Archives de Tag: poésie

12 bouts de toi
pour mon poêle à poèmes

.


imprévisible flamme
c’est la forme de vie
la plus simple qui soit
elle se nourrit de bûches
elle inspire l’air expire du CO2
son sang de braise la guide
un peu n’importe comment

quand je pense
que mon cœur
a brûlé comme ça
que ma jeunesse
a flambé comme ça
que mes poumons
ont été dans cet état

catharsis
devant l’insert
j’ai bien pitié
de la braise
écarlate mais
ça caille

un principe existentiel de feu
pour tout organisme fumeur :
je flambe donc je fais de la suie
(je m’encrasse et je meurs)

que je tentasse une chirurgie plastique
à coups de masse et de scie électrique
fut vain car elle était trop dégueulasse
trente ans qu’elle fumait bûche sur bûche
et il fallut malheureusement tout défoncer
pour à la place poser un poêle moins moche

je fût
tu fumes
elle brûle
nous plumes
vous fumée
on hume l’air
(feu le verbe être
au passé simple)

tant de
bûches
si peu de
cendres

un tison pour télécommande
fascinés par la vitre de l’insert
qu’est-ce qu’on regarde chérie ?
on change de chêne ?

il fait légèrement froid au fond de ma salle à penser
si je mettais un bout de toi dans mon poêle à poèmes ?

arrête de brasser d’l’air
fais pas ta langue de bois
et r’tiens tes fumées noires
passque j’vas t’raviver la braise
j’vas t’ramoner un bon coup
comme chaque fois l’an
ma petite femme à poêle

poème à bois
ou poème
à granules ?

des tas de bûches
un brin de chaleur humaine
cumulonimbus d’illusions
pour des miettes de cendres
nos destinés en flammes
partent en fumée


.


5 bonnes raisons de penser
que nous avons basculé dans un univers parallèle :

– les Inrocks ont publié un article en ligne sur la poésie intitulé
10 poètes nouvelle génération à suivre sur les réseaux sociaux,

– cet article ne parle pas de Baudelaire ou de Victor Hugo
mais vraiment de poètes contemporains,

– ces poètes contemporains ne sont même pas
décédés depuis cinquante ans,

– je m’y retrouve aux côtés de
Thomas Vinau et Cécile Coulon !

Merci Thomas Deslogis.

 

(photo : capture d’écran de l’article)


17 poèmes de chiottes
à broder sur du papier-toilette
pour les lire avant de se torcher avec

.


bienvenue
en ce lieu
de pets
où l’on vient
de déposer
un colombin

faire pousser des fleurs
cuire cinq kilos de pâtes
remplir une pataugeoire
boire boire boire boire
t’aurais pu faire tout ça
avec ces dix litres d’eau
mais tu vas chier dedans
et tirer la chasse

il pleure dans mon cœur
comme il flotte sur mes chiottes
quelle est cette bonne odeur
qui pénètre mon coeur ?
oh doux bruit du pipi
par terre et sur les doigts
pour un cul qui s’essuie
oh le chant du pipi !

quand tu pisses
un ruisseau
te traverse
et te lie
à la mer

#$%@&*
*« aïe cul quand t’aïe chie »
disait le poète zen
en sortant des toilettes

voici quelques vers
qui grouillent
dans une merde
poétique
pareils aux lignes noires
qui s’écriront sur cette feuille blanche
de papier
-cul

l’effet
papier-cul :
un battement d’ailes
de papier-toilette
emporté par la chasse d’eau
pure crée un ouragan de merde
un torrent d’excréments dans la mer

prière
de laisser cette planète aussi dégueulasse
que vous avez trouvé ces chiottes en venant y dégobiller

respirez bien l’odeur de ce doux pet
c’est un peu la seule part de vous-même
qui montera vers la voûte céleste
quand votre corps pourrira
sous cette
terre

étron
ou pas
étron ?
telle est la
digestion

vomito
merdo sum
j’ai la gastro
donc je chie
et je gerbe partout
alors laissez-moi exister
tranquille putain !

à chaque fois
que quelqu’un
s’est baissé
pour vomir
quelque part
aux toilettes
une cuvette
de WC s’est

sentie aimée

tu bois
ou tu dégueules
ta gueule de bois ?

25 ans à dormir
7 ans d’insomnies
12 ans au boulot
5 ans à bouffer
21 ans de glande
8 ans sur internet
11 ans devant la télé

3 ans sur les toilettes
une vie de merde


aux chiottes la politique
merde aux milliardaires
prout sur tous tes emprunts
ici tu chies sur les soucis
tu pisses sur les fascistes
et tu ressors
léger

un laxatif
pour les idées
de merde

on s’attrape des rêves
comme une envie de caguer
un peu dure à
concrétiser puis d’un coup
on avale la pilule
on laisse couler une chiée de larmes
et ça va

.


9 petits riens
qui forment un tout


tous les continents
se sont construits dans la même terre
ils se confondent au fond des océans

dans tous les océans
dans toutes les mers
dans toutes les rivières
dans chaque nuage
même dans ton corps
c’est la même eau

nous
sommes tous
des nuages
puisque le ciel commence
juste au-dessus du sol

tes veines
sont pleines
de bleus
du ciel :
les sens-tu
entrer dans
tes alvéoles
et tes artères ?

moi mon sang est un genre de mélange
de cailloux de torrents de courants d’air d’étoiles
et toi ?

la tête dans l’univers
et le pied au plancher
sur notre grand vaisseau-planète
on avance tous vers le néant

fuir l’inconnu
pour retrouver
le vide
en nous

le secret
de la vie
se cache dans un noyau
sous la membrane d’une cellule
sous une peau recouverte de tissu
entre les quatre murs de la maison
derrière la clôture d’un jardin
de ce côté du panneau qui borne la ville
avant la frontière d’un pays en pleine prairie
à l’intérieur d’une atmosphère criblée de trous
dans l’enceinte d’une ceinture d’astéroïdes perdus
au milieu d’un interminable vide intergalactique
avant la légendaire limite de l’univers connu
se cache le secret de la vie
(et après aussi)

il est plus important
celui qui n’appartient
à rien


21 minutes

Un de mes poèmes est au sommaire du 1er numéro de 21 minutes, revue papier distribuée gratuitement dans le métro de Lyon et dans quelques autres villes… Plus d’infos sur la page Facebook de la revue… On peut aussi directement accéder au .pdf ici. Et voici un extrait d’Elisabeth Granjon :


c’que c’est qu’le ski (ou presque)



z’ont
rasé les frondaisons
écrasé la poudreuse
taillé les monts
planté des remontées dans tous les coins
et nous on douille comme des couillons
pour glisser sur ces grands toboggans titanesques
s’entasser dans des files d’attente
et remonter en grelottant
suspendus en plein blizzard
par -3° C :
bizarre…


poésie aux chiottes



en ce lieu
de pets

tu es en train
de déposer
un colombin

qui déploie ses airs
dans le fiel des nues


Anthologie « Un rêve », aux éditions de l’Aigrette

Accompagnement artistique : Tatiana Samoïlova

Des textes de :

Nadia Gilard, Sophie Lagal, Lionel Perret, Valère Kaletka, Didier Gambert, Pierre Rosin, Hélène Duc, Jean-marc Barrier, Cédric Merland, Mich’Elle Grenier, Agnès Cognée, Elisabeth Granjon, Perrin Langda, Clément Bollenot (Clem Bllnt), Catherine Weber, Margot Darvenne, Philippe Labaune, Delphine Burnod, Irène Duboeuf, Danielle Helme, Sandrine Davin, Olga R. Zaslavsky, Pierre Vandel Joubert, Radière Thierry, Marion Lafage, Muriel Carrupt, Cati Roman, Valerie Dorpe, Marianne Desroziers, Eve Eden, Margueritte C., Jacques Pierre (Jacques Pierre poésie contemporaine), Ingrid S. Kim, Veronique Le Milan, Pauline Moussours, Eric Dausse, Marjorie Tixier, Sylvie Miranne, Sandrine Waronski – Auteure, Sonia Leijtz, Sabine Venaruzzo, Jacques Cauda.


CRÈVE
CRÈVE
CRÈVE
(ça ira mieux demain)



guerre de trachée…

39-45 de fièvre…

des Billiards d’êtres insignifiants
exterminés dans le charnier
de tes « american narines »…

oh planète de malades, qu’est-ce que tu couves ?

bon d’accord, t’as la voix nazillarde
t’as une bombe H qui bat dans la caboche…

mais tu sais
c’est pas si grave
une petite crève
carabinée…


(poèmes universels pour microbes)

(image de Blick)


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