quand on venait pour les vacances, papy Jeannot
tu rentrais du travail juste avant qu’on aille au dodo
tu repartais avant qu’on s’lève
pour vendre des fruits et légumes
dans la grande salle du marché gare de Lyon Perrache
où aujourd’hui les gens écoutent des chansons et du rap
et où mamie s’occupait de gérer les factures
pour son mari bien décidé à faire fortune
toi tu étais encore tout jeune
t’avais ta Mercedes toute neuve
mais j’te voyais déjà comme un grand-père
qui nous faisait de très gourmandes crêpes
au vinaigre
le weekend

tu sais mamie Odette
quand on t’accompagnait faire les courses au Mammouth
promis c’était toujours quasi uniquement par amour
mais aussi pour que tu nous achètes un album de Radiohead
ou un nouveau jeu Megadrive
ou encore des partoches de Metallica
qu’on lorgnait avidement depuis des jours
et ça marchait presque toujours
parfois même plusieurs fois par jour…
mamie Odette
toi qui nous fis entrer pour la première fois au Macdo
t’ai-je assez dit merci pour tous ces cadeaux
toujours plutôt modernes
à la pointe de la dernière mode ?
il faudrait te dédier une odelette
pour que tes jours
courent
toujours…

(un sonnet pour papy Jeannot, une odelette pour mamie Odette)

 

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glandus



les arbres
pioncent
24H/24

passent les saisons
à rien foutre

le jour
ils bouffent
de la lumière
fument des pots
d’échappement
en éructant
l’air pur

la nuit
ils picolent de l’O2
crachent des ténèbres
larguent des fumées bleues

d’ailleurs comme vous l’avez sans doute déjà noté
c’est contre productif et complètement absurde

pas étonnant
que nombre d’entre eux
finissent en chaises IKEA
en cabanes de jardin
et autres meubles
agglomérés

s’ils restent plantés là
à rien glander du tout
même pas foutus
de deviner

le poème
du livre
qu’ils rêvent
de devenir
ces branleurs !

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– Maman, tu sais, des fois, y’a des drones !
– Hein ?! Mais de quoi tu parles ?!
– Ben dans la cour de l’école ! Y’a des drones !
– Mais !? Tu sais ce que c’est, des drones ?!
– Beeen oui, zeee sais… Attends, ze t’esplique : en fait, dézà, les drones, c’est des petits hélicoptères qui volent, et ils nous surveillent ; et pour nous surveiller, quand on zoue dans la cour, et ben ils prennent des photos et ils nous filment ; voilà, c’est simple !
– Enfin, mais qui t’a raconté tout ça ?
– Ben, parsonne, ze le sais, c’est tout !
– Chéri ! Viens voir ! Ton fils raconte des choses vraiment bizarres !

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)

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Dans l’émission D’autres Rivages sur décibel fm, on parle poésie : avec des extraits – poèmes de Luna Miguel, ma pomme, Xavier Frandon et Cathy Garcia (suivi d’une interview de Cathy Garcia)… Cliquez ici ou sur l’image pour aller écouter…

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Papa ! Z’ai un Zeu ! Là, c’est le camp ! Et si on est sur le lit, y’a de la lave et des tyrannosaures ! Viens vite dans le camp Papa ! Viens !
– … Hein… C’est quelle heure ? … Mais…. Si y’a de la lave, les tyrannosaures y vont brûler…
– Non mais parce que la lave elle est tout en bas du volcan et le volcan, il crache plus du feu alors les tyrannosaures, ils peuvent venir ! Allez ! Viens dans le camp Papa ! Vite !
– … Heu… Mais… Si y’a un tyrannosaure… je lui tape sur le nez… Et je reste dans le lit…
– Mais Papa, les tyrannosaures c’est bien plus fort que les Papas ! Ils vont te croquer comme un sandwitss’, si tu restes dans la couette ! Viens dans le camp ! Allez ! Papa !

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)

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tous les enfants
viennent du futur
on les a téléportés furtivement
dans un passé fantasmagorique
qui est notre banal présent
ils y passeront bien quelques décennies
en quête d’un portail vers leur destinée
nous, nous aurons juste le temps
de changer leur futur en un avenir précaire
tous les enfants viennent d’un futur parfait
ils ne le reverront jamais

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poésie bio
éphémère
et sans conservateur
élevée en plein air
chez les vrais paysans d’la campagne
pour faire attention à la ligne
à la ligne
et encore à la ligne
sans colorants sans fioritures et sans figures de style
et sans putains d’édulcorants bordel de m#%$*
en respectant les normes européennes
mais toute bien pleine de vers
et même

de trous
c’est une poésie cultivée
sur un site internet 100% naturel
qui protège la forêt amazonienne
car il n’utilise
pas de
papier

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ton (h)ombre

les gens
prétendent
haïr la nuit
qu’elle est trop noire
qu’elle est sournoise
trop différente
elle fait peur aux enfants
qu’elle reste avec leurs rêves !
eh oui la nuit les gens
défendent ce genre d’âneries
pourtant le jour ils en ont tous une petite part
toute parsemée d’invisibles micros trous noirs
et cette part on l’appelle une ombre
c’est la part de la nuit
dont le monde nous fait don
la part que le néant nous donne
à protéger
de la lumière
des niais

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– Super dessin bonhomme ! On reconnaît bien la nouvelle maison de la famille Cochon… Bon, maintenant, la maitresse, elle veut que tu dises si tu as bien aimé le livre ou pas. Alors, tu as bien aimé ?
– Oui, z’ai bien aimé.
– Alors entoure le bonhomme qui sourit… Voilà… Et maintenant, tu me dis pourquoi tu as bien aimé, et je l’écris là. Alors, pourquoi tu as bien aimé le livre ?
– Parce que z’ai bien aimé, parce que z’ai lu le livre à la bibliothèque, et z’ai bien aimé.
« Parce que j’ai bien aimé, parce que j’ai lu le livre à la bibliothèque, et j’ai bien aimé. » D’accord, mais pourquoi tu as bien aimé ? Il y a d’autres raisons ?
– Parce que z’ai bien aimé le livre, ce qui était dessus.
« Parce que j’ai bien aimé le livre, ce qui était dessus. » Autre chose ?
– Et aussi, ce qu’il y avait dedans.
« Et aussi, ce qu’il… »
– Et aussi, z’ai bien vu dessus que y’avait les cossons.
« …y avait dedans. Et aussi, j’ai bien vu… »
– Et aussi, z’ai bien aimé
« …dessus que y’avait les cochons. Et aussi, j’ai bien aimé. » Voilà, c’est noté ! Très bon travail mon fils ! Y’a plus qu’à écrire ton nom en haut !

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)

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la Terre est bleue comme un 😉


depuis le fin fond de la cuve grenobloise
le ciel semble rond comme un grand œil bleu
bordé par une paupière de falaises

à la cime de celles-ci
les cyprès oscillent
en un clignement de cils

la pupille blanche
d’un nuage passe

tu te regardes
de l’intérieur

……………………………………..

qu’est-ce que tu vois ?

(poèmes universels pour microbes)

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