
rose mauve bleu
la nuit noire
qu’on a tous clairement vu
clapoter dans la rivière
avec nos belles truites arc-en-ciel
mouchetées de petites étoiles

ici les fleurs
ne poussent
pas sous les pas
des vieilles sorcières
mais les sauterelles
pétillent sous nos semelles
dans les fleurs des alpages

c’est pas
un hérisson
c’est une souris
gitane qui vit
dans une bogue
de châtaigne

un jour un merle moqueur inventa le free-jazz
pour se venger de son voisin bricoleur le pic-vert

vu de dessus
au milieu d’une armée de cafards
suffisamment espacés dans le sable blond
le guépard est totalement méconnaissable
mais cette situation est peu fréquente
c’est pourquoi ce dernier
court vite

moralité
la fourmi fit un burn out
et survécut des aides sociales
tandis que la cigale
devint millionnaire sans rien foutre
grâce à un simple tube autotuné

tiens
tiens
une
file
de
four
mis
noires
que
coupe
un
vers

depuis des millénaires
les extraterrestres parlent
à des milliards des terriens
ils s’adressent aux insectes
qu’ils fournissent en exosquelettes
poisons et autres armes chimiques
en les laissant lentement proliférer
mais les humains n’en savent rien

les hommes sont
de grosses mouches à merde
attirées par les villes

nous sommes
les petits rats
qui ont survécu
sous la terre noire
quand les dinosaures
partaient en flammes

l’ornithorynque est un castor à bec de canard
ce qui nous prouve que les chimères existent
et que nous vivons bien dans un monde merveilleux
un peu raté c’est tout

un nuage
se jeta
du ciel et
tout son
troupeau
le suivit
comme des
moutons

l’algue engendra le poulpe
le poulpe engendra le poisson
le poisson engendra le lézard
le lézard engendra le rat
le rat engendra le singe
le singe engendra l’homme
l’homme engendra ensuite
bien des problèmes

qui
tire
les
fils
des
boules
de laine ?
les chats
bien entendu
ils compelotent
pour asservir
la race humaine

il y a bien longtemps
l’Europe était peuplée de chèvres
qui migrèrent en Afrique
où elles furent parquées dans certains arbres
comme dans des H.L.M.
dans l’indifférence
de toutes
les gazelles
qui gambadaient dans la savane

l’oiseau
ce poème de plumes
ancrées sans encre
dans la double-page
du vent

pingouins
en costumes
d’hommes
sur leurs
buildings
d’icebergs
qui fondent

tout le monde la prenait
pour une simple poule
seule Gertrude savait qu’elle était
le dernier
dinosaure

la couleuvre qui voulut s’avaler toute une truite
et s’fit piquer sa proie par un pêcheur flemmard

il y a tant d’amoureux planqués dans ce parc
qu’on y voit parfois surgir de sous les bancs
de petits écureuils roux
pareils aux flammes de ces
passions
discrètes

tels un
périscope
de sous
marin
atomique
la bombe
russe avait
des yeux
de suricate
à l’affût
des regards

avant de se jeter à l’eau
le tigre à dents de sabres
avait lancé un S.O.S.
en morse
à ses potos les lions de mer
pour défier les narvals
et les vieux loups de mer narvalos

autrefois
il existait
une version
marsupiale
c’est-à-dire
avec une
poche sur
le ventre
du tigre
du cheval
ou même
du singe
ce qui aurait
pu donner
des humains
différents
pires ou
meilleurs
mais non
il ne reste que
des kangourous
dans les zoos
et des tatous
écrasés sur
le bord des
autoroutes
australiennes
trop longues

oyez l’histoire de la pieuvre
ivre qui
pouvait écrire huit octosyllabes
à
l’encre de seiche
d’un coup
sans savoir compter

le paresseux
hyperactif
agissait bien trop
normalement
pour gêner
ses congénères

les oiseaux ne volent pas
ils nagent dans l’air
et d’ailleurs les poissons volent dans l’eau
le reste
rampe

comme tous les dimanches
Patrick la taupe était sortie promener
son ver de terre dans une forêt
de racines
plantées
dans la
lumière

le microbe
qui contenait
tout l’univers
se répliqua
à l’infini

le microbe
qui contenait
tout l’univers
se répliqua
à l’infini

le microbe
qui contenait
tout l’univers
se répliqua
à l’infini


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– Papa ! C’est pas nous maison ça !
– Hein ?! Mais si, c’est notre appart’ !
– Non ! C’est pas nous maison ça !
– Ah bon ?! Mais elle est où notre maison alors ?!
– Loin ! loin ! loin !
Et elle est bleue !

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)
(photo Manuel Pita)

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la fille qu’avait parcouru des années-lumière sur un météorite
pour se crasher dans une teuf de bouseux à l’écart d’un village paumé

.
.
.
y’a des jolies nanas qu’enverraient des sourires à tout l’univers
.
avec comme des petits rayons de comètes enflammées
.
qui pétaradent à travers leurs yeux vibrionnants de joie et pourtant
.
.
au fond
de leur espace
intime elles n’ont
plus qu’une étoile
détruite
.
.
*
.
.
on les voit rayonner dans la nuit sans savoir
.
qu’elles sont éteintes depuis plusieurs millions d’années
bien avant que leurs feux ne parviennent jusqu’à nous
.
.

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14 liens sans aucun rapport
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qu’en cas d’extrême urgence


téléchargez
le monde
en cliquant
dans vos rêves

pire
tout
pire

titre d’article accrocheur et catastrophiste :
« les titres d’articles accrocheurs et catastrophistes
qui jouent sur la montée du terrorisme et des nationalismes
favorisent la montée du terrorisme et des nationalismes »

ce
long
long
long
poème
people
n’a rien
à raconter
mais vous
l’avez quand
même lu

cliquez sur ce poème
nos amours mises à nu
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nos corps encore en guerre
cliquez sur ce poème
complots secrets accès public
cliquez sur ce poème
c’est nous les p’tits chatons
cliquez sur ce poème

comment faire péter des bombes n’importe où
tout en restant pourtant bien enfermé chacun chez soi
à mélanger les produits de cultures
qui ne se mélangeaient déjà pas trop avant
internet

attention
virus
ma connerie
se propage
aussi

oups
promo en sous-vêtements
sur ma dernière recherche en slip

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poème

sept saisons en streaming
la série qui remplace votre vie
épisode 1 : les bébés hommes sont des handicapés
épisode 2 : enfance égale mensonges sous protection
épisode 3 : dix ans d’études pour apprendre à pleurer
épisode 4 : tout travail est un instrument de torture
épisode 5 : faites des gosses pour qu’ils fassent des gosses
épisode 6 : toi aussi mets cent ans à devenir un vieux con
épisode 7 : partir au ralenti tel un jouet aux piles usées

tiens
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sans aucun lien

tu sais
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le graphisme est vraiment réaliste
tu te ramasses directement les tatanes dans la tête
en téléchargement gratuit et tout s’installe automatiquement
pour qu’elle te fasse payer chaque seconde de bonheur qu’elle te reprendra

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éteindre

erreur 404
poème introuvable
la page que vous demandez
est dans un livre qui n’existe pas

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– T’as remarqué la demi-lune dans le ciel ?
– Mais ! As vu ça ? En manque un bout ! Est tombé !
– Ah bon ? Mais où il est tombé ?
– Euh… À le toit, là ! À la cheminée le toit !
– Tiens ! Ce serait pas la maison des petits cochons ?
– Oui ! C’est le loup a croqué la Lune,
un bout est tombé à la cheminée !
– Et qu’est-ce que les petits cochons ont fait de ce bout ?
– A brûlé les fesses ! ha ! ha ! ha !
A brûlé les fesses à la Lune !

(dialogue philosophique avec un gentil p’tit démon)

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(bédépoème : texte bibi, dessins Eric Demelis)

 

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