Archives de Tag: poésie



chaque
forêt
est un nuage
de feuilles
évaporées
du sol



l’entendez-vous bruisser au-dessus de la mer des prairies ?



au premier coup de tonnerre
du chant
des hirondelles



…………………………………..elle

jette

……………ses

………………………..neiges

……..de

………………pollen

…………………………………………vers

le

…………..………………ciel


(j’ai oublié mon appareil photo mais j’ai quand même pris des poèmes)


« érection pestilentielle »

c’est seulement le vrai nom
d’une grande voie d’escalade
que je suis fier d’avoir gravie
il y a plus de dix ans
sur les falaises de Presles
à côté de Pont-en-Royans
250 mètres d’ascension
ça nous a pris plus de huit heures
car j’avais pas du tout le niveau
mais heureusement
je vouais une confiance absolue
à mon compagnon de cordée
qui réussit tout de même
à se tromper verticalement de chemin
à me faire penduler d’un immense surplomb
pour récupérer du matériel qu’on avait oublié
ou encore à bricoler un relais de fortune
avec une pierre coincée au fond d’une grotte
car nous n’avions plus assez de corde
après avoir manqué le relais précédent
quant à moi il est vrai
que mon erreur fut de liquider
toutes nos réserves d’eau
dès la première demi-heure de grimpette
suite à un effort un peu trop violent
pendouiller comme un gros boulet inerte
huit heures sur une paroi
aussi verticale et accidentée
que ce poème
en plein été
en plein soleil
nos mains déshydratées
ne voulaient plus lâcher
les prises sur le rocher
mais ça valait bien le détour
de visiter des coins inaccessibles
aux formes calcaires incroyables
avec une belle vue sur les Alpes
et sur les têtes d’aiguilles des arbres
au moins pour la descente en rappel
parce que franchement
la voie est bien plus difficile
que ce que le topo annonce
et aux 3/4 du parcours
on arrive sur un pic collé au mur
tout recouvert de crottes de bouquetins
les gens qui donnent leurs noms aux voies
ont quand même un humour à chier



chez moi
la mer
c’est des
champs
qui
s’échappent
à perte de rues
et les rires
des pigeons
gris
les petites
bestioles
qui nagent
dessous
apparaissent
dans les remous
de la terre
retournée
par la quille
des tracteurs
au loin
le Vercors
gronde comme
une lame brisée
sur l’horizon
le marin
c’est cet homme
marié avec une nymphe
et papa d’un triton
qui revient de la ville
noyé dans les transports
tous les mois voir
sa mère
à la
campagne


(j’ai oublié mon appareil photo mais j’ai quand même pris des poèmes, le retour)






adage universel

en avril
vote futile

en mai
élis le moins laid

(nanopoésie)


Météo France
bulletin spécial fin du monde



chers télésectateurs
demain matin
vingt-sept déluges de bombes nucléaires
s’abattront sur l’Est et sur le Centre de la France

et tout le long de l’axe rhodanien
nous aurons des rafales de vents radioactifs
à plus de 630 km/h

d’immenses raz de marée s’installeront par la façade atlantique

pour ce qui est des habitants de la côte méditerranéenne
ils se contenteront de quelques médiocres cyclones

en raison d’une perturbation causée par le réchauffement climatique
toutes les températures seront toujours très largement en dessus des
normales de saisons

il fera gris sur la Bretagne « il pleut sans cesse sur Brest »

comme dirait notre bon Jacques Prévert national

à ceci près qu’il s’agira de pluies acides

l’après-midi
prévisions quasiment similaires
juste une légère invasion de slogans politiques
anti zombies rescapés cannibales à ajouter vers seize heures

un bref conseil
ne cherchez pas pour autant à prendre la route
pour fuir ce soir les pics de pollution ne vous épargneraient pas

et puis
c’est le week-end de Pâques
les autoroutes seront pleines à craquer de vacanciers

ha ha

je plaisantais bien sûr

chers télésectateurs

demain la Lune sera désintégrée
nous fêterons la saint Babar
je vais maintenant laisser l’antenne
à mon confrère de bidonville futé


bédépoème avec Eric Demelis





Merci à Patrice Maltaverne pour sa lecture de mes deux derniers recueils, à retrouver ICI


Femme fractale
Cassandra, grosse cagole…

un
tout
petit petit
bonhomme perché
sur un de « tes » électrons
comme si c’était une minuscule planète
prendrait sans aucun doute l’intérieur de ton corps
pour une espèce de tiède et fort jolie nuit étoilée
tu serais tout un univers pour lui une inconnue insoupçonnée…

et son
soleil
fleurirait comme
une corolle atomique
perdue parmi
le nombre informulable d’autres
systèmes moléculaires de l’une de ces cellules
dont tu ignores entièrement l’existence…

or
vraiment
ma chérie
te demanderais-tu
si la femme de cet homme
aurait une vie conforme
à tes préceptes les plus idiots ?

allons
allons
ma belle
oublie ton ciel
et laisse mes doigts
effleurer ta peau rose…

car
nul
ne te
jugera
annihilée…

(poème universel pour microbes)

image : « Kundalini », Eugenia Loli


Fais passer l’poème : Morgan Riet

J’ai lu Sous la cognée (éd° Voix Tissées) à l’envers, comme pour retourner en enfance. Les tours de phrases de Morgan Riet sont de vraies madeleines de Proust… Un extrait où je me suis bien reconnu :

Talonnade, feinte, roulette,
aile de pigeon, amorti
de la poitrine, petit pont,
tête plongeante…

Toutes ces choses
n’étaient pas vraiment dans tes cordes.
Toi, tu jouais gauche à l’arrière,
balisant, quand le ballon déboulait
dans tes guibolles,
te cramponnant souvent
à la seule tactique
que tu maîtrisais
en de pareilles circonstances,
celle imparable
……………………………….du boulet loin devant !

Aussi, tu n’as pas oublié
les leçons de dribble essuyées
et les débordements dangereux
de quelque attaquant sur ton aile
qui s’achevaient parfois,
galop fourbu,
par un bon tacle bourrin
de toi

qui jouait gauche à l’arrière
mais jamais, malgré tout,
en position  ………..de hors-joie.

Morgan Riet


un dessein légendaire avec Eric Demelis

E….


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