Openworld

a1ee882935d79f9a3115a893b010efdc(La vie est un songe pour
un personnage de jeu vidéo)

tu sais le monde réel est un bon jeu aussi
et quasi complètement gratuit en plus
par contre tu choisis pas quand ça démarre

et tu finis toujours par perdre

alors c’est vrai les magasines spécialisés
lui donnent une note d’environ 12/20

mais le graphisme
est quand même super réussi
l’horizon ne clignote même pas

en plus ta quête est infinie

l’immersion dans le personnage est telle
que t’as besoin d’appuyer sur aucun bouton pour fuir
et puis c’est tellement réaliste

les claques dans la gueule font réellement mal

tout l’monde est connecté en temps réel
et tu vas où tu veux sans temps de chargement

check ton score
sur le site du crédit agricole


Et toiles

(vidéofable improvisée au milieu d’une sieste)

 

 


dino

Nos cœurs c’est des petits cratères. Fendus en deux. Ça envoie du magma dans nos veines. La flotte de nos chairs bout. Très légèrement hein. Quelques cellules pétillent. Telles des amibes. Des cheveux d’algues se laissent flotter dans l’air. Un vagin fait le poulpe. Un zizi son barracuda. Les peaux s’écaillent. Les bras m’en tombent. Dans les vieilles branches. Une main file comme un ouistiti. Après le souvenir d’un petit dinosaure en peluche. Chasse à l’âme. Crocs en mousse. Bien plantés dans les creux du vent.

(Maxime de nulle-part pour personne, truc en cours, dessin d’Eric Demelis)

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Fais passer l’poème : Emanuel Campo

Aujourd’hui, un poème d’Emanuel Campo tiré de Maison, poésies domestiques, paru en 2015 aux éditions la Boucherie littéraire.

-SnZ6E14aeIfw4WB5RCW5_3I7Ds12 juin 2015, une poubelle moins le quart

Ma copine et moi
utilisons la poubelle à couches
comme unité de mesure temporelle
ça équivaut à un jour et demi sur Terre.

On a choisi un récipient de vingt litres
histoire d’avoir un turnover de sacs assez important
pour limiter les odeurs de marinade fécale.

C’est notre truc à nous
notre sablier
on compte les jours comme ça.

Bon
on pensait vieillir moins vite en allongeant l’unité de mesure
mais puisque le temps
est aussi une question d’espace
et que récemment on a déménagé dans un appart’
plus grand
on est aujourd’hui ajusté à notre ancienne
temporalité
ça ne change pas grand-chose
on vieillit à une allure égale à vous autres.

N’empêche que la poubelle à couches
reste un indicateur fiable et facile à lire.
Quand le sac est plein
on le sort on le noue on l’amène
au sous-sol puis le jette
dans le grand bac gris de l’obscurité du local
à ordures.

Un local squatté l’hiver
par un S.D.F. bienveillant et discret
qui connaît le temps
veille sur nos archives
et tient les comptes.

Emanuel Campo

Son blog


Un extrait de Quelques microsecondes sur Terre lu par mon amie Chrystelle qui s’accompagne à la flûte traversière. Il y a d’autres extraits accessibles en cliquant sur mon nom dans le player :

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Rester sans rien faire c’est mal. Profiter de la vie c’est mal. Les femmes c’est mal. Les hommes c’est mal. Le corps humain c’est mal. Exister c’est mal. Penser c’est mal. Être heureux c’est mal. Être bon c’est mal. Être gentil c’est mal. Ne pas aimer donner des coups c’est mal. Ne pas aimer prendre des coups c’est mal. Jouir c’est pas bien. Y’a que morfler qui nous grandit.

(extrait d’un truc en cours avec des dessins d’Eric Demelis)

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Derrière

Versions couleur d’une série de quatre livres d’artistes réalisés avec Eric Demelis. Chaque petit livret de 12 x 16 cm contient un poème inédit et deux illustrations à l’encre de Chine.

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Maxime de nulle-part pour personne n° 21

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Respirer est un grave péché. Ne respirez pas. Quand vous serez mort vous pourrez respirer plein d’air pur en récompense.

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Poème fleuve

(à faire défiler soi-même sur Facebook)




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vague pensée :
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blague bateau :
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changement de tronche :
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pub qui tombe à l’eau :
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photos de membres d’une famille :
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mains bras pieds jambes corps découpés :
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fausse info :
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vrais commentaires stupides :
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dessin pour rire un peu quand même :
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gif qui charge pas :
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vidéo qu’on n’aurait jamais dû voir :
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nymphe nue :
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draps habités par l’invisible :
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espoirs de fuite spatiale :
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poèmes de gens pas comme tout l’monde :
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phrase d’un nom à connaître par cœur :
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peinture de guerre :
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hommage aux morts :
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encouragements aux vivants :
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enfant brûlé :
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p’tit test de personnalité aléatoire :
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plat en sauce :
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brefs aperçus du fond :
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pseudonyme idiot :
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voit défiler le fleuve :
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et s’y noie :
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Catarrhe #20

Olivier Texier

Quelques-uns de mes poèmes sont au sommaire du nouveau numéro de Catarrhe, une super petite revue belge avec de la poésie, des nouvelles, des brèves, des dictionnaires farfelus, et même de la B.D., en témoigne cet extrait de l’Immonde d’Olivier Texier. Cliquez ICI pour consulter le sommaire ou vous abonner à la revue.


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