Tête de bois ! Tony Palladino, 1968

6 graines de poème
à planter dans une tête bien molle


les arbres
tiennent le ciel
dans leurs feuilles

ils créent leurs corps
avec de la lumière

plantent leurs vies dans le sable

leurs troncs
agrafent
l’ombre
du vent
avec les rêves
des cailloux

en fait s’ils tiennent la Terre
entre leurs grandes racines et le ciel dans leur feuilles
c’est pour nous éviter qu’elle et lui se séparent

et aussi
que les gens
dans les nuages
quittent
le
sol

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au sommaire de la Revue Méninge n° 10, à lire en ligne ou à télécharger ICI , sur le thème « masculinités » : extrait signé Claire Von Corda…

 

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– Papa ! On est dessus quelle planète nous ?
– On est sur la Terre. Cette planète-là.
– Est vrai ? On est dessus cette planète nous ?
– Non, ça c’est Mars. Nous, on est sur la Terre. Celle-là.
– Est vrai ? On est dessus cette planète ?
– Non, ça c’est Mercure. Nous, on est là. Sur la Terre.
– On est dessus cette planète ?
– Non, ça c’est Vénus. C’est pas la Terre.
– Cette planète ?
– Ça, c’est Neptune.
– Celle-là ?
– C’est Jupiter celle-là. Nous, on est sur la Terre. Celle-là. Celle qui est bleue.
– Et Juliette ? Elle est dessus quelle planète, Juliette ?
– Juliette ? Elle est sur la Terre, comme nous ! Pourquoi ?
– Dessus la Terre ! Pareille à nous ! Ouuui ! Je l’aime beaucoup Juliette, moi !

(dialogues philosophiques avec un gentil p’tit démon)

photo de thenewclotheshorse

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Au sommaire

de deux revues :

 

– la très belle revue Métèque, qui est de retour avec son 5e numéro sur papier, qu’on peut commander en cliquant et dont je vous laisse un petit extrait signé Fabien Drouet

 

– le n° 9 de la tout aussi belle revue 17 secondes, qu’on peut lire en ligne ou commander sur papier en cliquant ici, dont voici quelques œuvres signées Jérôme Pergolesi

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bouts d’coquille
(livre d’artistes en deux exemplaires avec Thierry Lambert)

on a trouvé
ton plus vieil ancêtre
c’est juste une algue
dans une flaque

pour la lune
même les âmes
ont une ombre

les reptiles au sang froid ont un cœur de lumière
sauf quelques faux serpents du nouvel an chinois

quand
la nuit
pleure
les étoiles
luisent

 

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et encore un nouveau dessein légendaire avec Eric Demelis

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Ceux qui voient trépasser les poissons comme des nuages


(livre d’artistes en un exemplaire

avec Eric Demelis)

On nait au milieu d’un voyage. On pousse en territoire hostile. On apprend à ramper sous les regards humides. On marche en titubant. On marche. On bute sur une barrière. On marche ailleurs. On baragouine une langue inouïe. On tombe encore sur une frontière. On grandit dans une autre direction. On grimpe sur les années. On court après les souvenirs. On s’arrête sur un mur d’injustice. On transgresse les limites. On franchit les frontières interdites. On a les barbelés qui poussent. On s’arrache toute la peau. On perd son propre corps. On déménage. On s’expatrie. On change de ville. On change de vie. On atterrit à la lisière d’autrui. On s’y retrouve sans papier ni passeport. On s’installe dans un bidonville d’une ville bidon. On campe juste à côté du cul d’une femme. On prend une barque en direction du cœur humain. On s’entasse dans un bar ballotté par les vins. On coule direct. On rejoint des milliards de noyés. On squatte au fond d’un ciel de solitude. On pleure tout un cimetière marin. On a tous traversé les pays de vingt vies. On stagne avec tout ceux qui voient trépasser les poissons comme des nuages

;;;

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l’arrosoir à rosser

quand un porc fuit la crasse…

c’est p’t-êt’ qu’un clebs en brêle le presse…

c’est p’t-êt’ qu’y tracte la bruine…

c’est p’t-êt’ pou’l’blé d’une poule fute-fute…

.
..

..

(livre d’artistes en deux exemplaires avec Colette Reydet)

 

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un nouveau dessein légendaire avec Eric Demelis

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l’indicible
(mon cul)

la poésie
n’est pas
une fontaine
de jouvence
mais
celui qui en écrit
sera considéré
comme jeune
jusqu’à quarante cinq ans au moins
tu rêves de séances dédicaces
entouré de mamies folles de toi ?
de lectures endiablées
devant un public de grands-pères endormis ?
et de crouler sous les exemplaires auteur
après avoir attendu des années
que la sortie de ton recueil auto-oublié
n’intéresse pas la moindre librairie ?
alors comme ça tu voulais être un grand poète ?
meurs
reviens nous hanter
dans trois siècles
écris comme il y a cinq cents ans
en rimes ABBA riches ou suffisantes
ou alors écris juste n’importe quoi
ça te donnera un air surréaliste
mais n’oublie quand même pas
d’inscrire ton blaze
au mouvement littéraire
qui est au programme
du bac
(des fois
qu’un prof
fasse lire
ton livre
…)

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